Vaksinasion sel solision!

Avec le soutien de

Bien d’accord !

Car toute la vie est une question de choix.

Et avec le Covid-19 dans les environs, nous n’en avons que trois.

Premièrement, on peut choisir de vivre en marge du commun des mortels. Masqué, les mains gantées ou aseptisées au sanitizer, toujours à un minimum de distanciation sociale – au moins deux mètres – pour éviter toute contagion. En pratique, ça peut aller beaucoup plus loin : ne plus jamais sortir en public, ne plus voir ses enfants qui vont à l’école, ne plus travailler, ne plus prendre un transport public, ne plus aller au temple ou à un concert, même laisser ses emplettes sur le pas de porte, en quarantaine de 24 heures, avant de les rentrer ! Plus l’isolement est extrême, moins il y a de risque de contamination bien évidemment, même s’il restera toujours des risques ! Y compris des risques psychologiques bien réels, par exemple, si on insiste à s’isoler comme des anachorètes !

Deuxièmement, on peut librement décider de «prendre ses chances» avec le Covid-19, ne prendre aucune précaution, ne pas se faire vacciner et en «gran nwar» estimer qu’il faut vivre libre et sans contrainte. Cela peut marcher évidemment tant que l’on est dans un pays s’annoncant «Covid safe» mais cette attitude néglige deux arguments. D’abord, c’est délibérément se boucher les yeux quant aux risques de «trous dans le filet» de protection du pays. Or, il n’y a jamais de garantie de rester «Covid safe» éternellement. Nous venons d’ailleurs de le démontrer. De manière éclatante ! Ensuite, il est maintenant aussi clair pour de plus en plus de citoyens qu’un pays ne peut vivre en autarcie trop longtemps parce que le coût économique devient alors tout simplement insupportable ! De plus, s’il est vrai que les risques de mourir de Covid, une fois contracté, sont relativement faibles, les effets à long terme du Covid paraissent de plus en plus lourds à porter, tant médicalement qu’économiquement.

Troisièmement, on peut se faire vacciner. Ici, le formulaire de consentement est un faux problème. Je l’ai lu ce formulaire, j’ai compris que des vaccins sortis en moins d’un an ne pouvaient avoir été testés pour toute les contingences, alors qu’il faut en général quatre ans d’essais laborieux; j’ai reconnu la situation d’urgence et j’ai accepté de prendre le risque personnel face à un risque certifié plus réel avec le Covid-19. Si le ton de l’Attorney General jeudi soir était bien trop polémique à mon goût, alors qu’il fallait surtout rassurer et rassembler son argument expliquant pourquoi il n’y avait pas de «consent form» ailleurs (notamment en Angleterre) car c’était apparemment sans réplique possible : ces pays ont fait voter des lois appropriées ! Remarquez qu’ici ce n’était pas possible puisque notre Parlement… est encore en congé. Ce qui est un peu moche. Tout de même.

J’ai appris un nouveau mot cette semaine : ultracrépidarianisme. Utilisé par le philosophe des sciences Etienne Klein, ce mot décrit le phénomène de ceux qui s’expriment sur tous les sujets, sans trop savoir de quoi ils parlent. Ce mot m’a fortement interpellé. On trouve ce phénomène sur les réseaux sociaux évidemment, dans les regroupements informels entre amis ou quand on écrit ou que l’on donne son opinion. Nous sommes tous vulnérables à ce phénomène, c’est clair, d’autant plus que les informations et les opinions sont de plus en plus massives, parfois contraires les unes aux autres, qu’elles ne peuvent toutes être digérées et comprennent aussi des «fake news» qu’il faut savoir éliminer. D’autre part, la difficulté en démocratie, c’est qu’on ne peut laisser la place aux seuls «spécialistes» ou à l’autorité suprême, car un de ses fondements même est le débat contradictoire d’où jaillira éventuellement la lumière, alors qu’en régime totalitaire, c’est surtout l’opinion d’un homme, omnipotent celui-là, qui compte, même quand il se trompe. Jamais contredit, cela peut le plus souvent mener au désastre…

Pour discuter du Covid, alors que nous n’avons pas fini d’en apprendre, le virus et les vaccins étant tout nouveau, il faut, c’est sûr, une bonne dose d’humilité et quelques bonnes pelletés de prudence. Il faut aussi essayer de s’abreuver à des sources fiables et crédibles plutôt que de relayer le sensationnel, généralement avec assurance, mis sans beaucoup de réflexion… L’homme public, de par son positionnement, a, bien sûr, le devoir de faire encore plus attention, quitte au besoin de se taire.

Au-delà de la géostrategie, c’est sans doute ce qui s’est aussi passé ces derniers jours avec la suspension de l’AstraZeneca dans 14 pays européens. L’Autriche a tiré le premier après un mort et une embolie pulmonaire. Les voisins, pour ne pas être en reste et ne pour ne pas s’attirer des reproches, ont fait pareil plutôt que d’établir si ces incidents étaient à un niveau «normal», dans une population «normale» ou vraiment, vraiment pire. Ce n’est que 11 jours plus tard que l’Agence européenne des médicaments, à qui tous avaient passé la balle, statuait que le vaccin était OK, alors que la tempête avait déjà bien secoué le verre de son eau…

Si le scepticisme face aux vaccins de l’Est est grandement réduit ces jours-ci au fur et à mesure que les injections se font, reste que l’homologation internationale rassurerait. Quant à la petite controverse s’agissant de savoir si la seconde dose doit nécessairement être du même vaccin, un article dans The Scientist en date du 9 mars dernier (2) nous cite des opinions contradictoires. Une immunologiste de Cambridge note que «there is some evidence that mixing and matching vaccines could give us better immune responses». Dans le même article, Bruce Gellin, le président de la section d’immunisation globale à l’institut Sabin du Vaccin, remarque que «we have an incredible array of vaccines... but we do not know anything about how compatible they are». On concluera que «the jury is out» sur cette question ? Pour le moment, du moins? (Voir aussi la pratique britannique actuelle (3)).

Quoiqu’il en soit, si attendre que le Covid disparaisse de la planète ou attendre toutes les réponses relève de la folie furieuse, le vaccin nous mènera sûrement à l’immunité de troupeau avec moins de risques, de complications, de coûts et de mortalités que de laisser s’implanter le virus dans le pays. L’étude faite, grandeur nature, en Écosse, en témoigne (1). C’est donc, rationnellement, ce qu’il faut faire comme choix. Pour soi-même, pour sa famille et pour le pays.

Vaksinasion est donc, vrémem, la sel solision!

(1) https://www.astrazeneca.com/media-centre/ articles/2021/first-real-world-study-of-covid-19-vaccineastrazeneca-demonstrates-94-reduction-in-hospitalisations.html

(2) https://www.the-scientist.com/news-opinion/covid-19- vaccine-combos-aim-to-boost-immunity-68529

(3) www.bbc.com › health-55924433Web resultsCovid trial in UK examines mixing different vaccines - BBC News

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