Pour que la situation ne devienne pas irréversible!

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Comment faire pour que notre pays ne bascule pas dans le chaos ? Comment faire pour garder le contrôle dans cette ambiance obscure ? Tout notre défi est là ! Qu’a-t-on vu ces derniers jours, si ce n’est que la situation commence à nous échapper ? L’angoisse générée par les derniers chiffres (102 cas au samedi 28 mars), la pression dans laquelle cette urgence sanitaire nous plonge, cet éprouvant confinement, la peur de ne plus pouvoir nourrir les siens, la pagaille créée par les commerces de vente en ligne, provoquent une crise de nerfs collective.

Ajoutons à cela la révolte face à ces images inacceptables de brutalités policières, où notre impuissance donne naissance à une colère envers des voyous en uniforme, profitant du coronavirus pour se défouler sur des personnes sans défense. Faut-il rappeler qu’à ce jour, il n’y a eu qu’une seule arrestation d’un de ces policiers agresseurs, alors qu’il n’a pas fallu beaucoup de temps à la police (et ce n’est pas une mauvaise chose) pour mettre la main sur les auteurs de vols dans les supermarchés fermés ainsi que pour arrêter deux policiers qui ont volé des légumes dans une plantation à Vacoas ? Les hommes de Nobin porteraient-ils des visières quand il s’agit de l’impunité qui semble aller dans un seul sens ?

Ces comportements dont nous aurions pu nous passer alors que l’actualité est tout sauf gaie nous mettent à nu et nous révèlent tels que nous sommes. Nous aurons tout vu : des policiers qui s’acharnent, se filment, fiers de leurs violences gratuites, des incitations à la désobéissance, des commentaires invitant à un repli identitaire, des propos racistes. Ou encore une prolifération de fausses nouvelles qui jouent sur nos cordes sensibles et que certains partagent sans honte.

On assiste aussi, ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, à des jugements hâtifs, quand ce ne sont pas des discours moralisateurs. Lui ou elle cherche des cigarettes pendant le confinement ? Mal vu. Toutes ces positions ne font qu’illustrer notre monde d’aujourd’hui, montrant à quel point nous avons glissé vers un égoïsme désespérant car nous jugeons de notre seule perspective. Qui est la meilleure, évidemment ! Plusieurs d’entre nous pensons détenir le monopole de la pensée ou celui du savoir. Et même si toutes les critiques sont valables, parfois il faut reconnaître qu’il est plus facile de donner des conseils assis derrière son écran ou muni de son téléphone.

N’est-il pas indécent alors de critiquer ceux qui sont au front et qui, certes, commettent erreurs et maladresses mais sont toutefois animés de bonne volonté, quittant derrière eux les êtres aimés, bravant la peur du virus en continuant d’aller sur le terrain pour nous ? Qu’il s’agisse des forces de l’ordre (pas les bandits), du personnel hospitalier, de nos éboueurs, des livreurs à domicile, des chauffeurs d’autobus, des journalistes et de tous ceux qui travaillent actuellement en dehors de leur maison, ce sont nos âmes courageuses, nos héros du Covid-19. Saluons-les et disons-leur merci !

Prenons le recul nécessaire et, même si nos angoisses et nos peurs sont légitimes, agissons en responsables et collaborons pour un objectif commun : que la situation ne devienne pas irréversible. Bien évidemment, nos dirigeants ont le devoir d’assumer leur part de responsabilité. La priorité, actuellement, est que tous les Mauriciens, indistinctement, puissent manger à leur faim. Il est urgent que les distributions atteignent les plus vulnérables, qu’on trouve une solution rapide pour ceux qui ne sont pas sur la liste de la Sécurité sociale et qui n’arrivent pas à s’approvisionner malgré tout. Ce serait dramatique que cette pandémie soit doublée chez nous d’une crise sociale montrant les inégalités entre ceux qui, hier, avaient les moyens de faire leur stock quand les supermarchés étaient ouverts et qui peuvent aujourd’hui se permettre d’acheter en ligne (quand les sites marchent !) pendant que d’autres sont privés de nourriture et vont dormir le ventre vide.

Le coronavirus peut ne pas traduire uniquement nos faiblesses. Il peut aussi illustrer nos forces. Dans plusieurs endroits, des groupes de volontaires, qui, en respectant les consignes de sécurité, s’organisent : pour aider ceux qui vivent dans la précarité, les vieux qui ne peuvent se déplacer et les autres qui lancent des SOS de désespoir. Chapeau bas à ces vaillants soldats ! Mais nous alors ? Interrogeons-nous ! Que faisons-nous ? Quelle est notre contribution ?

Attaquons le Covid-19 en propageant d’autres virus : la bienveillance, la générosité, la solidarité, l’entraide, l’empathie !

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