On s’était dit rendez-vous dans quatre ans !

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C’est en 2024, au bout de ce mandat du gouvernement MSM-ML, qu’on pourra juger de son engagement dont le discours-programme, lu par le nouveau président Roopun, vendredi, donne une idée des objectifs visés. Seront-ils atteints ? Notre vie aura-t-elle alors vraiment changé ? Est-ce que la thématique Towards an Inclusive High Income and Green Mauritius sera une réalité en 2024 ? Pour l’heure, nous ne pouvons que juger les mesures annoncées à travers la forme qui est à l’image du gouvernement : terne et sans grande innovation. Et, un peu comme la lecture des discours budgétaires, il ne s’agit pour l’instant que d’une récitation de bonnes intentions dont on ne sait comment l’application se fera et quelles sont les échéances concrètes. Certes, il faut reconnaître la pertinence de nombre de mesures annoncées, à l’exemple du chapitre axé sur l’importance de transformer Maurice en une île verte avec des propositions plutôt salutaires, allant de la mise sur pied d’un National Youth Environmental Council à la création des forêts endémiques, en passant par l’introduction d’un Climate Change Bill, voire encore de suivre l’exemple de Rodrigues visant à faire de Maurice un plastic free country.   

Outre le volet écologique, plusieurs autres propositions ne peuvent que donner espoir pour un meilleur pays. À l’heure où combattre la violence domestique se doit d’être une cause nationale, on ne peut que dire oui à toutes les initiatives, dont celles mentionnées dans le discours, comme une campagne de sensibilisation et un soutien aux victimes à plusieurs niveaux : abris, conseils juridiques… Mais il faut aussi souligner que certaines mesures de ce discours-programme semblent avoir été plantées là pour la galerie. «Government will enact necessary legislation to make further and better provisions in line with its transparency, accountability and corrupt free agenda», illustre une de ces phrases toutes faites. La proposition d’une réforme électorale est une autre idée creuse qu’on découvre comme pour noircir les pages.

Quand on réalise qu’avec tous les pouvoirs dont elle disposait, l’équipe du MSM-ML n’a pas jugé utile de faire voter un mini-amendement pour permettre à ceux qui ne veulent révéler leur appartenance ethnique de participer aux dernières législatives, l’on ne peut que rire sous cape devant son énième vœu de nous proposer une réforme électorale, nous promettant une higher women participation ! Devrait-on, une fois de plus, rappeler que l’obligation de respecter la parité est une affaire de chef/leader et non de loi, même s’il faut saluer le Gender Parity Bill qui, semble-t-il, arrive bientôt et qui ne sera pas uniquement un outil sur le plan politique !

Encore quatre ans et l’on saura quel changement ce discours programme aura eu sur nos vies ! 



Arrogance, quand tu nous tiens !

Interrogé sur la pertinence de l’obligation des cinq credits pour accéder au HSC, voilà donc le Premier ministre qui, pour défendre sa réforme éducative, répond qu’il faut maintenir un certain niveau, que son gouvernement bouge vers un standard et qu’au contraire, le système en place donne une opportunité à des jeunes d’aller vers des filières polytechniques. Emporté par ses explications, le voilà qui n’hésite pas à se montrer méprisant envers cette catégorie de jeunes communément appelés late developers. «Ena pe dir ena zanfan late developers. Be pa met okenn credit. Les zanfan-la kontinie fer so ledikasion ziska pas kone ki laz li pou develope.»

Une déclaration arrogante qui traduit une mentalité se préoccupant uniquement de l’élite, un commentaire définitivement éloigné du grand discours-programme vantant une  soi-disant société inclusive, promettant une égalité des chances (en bonne place dans le discours) que le gouvernement nous vend. Le Premier ministre envoie ainsi le message que l’on connaît déjà : d’un côté, la crème du système éducatif, les détenteurs des cinq credits ou plus, de l’autre, tous ces élèves qui n’ont aucun choix, si ce n’est d’embrasser, sans liberté de choix, une école polytechnique (surtout si les cinq credits ne sont pas au rendez-vous lors de la deuxième tentative), sans pouvoir compter sur l’éducation nationale pour accéder un jour à des études tertiaires. 

Équité, égalité : des mots, encore des mots, toujours des mots ! 

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