Petites pensées philosophiques sur la plage : Bronzer couillon ou quoi ?

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Mis à part ses plages et sa population accueillante, le pays n’a pas grand-chose à offrir aux touristes, la culture et l’histoire n’étant pas mises en exergue.

Certains ne font que grogner ! Essuyer leurs larmes de crocodiles. Entretenir la sinistrose et se dire chagrins pour notre petite île Maurice que tant de problèmes accablent ! Comme si ça n’était que réservé à nous seuls !

Je ne pense pas que l’immense challenge dont fait face notre industrie touristique résulte uniquement de la crise du Covid-19. À écouter un certain nombre de spécialistes du métier, le ver était déjà dans le fruit. Le Corona a un peu bon dos pour expliquer la pagaille qui pourrait suivre.

À lire ces nombreux spécialistes de cette filière, qui contribue quand même 65 milliards de recettes brutes annuelles à notre économie, le modèle ne serait plus viable et probablement en fin de cycle !

Cela semble grave !

N’en déplaise à certains, à l’exception de nos plages et d’une population accueillante, ça n’est pas le centre de l’île, carrément sale et laid, qui attirera beaucoup de visiteurs. Sans compter que le pays n’a véritablement aucune vraie culture à offrir alors que notre riche histoire n’est que très peu, voire pas du tout, mis een exergue pour le visiteur.

Sinon que «tou korek! Pas de problèmes» ; il n’y a rien d’autre.

Ce qui fait qu’à partir de là, il ne reste plus à nos visiteurs qu’à bronzer couillon après avoir traversé, à coûts élevés, 10 000 kilomètres à la recherche de l’exotisme !

Ça ne tient pas la route !

De quoi sera donc fait demain au pays du tourisme !

Le contexte post-Covid-19 fait que l’angoisse plane sur le monde et aussi sur le tourisme de demain. Ce sentiment est là et bien là, et c’est vital pour l’économie de Maurice d’en tenir compte et même de commencer et à y réfléchir.

Chacun s’emploie à imaginer le transport aérien et l’hôtellerie avec des idées les plus folles les unes que les autres. Plus il y a «d’experts», moins l’on comprend. Il convient de raison reprendre et recentrer la réflexion.

Un siège sur deux dans l’avion et deux mètres entre chaque table de restaurant sont des images fantasques, irréalisables et économiquement pas fiables. Par contre, le fait que ces élucubrations existent montre que le souci du client de demain sera porté par :

Le produit et sa sécurité 

Des exigences plus fortes et nouvelles s’expriment donc pour le produit.

Comme en 2001 après le 11 septembre, lorsque de nouvelles règles de sécurité sont apparues dans l’aérien en particulier mais aussi dans l’hôtellerie ; le client d’après Corona exigera une hygiène sans faille et certifiée.

Cela se traduira par des tests médicaux sur les personnes à l’embarquement en avion et à l’arrivée à l’hôtel, des certificats de désinfection pour les avions et les hôtels comme pour les véhicules. Pendant le séjour hôtelier, les mêmes certifications et garanties d’hygiène seront exigées par le client pour les bâtiments, le linge, etc… et vis-à-vis des autres clients ou employés d’hôtels.

L’enjeu commercial sera de crédibiliser ces garanties en le faisant savoir et en étant transparent.

Le plus crédible et le plus reconnu sera le gagnant.

Au-delà de cette exigence, la destination elle-même ne pourra pas, faute de ne plus exister, s’affranchir de l’exercice «plus beau, plus propre»… et de le faire savoir de manière crédible.

Bannis les papiers sur les chemins et sur les plages, bannis le manque de plantations d’arbres, bannis la nature spoliée, bannis les produits alimentaires gavés d’insecticides, bannis les eaux troubles déversoirs d’égouts et les peintures défraîchies. Banni un lagon pollué… etc.

Il y a du travail en perspective ! Dans un sens plus large il importe aussi de rassurer sur les installations médicales et de la bonne stratégie sanitaire du pays.

Le faire savoir

C’est certainement la partie la plus complexe pour une destination comme Maurice et pour ses établissements hôteliers, car elle demande avant tout du doigté et de la finesse. C

’est aussi la chance de se positionner en termes de produit.

En outre, cela oblige à «entrer» dans le monde des hauts contributeurs – prescripteurs pour communiquer afin d’emporter l’adhésion. Car nul ne peut penser que les vagues de touristes à bas prix se perpétueront.

J’entends «entrer» car à l’exception de certains établissements, ce n’était plus le cas, et Maurice vivait de sa réputation qui s’effritait année après année.

Quant à l’image de la destination… je n’oserais pas qualifier ce qu’il en reste !

Au fur et à mesure de l’effritement seuls subsisteront maintenant les hôtels de vrai standing et les hôtels ayant un cachet/une personnalité suffisamment affirmée pour susciter l’achat par la clientèle à hauts revenus.

Moins de touristes mais la manière de communiquer et créer les outils de communication.

C’est là le vrai challenge, l’héritage du coronavirus.

Et plus tôt cela sera enclenché, plus vite les résultats se feront sentir. Certaines destinations comme les Seychelles communiquent intensivement sur le sujet.

Communiquer sur quoi ?

Sur tout ce qui est mis en place pour sécuriser la destination et l’embellir.

À qui ?

Au client haut de gamme car les tarifs (principalement aériens) augmenteront. Et il faudra savoir où et comment les contacter pour enclencher l’acte d’achat. C’est un point essentiel qui nécessite du professionnalisme. Terminé les campagnes d’affichage dans le métro parisien !

Je ne parle pas de Liverpool et ses millions de fans sympas et sans le sou, qui ne voyagent que pour aller au pub hurler pour leur équipe.

Où ?

Sur les marchés traditionnels d’abord car c’est là qu’il y a un potentiel de crédibilité : l’Europe, qui est en saison décalée… On a même l’habitude de dire que le travail y est déjà fait à moitié de par cet avantage. C’est notre marché principal et pour peu que l’on soit présent dans les pays germaniques cela vaut dix promotions et dépenses insolentes vers l’Asie…

Comment ?

Par rencontres directes et des documentaires filmés donc crédibles sur ce qui est fait et mis en place. Et pas du bricolage. Nous avons les bons professionnels à Maurice, faisons appel à eux…

Qui pour faire cette démarche ?

Des spécialistes mauriciens de la communication. Et qui parlent parfaitement français, anglais et allemand, car il importe de ne pas déléguer ce cordon ombilical avec la clientèle.

Quand ?

Il reste peu de temps car contrairement à ce qui est pressenti, le client est là et il veut fuir le cauchemar qu’il vient de vivre.

L’île Maurice est déjà en retard au niveau de la reprise de la promotion de la destination. Certains hôtels ont commencé mais timidement. Le mouvement doit s’amplifier si l’on veut accueillir les premiers touristes convaincus dès le dernier trimestre de 2020.

Le nouveau paradis est a porté de main, faisons le savoir.

P.S. Merci à un ami fidèle, excellent connaisseur du sujet, qui a aidé à inspirer ce texte.

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