La taxe digitale et la loi ‘patriotique’ cachent-elles un agenda de répression?

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Le «Mauritius Trochetia» a accosté l’île du Nord à Agalega d’aussi près pour la première fois lundi après la construction d’une jetée provisoire. L’archipel de la République est visé par une loi controversée sur la souveraineté.

Le gouvernement mauricien se retrouve-t-il dans un tel besoin de financement que la TVA sera bientôt appliquée sur les services digitaux dont Netflix, Amazon Prime, iTunes ?

Ou cette décision cache-t-elle plutôt un agenda de répression graduelle mais soutenue sur les communications digitales des citoyens avec des fournisseurs de service à l’étranger pour que finalement la MBC et Mauritius Telecom consolident leur monopole respectif sur le business que ces deux entités contrôlées par le gouvernement vendent aux Mauriciens.

D’autre part, les nouvelles provisions mises en place pour rendre contraire à la loi toute opinion qui remet en cause l’intégrité territoriale de Maurice et sa souveraineté sur des îles de l’océan Indien pourraient elles aussi cacher une stratégie de répression contre les usagers des médias sociaux avec pour prétexte des commentaires jugés antipatriotiques surtout sur l’avenir d’Agalega.

Pour un gouvernement qui dispose maintenant de fonds colossaux mobilisés par la Banque de Maurice, il paraît invraisemblable que l’abonnement des Mauriciens au service de Netflix pourrait générer des centaines de millions de TVA pour financer de futurs budgets du pays. Ce serait du pipi de chat en termes de valeur financière.

L’objectif recherché par le pouvoir s’avèrerait être tout autre. C’est un objectif de collecte de données et de répression éventuelle sur la base du moindre prétexte. Il est clair que le gouvernement voudrait avoir une idée sur tous ceux qui sont actifs dans le cyberespace, un domaine que le pouvoir n’arrive pas à contrôler et où sont avancées les critiques les plus acerbes et les dénonciations les plus accablantes contre le régime. Puisqu’il serait impossible pour le pouvoir de tout réprimer, pourquoi ne pas commencer par le côté le plus sensible, c’est-à-dire la dimension financière des échanges digitaux ?

Ainsi, même si certains fournisseurs de services à l’étranger seraient disposés à reverser au gouvernement la TVA sur les abonnements, les autorités pourraient toujours affirmer qu’il y a eu maldonne dans certains cas et qu’il était nécessaire d’enquêter sur les communications externes de ces abonnés. Ce serait un prétexte en or pour tout savoir sur les personnes en question surtout si elles sont soupçonnées d’être anti-Establishment.

Même si de grosses recettes ne seraient pas encaissées par le gouvernement, la nouvelle loi aurait certainement un impact sur ceux qui commandent des articles de l’étranger, allant d’un carburateur, d’un game, d’un accessoire de téléphone à des produits de beauté sans mentionner des vêtements et chaussures. Ils n’auront d’autre choix maintenant que d’acheter localement au prix fort et ainsi contribuer à la TVA. Plus les articles sont chers, plus de TVA on en ponctionne. Les adolescents et les jeunes privés de leurs jeux en ligne jusqu’ici bien calés sur leur chaise ou leur lit à la maison n’auraient d’autre choix que de se faire actifs dans la rue. Bon business en perspective pour les marchands de drogue ?

L’autre changement apporté à la loi annonçant des peines sévères (Rs 1 million d’amende, 10 ans de prison) viserait surtout à limiter les dégâts sur Agalega. En effet, plus le temps passe, plus le complexe – avec une spectaculaire piste d’atterrissage et des infrastructures portuaires – que construisent les Indiens dans cette île prendrait forme et provoquerait des débats encore plus passionnés tant à Maurice qu’à l’étranger.

Le côté pervers de cette nouvelle provision, c’est qu’elle consolide, à l’étranger, la notoriété de Maurice comme république bananière, ce qui aurait un impact négatif sur notre économie, surtout le tourisme. Un éventuel touriste qui aime exprimer ses opinions hésiterait à fouler le sol à Plaisance craignant d’être arrêté pour le délit d’avoir écrit sur Maurice et ses territoires. On compte déjà une victime étrangère. Il s’agit de Pierrot Dupuy, basé à La Réunion et qui anime un site d’informations dans le département français mais qui héberge aussi un site axé sur Maurice.

Suivant les nouvelles provisions de la loi, voici ce que Pierrot Dupuy a écrit sur son site, sous le titre : Pourquoi je ne mettrai plus les pieds à l’île Maurice

Je ne mettrai plus les pieds à l’île Maurice. Et j’encourage vivement les Réunionnais à en faire de même. Maurice, sous la houlette du Premier ministre Pravind Jugnauth, est en train de prendre un virage qui commence à sentir sérieusement la dictature.

https://www.zinfos974.com/PierrotDupuy-Pourquoi-je-ne-mettrai-plusles-pieds-a-l-ile-Maurice_a157493.html

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