Manifestation: Droits du fonctionnaire et l’obligation de solidarité

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Une manifestation des fonctionnaires, la semaine dernière, à Port-Louis est venue nous rappeler la difficulté pour un gouvernement à faire entendre son appel à la solidarité surtout auprès de ses agents mêmes qui sont censés de mieux le comprendre, dans des moments difficiles. Les fonctionnaires réclamaient leur droit à une révision salariale découlant d’un mécanisme de négociations, qui elles, avaient eu lieu dans un contexte différent, dans une situation économique qui ne peut se comparer avec celle qui prévaut actuellement. Personne ne conteste que les fonctionnaires aient le droit à la revendication. Mais l’on peut se demander s’ils n’ont pas également une obligation de solidarité envers le pays, alors que l’on ne touche pas à leurs salaires, à leurs moyens de vivre, ni à leur sécurité d’emploi. 

La demande du gouvernement est conjoncturelle. Elle n’affecte pas de manière permanente les droits des fonctionnaires. Elle est dictée par les circonstances que nous impose une pandémie que l’on pourrait qualifier de force majeure. L’ensemble de la population est appelé à faire des sacrifices. Un bon nombre de personnes dans les secteurs formels et informels ont soit perdu leur emploi, ou n’ont pu percevoir quelque rente pendant des semaines, à cause du confinement. Ce qui est demandé aux fonctionnaires ce n’est pas tant de renoncer à leurs droits pour toujours mais de participer aux efforts qui se mettent en place au pays pour le redresser. 

Les fonctionnaires doivent-ils aussi se serrer la ceinture eu égard au contexte économique ?

Problème de fond 

La réaction des fonctionnaires relève d’un problème de fond installé dans le système de l’administration publique et cautionné par les politiques. Les privilèges accumulés dans la fonction publique se sont construits en droits acquis, sacrosaints. Ils sont devenus au fil des années la marque de fabrique de l’establishment, le signe d’une intouchabilité à toute épreuve, pour tout employé du gouvernement quelle que soit sa place dans la hiérarchie. Les dirigeants politiques du pays ont rendu inébranlables les positions et les privilèges acquis afin de sauvegarder leur propre existence politique. Il est un secret pour personne que les politiciens au pouvoir, et ceux qui aspirent à y être , puisent dans le réservoir de votes qu’alimentent aussi les fonctionnaires. Ces circonstances font que le politicien est piégé, et sa marge de manoeuvre est grandement limitée lorsqu’il s’agit de prendre des mesures susceptibles de perturber l’ordre des privilèges établis dans la fonction publique, même si c’est dans l’intérêt du pays, comme c’est le cas à présent. 

Ainsi aucun politicien ne voudrait se mettre à dos les fonctionnaires. Aussi, le politicien a peur d’affronter et de se mettre dans une position de conflit avec les fonctionnaires, car ils peuvent de manière insidieuse, presque invisible, nuire au bon déroulement d’un service ou quelque activité d’une administration. Personne ne pourra accuser le fonctionnaire d’un excès de bureaucratie ou bien d’être trop méticuleux, donc lent, dans la décharge de ses fonctions. La menace que pose un fonctionnaire mécontent, son excès de zèle où son oubli passager de traiter un dossier, ou encore une erreur humaine, suffit pour faire du tort à un politicien, à un gouvernement. 

Dans l’intérêt du pays 

Afin de faire face à une situation économique difficile, le gouvernement avait proposé au fonctionnaire quelques aménagements à ses privilèges, des mesures en alignement avec les circonstances que traverse le pays. Il était demandé à ceux qui n’ont pas travaillé pendant des semaines à cause du confinement de ne pas réclamer des allocations de transport, ou de sursoir à leurs congés. Le fonctionnaire a brandi ses droits. 

Mais que l’opinion se rassure, ce ne sont pas tous les fonctionnaires qui ont ce déficit de coeur et de solidarité envers le pays. On ne devrait pas bâtir des généralisations à partir des cris des syndicalistes qui brandissent des ultimatums au gouvernement, alors que celui-ci ne fait que lancer un appel à la solidarité nationale dans un moment qui sort de l’ordinaire pour le pays.

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