Bienvenue en autocratie

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Jusqu’où descendrons-nous dans l’abîme de la dictature ? Est-ce que nos pouvoiristes pensent réellement qu’ils peuvent continuer à tisser ainsi une toile anti-démocratique sur la tête des citoyens ? Qui mettra un frein à cette folie d’un pouvoir qui se croit tout permis ? Le dernier exemple en date, ces surréalistes propositions d’amendements à l’ICTA sous couvert de la protection des citoyens, pour contenir les «fake news» (qui sont certes une réalité), ne font que renforcer l’impression d’un État autoritaire dont l’objectif est d’avoir un contrôle sur tout.

Cette fois, il s’agit donc de surveillance sur ce qui se dit sur les réseaux afin de pratiquer ni plus ni moins une censure par un organisme arbitraire dont on peut déjà deviner les intérêts ! À croire qu’il n’existe pas assez de lois, alors que nous sommes dans un pays où les délits d’opinion sont déjà, hélas, une réalité pénale pouvant même nous conduire en prison quand ce ne sont pas des simples mèmes humoristiques qui provoquent des arrestations condamnables !

D’un coté donc, nous avons affaire à un gouvernement qui se croit au-dessus de tout, se permettant de ne nous rendre aucun compte pourtant légitime. Cette semaine, encore deux noms de patients dialysés sont venus allonger la triste liste des morts, augmentant le chiffre à 11 décès. Si le gouvernement a refusé depuis le début d’instituer une enquête indépendante sur ces «homicides», qualificatif utilisé par Collendavelloo qui se fait l’écho d’une multitude de voix réclamant le droit de savoir les conditions entourant la quarantaine de nos dialysés, ce n’est que ce vendredi 23 avril que le ministre a capitulé sous la pression en annonçant la mise sur pied d’un Fact-Finding Committee. 

De l’autre, bienvenue en autocratie, comme le démontre le dernier classement de V-Dem qui range notre pays parmi les ten top autocrizing countries, quand ce n’est pas le rapport de Reporters Sans Frontières (publié le 20 avril) qui fait dégringoler Maurice de cinq points dans son classement.

C’est sur cette toile de fond de tentative de restreindre la liberté de la presse, en la mettant sous pression avec la récente décision de l’IBA d’augmenter les frais des licences annuelles des radios indépendantes de 100 %, qu’il faut placer les nouvelles suggestions de l’ICTA, ce qui est loin d’être un acte isolé. Après les médias que l’État tente d’étouffer, en les privant injustement de publicités, et la tentative de museler l’opposition parlementaire, dont trois députés expulsés enclenchent actuellement une bataille juridique pour retrouver leur place à l’Assemblée nationale, sans oublier qu’un autre élu (PMSD) a dû avoir recours à un affidavit pour bénéficier d’un Work Access Permit lui permettant de rencontrer ses mandants, cette fois, à travers les suggestions de l’ICTA, ce sont les voix citoyennes indépendantes que l’État veut mettre sous surveillance.

Face aux vives réactions provoquées par le «consultation paper» de l’ICTA, son président, Dick Ng Sui Wa, a essayé de calmer les débats enflammés en affirmant qu’il ne s’agit pour l’heure que de suggestions et que c’est tout un processus avant qu’une telle loi ne soit votée. Une déclaration comme pour tempérer une résistance qui s’est déjà organisée, avec une multitude d’opinions répandues dans la presse et sur les réseaux sociaux, incluant une pétition pour dire non à cette nouvelle tyrannie du pouvoir.

Est-ce que tous ces mouvements de protestations provoqueront un sursaut chez nos décideurs qui ne laissent pas passer une seule semaine sans vouloir blesser notre démocratie ? Allez savoir ! En attendant, nous regardons notre pays basculer graduellement dans l'abîme de la dictature !

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