En attendant les mauvais jours !

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Comme un terrible désastre qui s’approche à grands pas. Comme une grande catastrophe qui s’abattra bientôt sur nous. Il règne actuellement dans le pays un air de pré-cataclysme, une ambiance qui dépasse les jours d’angoisse familiers en période cyclonique. Le spectre du coronavirus a plus d’intensité que des rafales d’un cyclone de classe 4. Pourtant, à bien y voir, le fait que Maurice soit parmi les rares pays épargnés jusqu’ici, devrait plutôt être un soulagement, même si l’issue finale est connue : qu’on ne pourrait repousser éternellement cette fatalité de nos rives insulaires.

Mais alors même qu’il n’y a aucun cas avéré, l’angoisse a pris le pas sur la raison. Ce, malgré les explications du Premier ministre qui, dans sa dernière conférence de presse, a fait comprendre que la situation est grave et que son gouvernement ne prendra aucun risque. Ce, malgré les déclarations du ministre du Commerce qui se veut rassurant, affirmant que nous avons les stocks de médicaments, de riz, de farine, de gaz, qu’il n’y a aucune pénurie, qu’il n’est pas utile de stocker des produits, que les inspecteurs sont sur le terrain pour vérifier qu’il n’y ait pas de manque artificiel. Pour mieux empêcher certains esprits malhonnêtes d’envisager des bénéfices supplémentaires sur le dos du Covid-19.

Mais il suffit d’aller dans les supermarchés ou de parler autour de soi pour découvrir que cette garantie-là a peu de crédibilité auprès des consommateurs qui, au final, créeront réellement une pénurie en achetant plus qu’il n’en faut, privant ainsi les autres qui crieront alors leur colère. Ce comportement n’est qu’une démonstration du manque de confiance envers les autorités. Tout simplement parce qu’il existe une fracture entre le gouvernement et les citoyens. Il est vrai que, quand on a été élu avec seulement 37 % des votes, cela n’aide pas. Il est vrai aussi qu’à Maurice, la crise de confiance a toujours existé entre le pouvoir et la population. Parce que nous n’avons jamais eu affaire à des gouvernements qui ont fait sienne la culture de la transparence. Du coup, toutes les paroles politiques portent le sceau de la suspicion, du doute. Ils sont plusieurs à croire que les cas de «dengue» camouflent la réalité sur le Covid-19. Sans preuve !

Chaque information, voire communication, de l’État est analysée, décortiquée et devient contestataire. Pour ne pas dire mensongère, aux yeux de certaines âmes anxieuses. Et parfois avec la complicité de démagogues qui profitent de la situation pour tirer un capital politique. C’est ainsi que nous avons entendu Ramgoolam déclarer qu’il y a déjà des cas de coronavirus dans l’île. Est-ce qu’il réalise la portée de cette déclaration ? Est-il conscient de son impact ? Car en agissant ainsi, il insinue que les hommes au pouvoir peuvent nous cacher la vérité, mentir. L’aurait-il déjà fait ?

La question est, pourquoi est-ce que Jugnauth et son cabinet tairont un ou plusieurs cas de Covid-19 ? Prendront-ils ce risque alors que cette éventuelle décision ne peut qu’avoir un effet boomerang ? Car un malade du coronavirus doit faire face à un protocole et les répercussions sont connues : potentialité de décès, vulnérabilité de ceux avec qui il était en contact, quarantaine obligatoire, etc. Certes, nous avons la liberté d’avoir notre opinion sur la gestion du Covid-19 par le gouvernement. L’opposition et les citoyens ont le droit de l’interpeller, d’avoir une analyse critique. Encore faut-il bien connaître son sujet avant de s’aventurer dans certaines avenues inconnues. Oui, le gouvernement a des comptes à rendre, on est tous d’accord ! Mais il y va aussi de la responsabilité de chacun d’entre nous. Il est de ces intérêts nationaux qui doivent être au-dessus de tout.

Puisque l’arrivée du virus est inévitable, trouvons plutôt ensemble comment développer ce fameux génie mauricien présent dans les grands moments de notre histoire, nourrissons une solidarité citoyenne et appelons à un «mauricianisme» qui peut nous porter pendant les mauvais jours à venir. Il n’est point naïf que de vouloir choisir le verre à moitié plein. Et autant les uns doivent faire preuve de prudence dans leur déclaration, autant on attend que le gouvernement communique, parle à la population, démontre sa maîtrise de la situation et devance nos questionnements. Ce sont les réponses à nos tourments qui empêcheront la psychose de s’installer. Car si déjà, la peur, plus contagieuse que le virus, a fait son chemin sans aucun cas déclaré, imaginons notre désespoir quand l’on commencera le décompte…

L’évidence est là : le coronavirus pa get figir, pa get pei. À nous tous de réagir avec bon sens et intelligence collective !

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