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Aux États-Unis, le procès de destitution de Donald J Trump est terminé et ce n’est pas Trump qui est destitué, mais bien un pan de la démocratie ! 

En effet, coincé entre les accusations républicaines à l’encontre du Congrès, à majorité démocrate, qui n’aurait pas respecté les procédures en cherchant un procès plus rapide convenant plutôt à son calendrier électoral; suivi des accusations des démocrates à l’encontre du Sénat, à majorité républicaine, qui refusait mordicus de considérer de nouveaux témoins ou de nouveaux documents; ce qui était prévisible au départ devenait réalité. Trump, mis en accusation (impeached) à la chambre du Congrès, est acquitté par sa majorité républicaine au Sénat, mais au prix d’un clivage partisan absolument effarant. 

S’il est presque inimaginable dans une démocratie jeune et assez mal nourrie comme la nôtre de voir des opinions ou des votes qui ne suivent pas la ligne du «whip», il était, par contre, à mon sens, un signe de maturité de voir, aux États-Unis ou en Angleterre récemment, comment des consciences libres peuvent discuter de problèmes avec un esprit ouvert, et occasionnellement même de voter contre leur propre parti. Désormais l’esprit de John McCain ou de Ken Clark semble bien amoché. Il reste Mitt Romney chez les républicains, mais il est tout seul. Le message est clair : le parti est propriétaire de ses membres. C’est le parti qui décide. Votre existence et votre avenir dépendent de ce que vous suiviez sans conditions. Ramgoolam ou Jugnauth n’en disent pas moins face à leurs dissidents. C’est donc la discipline du parti avant la liberté des consciences. Cela convient aux leaders évidemment et facilite la direction d’un parti et d’un pays. C’est, cependant, oublier deux aspects de la question. D’abord celui que les psychologues appellent le «valence signal»* puisque ce qui démarque le rebelle des autres, du moins dans une démocratie mûre, suggère solidement de l’intégrité, du réfléchi et du sérieux… plutôt que du conformisme de mouton. Ceci a un attrait électoral certain ! Ensuite, parce que les voix dissidentes sont nécessaires au débat démocratique, agissent comme garde-fous et peuvent empêcher les naufrages que le consensus mou autour du chef rend d’autant plus probables. C’est d’ailleurs une des grandes forces des démocraties face aux régimes totalitaires où une seule opinion compte ! 

Difficile de quitter le sujet sans mentionner le commentaire de M. Borrowitz, correspondant sarcastique au New York Times qui imaginait El Chapo, le trafiquant de drogue notoire, se plaindre du fait que lui aussi aurait préféré un procès sans témoins, comme cela semble désormais possible aux États-Unis… 

*** 

«Le défi est immense», nous dit le rapport «Klima Neutral» du cabinet Utopies pour son client, la MCB. Ce n’est pas une exagération pour une fois. 

Pour que le réchauffement de la planète n’aille pas au-delà du raisonnable, c.-à-d 2 degrés centigrades de plus que la moyenne préindustrielle, Il FAUT qu’à l’horizon 2050, la planète ait atteint la «neutralité carbone». À ce moment-là, il faudra ne plus en rajouter au stock de CO2 dans l’atmosphère. Pour le réussir localement, il faudra réduire nos émissions, par un facteur de 2,8, alors que la population ne va pas décroître de manière significative et que l’on souhaite de la croissance, bien entendu ! Il FAUDRA donc réduire l’intensité énergétique du PIB par 2 (ce qui est en ligne avec plus d’économie circulaire, entre autres) et, surtout, réduire le poids carbone du mix énergétique par 4 ! C’est clair et précis comme l’est l’engagement de la MCB de ne plus financer des centrales à charbon. Bien moins de place donc pour le charbon, le gaz et le pétrole; la voiture électrique devenant évidemment plus écologique, seulement si le kWh est produit à partir de l’énergie renouvelable plutôt que du charbon, par exemple ! Les recommandations ont un air familier : 9400 MW de capacités de production d’énergie renouvelable doivent être installées : centrales solaires, centrales biomasse, PV sur les toits, 380 éoliennes de taille moyenne (pour 10 % des besoins), un réseau de stockage de plus d’une centaine d’unités pour gérer l’irrégularité des énergies solaires, marines, éoliennes. La géothermie a-t-elle été mise de côté, après des essais appropriés ?. 

Ce qui manque depuis des années, ce ne sont pas des recommandations ou des souhaits, mais des chiffres plus précis. Qu’est-ce que va coûter ce plan et à quel coût ressortira le kWh à l’autre bout ? De quels types de batterie de stockage parle-t-on ? Y a-t-il des déchets à prévoir ? Quel «mix» recommander ? Qui va répondre ? Les chiffres disponibles sur l’Internet sont extrêmement contradictoires et il est temps de SAVOIR ce que coûteront nos choix, les hectares que le renouvelable demandera, l’impact sur la biodiversité. Quelqu’un a-t-il des réponses fiables ? 

La MCB a souvent montré la voie. Elle récidive et c’est bien. Le pays doit maintenant accélérer son moteur plus vert. 

*** 

La Motor Vehicle Dealers Association (MVDA) est catégorique : les centaines de voitures qui ont eu des problèmes de moteur à partir d’octobre de l’année dernière ont été victimes d’une trop grande quantité de manganèse dans l’essence. Les résultats obtenus de divers laboratoires étrangers en attestent. La STC, importatrice de l’essence incriminée est catégorique aussi : l’essence qu’elle a importée, y compris lors du «emergency procurement» finalisé avec Vitol Barhein, ne contient pas plus de manganèse que la dose recommandée. La STC aussi aurait des rapports indépendants sur la qualité de son essence, mais ils ne sont pas publiés jusqu’ici. Le ministre concerné, Yogida Sawmynaden, est resté muet entre la MVDA et la STC qui se toisent. En jeu ? Des compensations majeures d’environ de Rs 150 millions apparemment, dues aux automobilistes dont les voitures ont dû être purgées ou réparées, certains moteurs eux-mêmes ayant dû être remplacés dans les cas les plus graves. 

Cet incident interpelle parce que plus de 3 mois après les incidents, la question n’est pas résolue et que personne ne sait apparemment ce qui s’est passé exactement. Car il est impératif d’identifier les manquements et/ou des négligences, ne serait-ce que pour pouvoir les corriger activement ! En effet, si ce qui s’est passé avec de l’essence et des voitures se reproduisait avec le bunker de bateaux ou, Dieu nous garde, le réapprovisionnement des avions, avec du jet fioul, le problème deviendrait autrement plus sérieux. 

Quelques rapports chiffrés s’imposent d’évidence. 

D’abord faire la liste exhaustive de tous les cas de véhicules concernés, avec coûts engagés, modèles des voitures et nom et adresse des «filling stations» utilisées. Il y a «plus de 3 300» voitures concernées disait la MVDA le 23 janvier en conférence de presse. 

Ensuite, faire une analyse des marques et des modèles concernés puisque ce ne sont certainement pas la totalité des 300 000 quatre-roues qui ont connu des problèmes ! 

Finalement, voir s’il y a un «pattern» dans les stations d’essence utilisées par les véhicules affectés. 

Le fait est que si toute la cargaison importée était contaminée, les dégâts auraient été potentiellement plus conséquents, sauf si les divers protocoles de moteur de véhicules réagissent différemment au manganèse et/ou sauf si ce sont seulement certaines stations-service qui ont été alimentées en essence contaminée. 

La problématique est sans doute plus compliquée que ça, mais ce serait là un bon début d’enquête sérieuse. Ce qui est certain, c’est que le flou actuel et l’absence de réponses précises et chiffrées mènent aux spéculations les plus farfelues et aux hypothèses les plus troublantes. 

Il faut régler la question au plus vite sinon c’est la bougie de la confiance qui va s’éteindre !


* http://cambridge.org/core/journals/british-journal-of-political-science/article/legislator-dissent-as-a-valence-signal/C30ABAA6B88288337BA7C196B18D7CA9

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