Pauvres de nous !

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Les problèmes sont partout, mais il ne tient qu’à nous de les régler ! 

Prenez les masques et les gants et les chaussons qui couvrent les chaussures. Ajoutez-y (moins nombreux heureusement) les PPEs et surtout les revêtements protecteurs utilisés par le personnel médical. Ils sont tous jetables et certainement pas biodégradables dans la plupart des cas. On les jette un peu partout et ils polluent donc un peu plus. Aidant à défaire du coup, le peu de gains écologiques engendrés par Covid-19. C’est devenu un problème surtout à l’étranger pour le moment. Mais comme on finit par importer tout (voyez notre balance commerciale... !), autant être prévenu. Car dans toute chanson classique, il y a toujours un refrain ! 

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L’excellent bulletin d’Axys (Dité gramatin) fait un clin d’oeil au danger qui guette le pays dans le sillage des ponctions majeures à la Banque centrale, la modification profonde de certaines lois à travers la Covid-19 Act et nos déboires répétés sur l’offshore, d’abord avec la liste grise FATF, ensuite avec celle, noire, de l’UE, avant la nomination incompréhensible et inexpliquée d’un nouveau CEO à la FSC. 

En effet, un petit «bar chart» (dont la traduction française «diagramme à bandes» est tout simplement immonde ! Désolé Mr Toubon !), joliment peint de rouge et de vert nous apprend que, pour la 1re fois depuis 10 ans, il y a eu plus de ventes de devises au public que d’achats sur les mois d’avril et de mai. Il est vrai que l’échantillon est faible. Il pourrait d’ailleurs simplement signaler la disparition des devises du tourisme, par exemple, mais il faut sûrement surveiller ce chiffre de près, spécialement après le 4 juin, car il indiquera sûrement si la confiance est est en hausse ? Ou au contraire...  

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Des squatters à Pointe-aux-Sables et à Cité Tole sont évacués manu militari depuis cette semaine. Sur l’ordre du ministre du Logement et des terres, Mr Obeegadoo, qui a, sans aucun doute, raison de faire respecter la loi ! 

Cependant, il me semble nécessaire de rappeler deux faits. D’abord, l’approche légaliste du moment vient souligner, si besoin était, que les prédécesseurs du ministre Obeegadoo l’ont très peu été, préférant l’approche molle et démissionnaire de celui qui privilégie le facile et le confortable même s’il n’a aucun problème de conscience quand il prend son chèque en fin de mois. Dans le passé, même s’il y a eu des tentatives de faire respecter la loi, la solution a trop souvent été de «donner du temps» et de renvoyer le problème à plus tard... et à ceux qui suivraient ! Les promesses électorales à la volée n’aident pas plus, bien sûr ! Et nous avons ainsi, petit à petit construit un État qui ne s’estime pas et où des employés bien payés et sécurisés n’imposent plus l’autorité et le respect de l’État mais «font semblants» ! Partant, un autre problème émerge inévitablement : les lois ne s’appliquant pas à tous les citoyens pareils... 

Par ailleurs, s’il est important d’imposer les droits de l’État, n’est-il pas tout aussi crucial que ce même État assume ses devoirs ? Aux côtés du ministre Obeegadoo, ou, mieux, en amont de son action, ne devrait-on pas voir le ministre de la Sécurité sociale, par exemple, avec un plan pour sortir ces malheureux de leur misère ? Ou est-ce qu’il faut conclure qu’on ne guérit jamais de la misère ? Pourtant, il y a quelques années, Pravind Jugnauth, alors ministre des Finances, disait vouloir en finir avec, grâce à un Plan Marshall : Où en est-on ? Combien avons-nous dépensé ? Que font les agents de l’État à qui on a confié cette mission ? Quel est le score ? 

C’est évidemment dur de sortir de la misère. Certains ne pourront jamais et devront être soutenus. Le défi pour une nation, c’est de pouvoir identifier ceux qui peuvent et qui veulent s’en sortir ; puis les encadrer, les accompagner, les former - style Lovebridge - et leur permettre de s’assumer de manière digne et autonome et d’autre part de soutenir ceux qui ne pourront s’en sortir, mais pas d’une manière qui est à ce point généreuse que l’on veuille y trouver là une aspiration de vie réussie !

Ce n’est évidemment pas simple, mais dans cette masse de travailleurs sociaux, de psychologues, de formateurs divers qui travaillent à Maurice ou pour l’État, il y a surement assez de talents et de bonnes consciences pour établir un plan à long terme et pour obtenir les meilleurs résultats qui soient ? 

Deux conditions essentielles de réussite dépendront d’une classe politicienne franchement différente. Car, pour que les miséreux veuillent s’en sortir, faut-il d’abord qu’ils ne voient plus des dés pipés partout. Il faut donc de la méritocratie et aucune discrimination, même pas positive - ce qui pourrait favoriser un lit au népotisme ! Les dés pipés sont extrêmement dangereux, car ils conduisent souvent à la rationalisation qu’il faut redresser le «tort public» et mènent alors au vol, aux braquages et aux trafics divers. Si vous vous êtes gavés de Netflix durant le confinement, pensez Money Heist… 

Par ailleurs, le combat contre la pauvreté est si fondamental que l’on a pas le droit de changer de plan à chaque nouveau gouvernement ! C’est le genre de thème où tous les partis politiques devraient travailler ensemble sur un plan cohérent, soutenu par tous, sur le long terme. Le parti au pouvoir qui prendra l’initiative de mise en commun contre la misère aura le seul bénéfice de son initiative. Les partis de l’opposition qui ne voudront pas aider le gouvernement dans cette croisade ne pourront plus cacher leur vraies motivations et leur visage sans fard. 

Je rêve camarade ? Peut-être ! Mais n’est-ce pas là, dans la déchéance des uns et le trop-plein des autres (moi, compris) que se trouve la vraie «situation exceptionnelle qui demande des solutions d’exception»? 

Dans le Budget de jeudi, pour lequel on s’est voté d’abord des moyens énormes, il y aura bien des priorités à soigner. Sauver les entreprises plombées par le Covid-19 est important parce qu’on sauvera ainsi bien des emplois, même si pas tous. Favoriser les exportateurs est important aussi. Éliminer les gaspillages, dynamiser la productivité, abandonner le superflu, le tape à l’oeil inutile, réduire les dépenses publiques est crucial. Trouver rapidement les équilibres financiers qui nous sont nécessaires prête à conséquence. Rétablir la méritocratie, l’impartialité de l’État, l’indépendance des institutions, une démocratie pleine de démocrates serait une avancée considérable. Mais l’on ne peut pas se permettre de seulement sauver la superstructure et d’oublier les moins bien lotis, surtout si ceux d’hier, visibles à Cité Tole et à Pointe-aux-Sables sont effectivement rejoints par les 100 000 chômeurs que craint Mr Padayachy ! 

Un plan social musclé, encadré par les meilleurs, à l’abri de l’interventionnisme politique, une fois le cadre fondateur dûment établit, discuté, approuvé et soutenu «across party lines», est une nécessité nationale. Un devoir. 

Et pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus, suggérons aussi que c’est une police... d’assurance, celle là ! 

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Nous sommes largement déconfinés depuis hier, minuit. Il était temps ! Mais le pays restera fermé aux vols aériens, l’école attendra toujours le 1er août (sauf pour les crèches et le pré-primaire... selon quelle logique différente ?) et le nouveau monde se mesurera en petits carrés de 2 mètres par 2 mètres. Il n’y a plus de cas indigène depuis un mois et seulement trois cas importés. Un triomphe ! Prochain arrêt d’étape sur le Tour de Covid, le 15 juin. 

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Les Rs 60 milliards données au gouvernement sont confirmés; les banques souscrivant à des BoM Bills espère-t-on, à partir de l’excédent de liquidités sur le marché. Le but recherché : «sustaining economic activity» (PDF?) et «mitigating risk to financial stability stemming from a weakening economy», ce qui implique que cet argent ne peut pas être employé pour payer tout engagement pré-Covid, comme, par exemple, pour honorer une garantie gouvernementale donnée à Air Mauritius pour ses dettes ? Que le trésor public lui-même a besoin de sérum ? Et qu’il n’emprunte pas parce qu’on a trouvé une solution plus facile ? 

D’autre part, après les Rs 60 milliards au gouvernement, maintenant 80 milliards à la Mauritius Investment Corporation (MIC) ! Quelle nouvelle surprise de 100 milliards la semaine prochaine ?

L’avant dernier paragraphe de la conférence de presse du gouverneur de la Banque centrale est-il le plus important ? Il dit que la BoM a consulté le FMI et les tient au courant de ce qu’ils font. On peut donc dormir tranquille. Nous sommes tous devenus riches ! Ou fous !

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