Débat-pugilat

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Un véritable pugilat verbal, qui a défié les règles de civilité, et qui a rendu groggy plus d’un.

Ceux, comme moi, qui pensaient que le débat présidentiel américain, retransmis en direct hier matin à Maurice, entre le président Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden, allait changer du triste spectacle de notre Assemblée nationale ont vite déchanté. Tellement les échanges étaient confus, virulents et volaient bas (voir page 14). À l’image d’une Amérique coupée en deux, profondément divisée sur l’essentiel, et qui n’arrive pas à se parler, encore moins à se serrer la main avant de débattre.

Pourtant, le débat d’une heure et demie, divisé par thèmes de 15 minutes chacun, voulait précisément se focaliser sur les sujets de fond qui divisent et enflamment les États-Unis, dont le remplacement de l’icône Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême, l’Obamacare, les impôts du chef d’État (surtout après les révélations du New York Times sur les données fiscales de Trump), le coronavirus et les tensions raciales, les questions économiques et environnementales. Le lieu choisi – l’université de Cleveland, dans l’État d’Ohio – se voulait un symbole comme amphithéâtre de discussion académique et d’esprit critique pouvant éclairer les jeunes sur les enjeux. Mais les deux septuagénaires semblaient, tous deux, écrasés par le poids des enjeux et la tension entourant la présidentielle.

L’ambiance n’était guère propice au débat, malgré toute la détermination du modérateur Chris Wallace de Fox News. Si chaque candidat campait sur ses positions, les invectives ont vite remplacé les arguments. Biden, le vice-président sous Barack Obama, qu’on connaissait comme un politicien relativement calme et souriant, nous a révélé une autre facette de lui ; il a vite réalisé qu’il ne devait pas se laisser intimider par un Trump plus provocateur que jamais. Tour à tour, Biden a dû l’arrêter en traitant le 45e président des States de «menteur patenté», «caniche de poutine», «clown», tandis que Trump, malicieux, questionnait l’intelligence de Biden, parce que celui-ci n’a pas été dans une université ou école prestigieuse, ou le rôle de Hunter Biden, par rapport à ses affaires ukrainiennes…

Au terme du débat-pugilat, différents sondages donnent Biden gagnant par rapport au débat d’hier – ce qui conforte son avance sur Trump. Mais rien n’est joué encore ; les «Swing States» n’ont pas encore pris parti. Conscient que le terrain glisse sous ses pieds, Trump a refusé, en deux fois, de condamner les suprémacistes blancs, car ils constituent son fonds de commerce électoral et organisent des manifestations pro-Trump, qui ont pour objectif de contrecarrer le mouvement Black Live Matters.

Il reste deux autres débats avant le scrutin du 3 novembre. Souhaitons que la plus vieille démocratie du monde se ressaisisse. Et surtout que Trump, si jamais il perd, facilite une transition en douceur du pouvoir. Les yeux du monde entier sont braqués sur la première puissance mondiale. Et le moindre faux-pas démocratique sera, à n’en point douter, lourd de conséquences.

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