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Une convergence sans precedent

29 août 2020, 07:22

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Ce qui se passe actuellement à Maurice, surtout dans le contexte du rassemblement d’aujourd’hui samedi 29 août à Port-Louis, est vraiment inédit. 

C’est probablement le poids des nouvelles technologies de la communication et de l’information qui apporte une dimension tout à fait inédite à la mobilisation à Maurice comme à l’étranger qui s’annonce pour aujourd’hui. Dans les années 1960, le Parti travailliste et le PMSD mobilisaient de grandes foules. Les années 1970 furent nettement dominées par les rassemblements du MMM. 

En 2020, la donne a changé de façon spectaculaire. Qui aurait cru que les réseaux sociaux et les sites Web des médias allaient servir d’une telle immense plateforme pour réunir les Mauriciens dans l’île principale, à Rodrigues mais aussi dans les capitales étrangères, dans une démarche commune de dire non à l’arbitraire, à la corruption généralisée, à l’incompétence institutionnelle et au règne de népotisme des plus scandaleux ? Qui aurait jamais pensé voir partisans rouges, mauves et bleus réunis dans le même élan ? 

Pour la première fois aussi, au moment même où les Mauriciens du monde entier se retrouvent dans la même démarche de dire non à l’arbitraire, à la corruption et au népotisme, l’image internationale de notre pays se retrouve largement compromise. Le monde entier a ainsi assisté au drame écologique et humain causé par l’incompétence du gouvernement à prévenir, puis à gérer l’échouement du Wakashio. Pour la première fois, alors que les médias étrangers ont traditionnellement et invariablement décrit l’image paradisiaque de Maurice, des journaux et des télévisions du monde entier ont diffusé des images négatives sur le pays. Une chaîne aussi respectée comme la BBC a mis en exergue l’incapacité de nos dirigeants à faire face à la situation. Il a été maintenant établi que Maurice disposait de tous les moyens – commandos, bateaux, hélicoptères, équipements – pouvant prévenir l’accident du vraquier et même après l’échouement à en contenir les dégâts. 

Avant le Wakashio, les médias internationaux ont pointé du doigt Maurice comme un paradis fiscal dénoncé par l’Union européenne. Un pays qui accueillerait de l’argent sale et des fonds destinés à financer le terrorisme international. 

Comme si le gouvernement est engagé dans une attitude de ‘nou p… are zotte’ pour parodier de belles paroles de sir Anerood Jugnauth, on procédait à la nomination du frère d’un ministre aux fonctions de Chairman de la Mauritius Shipping Corporation au moment même où l’échouage post-Wakashio de dauphins fendait le coeur des Mauriciens. Alors même qu’on parlait du fiasco du département ‘shipping’ de Maurice, voilà qu’on procède à une nomination qui cristallise l’essence même du népotisme. 

L’image de Maurice ne serait certainement pas améliorée avec le nombre croissant des cas positifs de Covid-19. Maurice a connu une dizaine de cas de fatalités liées au Covid-19 attribuées à la décision du gouvernement de ne pas fermer les frontières pour des raisons familiales. 

Les Mauriciens qui vont se rassembler à Port-Louis, à Port-Mathurin et dans plusieurs capitales du monde se sont sans doute livrés à une réflexion sur un gouvernement qui tarde à agir (Covid-19, Wakashio) mais qui agit à la vitesse de Lucky Luke quand des décisions sont liées à des questions d’argent (contrats Covid-19) ou à des nominations des proches (le frère d’un ministre, la fille de Maya Hanoomanjee, Sandhya Boygah).