​​Respirez à fond ! On va s’aligner…

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Un Covid-19 Bill a été voté. Le ministre des Finances est maintenant pourvu de grands moyens de dépenses. Les objections et les débats se sont tus et le gouvernement va en faire à sa tête. Espérons seulement que les mesures qui nous sont imposées ne nous mettent pas en marge du monde respectable.

Car si Moody’s, le FMI, ESAAMLG, Fitch, la Banque mondiale, le FATF et maintenant l’UE finissent tous par nous pointer du même doigt, notre image et, partant, notre devenir vont en prendre un sale coup ! Dans le jeu géopolitique global, il restera sans doute suffisamment de ‘galants colonne’ pour s’intéresser à nous, de l’Inde à la Chine, de la Russie à l’Arabie saoudite, mais puisque nous défions aussi les Anglais et les Américains sur Diego, nous aurons changé de camp et nous serons dans la situation plutôt inconfortable du grand écart, avec nos marchés d’exportation, nos références aspirationnelles (du moins jusqu’ici), la formation professionnelle de nos élites et une bonne partie de nos importations se retrouvant à l’Ouest et nos pays désormais ‘amis’ dans le monde opposé, et pas seulement à l’Est ! Si le SEBI s’en mêle, notre monde deviendra encore plus restreint.

C’est un peu simpliste ? Trop manichéen ? Pour sûr ! Mais c’est un risque réel que l’on court, surtout dans le monde redessiné post-Covid-19 et au bout de cette piste-là, nous trouverons forcément plus d’Álvaro Sobrinho que de Vincent Lagarde… Il ne faudrait surtout pas se tromper ; encore que l’Ouest, ce n’est pas que du gâteau, non plus, et qu’il n’est pas question d’en devenir une marionnette !

Pendant 50 ans, nous avons su naviguer entre les uns et les autres dans un ballet délicat alimenté par des intérêts, des aspirations honnêtes, de la convoitise. Nous avons intérêt à continuer à soigner ces équilibres, voire jouer les uns contre les autres, à pratiquer ce que nos maîtres coloniaux maîtrisaient si bien et qu’ils nous ont finalement laissé en héritage savant.

Le 4 juin prochain, lors du premier discours du budget de M. Padayachy, on devrait apprendre comment notre porte-monnaie sera utilisé. Car, ne l’oublions jamais : ce qui sera dépensé, ce n’est pas un nébuleux ‘argent du gouvernement’ ou, encore plus distant et incolore, un ‘argent de la Banque de Maurice’, mais bien NOTRE argent dont certains, dûment mandatés lors des dernières élections (contestées), vont disposer à leur guise, au détour d’une pandémie. Il faut, bien entendu, espérer que nous soyons menés à bon port, sans casse, peut-être même avec le bonus de grandes réformes positives, car s’ils ratent leur coup et que ça saigne de partout, vous pouvez être certain que, comme en Grèce, ce n’est plus Papandréou le coupable, avec l’aide de Goldman Sachs, qui sera blâmé, mais plutôt celui qui n’aura plus le choix que de remettre de l’ordre, comme Tsípras ! Lire à cet effet, les nombreux parallèles troublants entre la genèse de la crise grecque et notre propre situation (Georges Prévélakis, Les raisons historiques de la faillite - La boîte à Pandore, eurozine.com).

Le premier des défis, ce sera le tourisme. On peut, peut-être, d’abord tenter de vendre notre virginité covidale au plus offrant et ce serait potentiellement une bonne carte à jouer, mais cela suppose un retour brutal au tourisme sélect et, puisque les porteurs asymptomatiques sont légion, de tester 100 % des touristes nous visitant, d’instituer des centres de quarantaine cinq-étoiles «au cas où» et traiter les hôtels et les touristes eux-mêmes comme des risques perpétuels ! Il faudra aussi compter avec la réaction des hôtels de moindre catégorie, celle de Bissoon Mungroo et celle des propriétaires de campements à louer ou d’Airbnb… Pas facile !

Parlons d’un autre problème. Un problème plus gérable, à coup sûr, celui-là. Ce problème s’appelle l’hypoxie. Je ne savais pas encore que cela existait et je remercie Radhakrishna Sadien, le président de la State Employees Federation, syndicat de la fonction publique, de nous en parler cette semaine. Il s’agit du risque que l’on court, selon lui, en portant un masque de protection contre la propagation de la Covid-19. En effet, ce syndicaliste pense qu’un masque de protection sur le nez et la bouche peut suffisamment réduire l’alimentation en oxygène des tissus vivants, dont la cervelle, peut-on supposer, pour causer de vrais dégâts. En fait, sur Internet, l’hypoxie semble plutôt être une conséquence occasionnelle de la Covid-19, le virus réduisant alors parfois dramatiquement la saturation d’oxygène dans le sang, sans trop de symptômes visibles. La recommandation syndicale au gouvernement ? Que l’on permette aux employés de sortir toutes les heures pour aller respirer de l’air frais !

Quoi ! Avec une amende de Rs 50 000 si on est maintenant pris sans masque dans un endroit public ? La bonne affaire !

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