Micmac financier

Avec le soutien de

Alors que le Budget 2021-2022 se finalise, le FMI vient administrer une gifle de rappel à la Banque centrale, au ministère des Finances et au PMO par rapport aux réserves du pays et à la Mauritius Investment Corporation, mise sur pied dans le sillage du précédent Budget. Voilà de quoi corser l’addition pour ce gouvernement alors que la dette publique tourne, désormais, autour de 100 % du PIB.

Profitant de ses consultations relatives à l’Article IV, le FMI, dans un langage diplomatique afin de maintenir un semblant de stabilité financière, avance ceci : “The central bank law is being reformed, including to preempt further exceptional transfers to the government, in line with international best practices. In addition, the mission recommended that the central bank should relinquish ownership of the Mauritius Investment Corporation (MIC), and financing of the MIC should be provided through the budgetary process.” (C’est nous qui soulignons).  

Dans plusieurs papiers, l’express s’est demandé si la Banque centrale avait eu le feu vert du FMI afin d’acheminer de l’argent fraîchement imprimé vers des entreprises privées ou gouvernementales. 

Au total, le gouvernement aura réquisitionné plus de… Rs 120 milliards à la Banque de Maurice, soit l’équivalent d’un Budget national !

L’an dernier, on notait que c’était bel et bien la première fois dans l’histoire de Maurice que tant de milliards étaient déboursés – un ‘One-Off’ nous promet- tait-on – des coffres de la Banque centrale aux caisses du gouvernement. La majorité parlementaire et le Covid (Miscellaneous Provisions) Bill avaient rendu possible ce transfert de fonds sans précédent.

Harvesh Seegolam justifiait à l’époque que «le rôle de la Banque de Maurice est de maintenir la stabilité des prix, de promouvoir le développement ordonné et équilibré au sein de la République de Maurice et d’assurer la stabilité et la solidité du système financier.» Harvesh Seegolam allait plus loin : «Avec la mise sur pied de la Mauritius Investment Corporation, la Banque de Maurice est simplement passée au stade supérieur dans sa mission de protéger l’économie mauricienne. En venant en aide aux opérateurs économiques qui ont une importance systémique, la MIC entend éviter à ces entreprises de se trouver dans une situation financière irréversible et de provoquer une onde de choc qui affectera le système bancaire et, par ricochet, toute l’économie du pays. À travers le soutien qu’elle accordera aux opérateurs économiques systémiques, la MIC entend permettre à l’économie mauricienne de continuer à fonctionner et surtout, à préserver l’emploi…»

Le ministre des Finances nous expliquait, lui, que “Reserv pann fer pou fer zis zoli !” et ne faisait pas grand cas d’un autre dilemme conceptuel : le debt ceiling ayant été enlevé, jusqu’où peut-on emprunter ?  

Et on tournait autour du pot, comme si la bénédiction du FMI était acquise. Pourtant si le FMI était contre, on confirmerait nos places sur la Grey List de la FATF et la Black List de l’UE. Ces opérations bouche-trous ne font pas joli joli sur la scène mondiale... 

Aujourd’hui, nous avons la réponse définitive. Et elle ne peut que nous faire frémir. Le micmac a été dévoilé !

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