Confettis épars…

Avec le soutien de

Que le Premier ministre (PM) et son épouse aient eu besoin de débarquer d’un avion d’Air Mauritius à Dehli pour faute technique est malheureux, comme c’est malheureux pour les 240 autres passagers qui ont aussi eu besoin de débarquer. Un passager est un passager, PM ou pas. Un contrat est un contrat et quand une ligne aérienne vend un billet d’avion, il s’engage, en principe, à respecter les paramètres précisés lors de cette vente : date et heure du vol, temps de vol, repas ou pas, etc.

 Reste sans doute la question de savoir si un avion vieux de 25 ans, mais adéquatement «serviced» est potentiellement plus sujet à des pannes qu’un appareil neuf. Pour le vol MK 745 mardi matin, on a utilisé un A340 vieux de 25 ans. Certains esprits éclairés auront suggéré qu’un A330 neo neuf était plus de circonstance.

 Ce débat peut être sans fin s’il ne se base pas sur les faits. Air Mauritius avance que tous ses avions offrent la même qualité de service après un «servicing» approprié. Il lui suffirait d’étayer ses dires avec un document fourni par Airbus pour établir si les risques de panne augmentent avec l’âge. Pour faire bonne mesure, Air Mauritius pourrait publier ses propres chiffres à elle.

 Ce qui est certain, c’est que le neuf n’est pas une garantie absolue non plus.Demandez donc aux parents, amis et connaissances des 346 passagers morts dans deux Boeing 747 Max 8 NEUFS, par exemple. Ou encore aux pilotes de TAP qui sentent des odeurs d’essence dans leur cabine de A330 neo… À la vérité, aucune activité humaine n’est sans risque, pas même respirer ! Si les risques de pannes d’avion sont extrêmement réduits, ils existent néanmoins. On les minimise avec une maintenance bien faite et l’application du principe de la prudence si les tests entrepris par le pilote avant le vol révèlent quelque chose qui ne colle pas, pour mineur qu’il soit. Autre vérité, pour faible que soient les risques du voyage en avion ; plus on voyage, plus on risque de les rencontrer évidemment.

Avis fraternel, donc, aux abonnés de per diem !

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 L’aberration apparente du vote du 12 décembre au Royaume-Uni, c’est que les conservateurs dont le but premier était de concrétiser le vote de juin 2016 en faveur du Brexit voyaient leurs 10 points d’avance dans les sondages en contradiction totale avec le fait que le peuple britannique a été depuis juillet 2017 systématiquement en faveur de rester dans l’Union européenne. C’est du moins ce qu’affirme Eurotrack qui consolide les sondages sur ce sujet ! Le résultat du vote confirme cette schizophrénie.

Si les Britanniques veulent vraiment rester en Europe, ils ont pourtant voté principalement pour ceux qui veulent sortir et n’ont pas voté suffisamment fortement pour les Libéraux-Démocrates qui étaient les seuls qui étaient pro-européens, si l’on met de côté les contradictions internes et la tiédeur des travaillistes.

 Il faudra vraiment une longue série de sessions de psychothérapie pour ce pays !

 D’autant qu’ayant maintenant un mandat indiscutable pour sortir d’une Union (européenne), Boris Johnson aura maintenant besoin de tout son talent pour résister à l’éclatement d’une autre Union, c.-à-d. celle du Royaume-Uni ; les Écossais, les Irlandais et même les Gallois voulant tous, eux aussi, «take back control». De Londres, cette fois, à défaut de Bruxelles !

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 Coincé entre une petite fille qui se fait kidnapper par un pervers qui «pa koné sa kinn pasé dan mo latet», des bulletins de vote retrouvés dans la nature, des cousins qui se poignardent, des coups de sabre en veux-tu, en voilà, des enfants qui ont faim et que le père toxicomane tente de calmer en partageant généreusement sa drogue, la violence conjugale qui n’en finit plus de perler en tous milieux, des policiers qui roulent délibérément sur les deux pieds d’un citoyen – il est vrai en fuite, des accusations de bribe électoral, des vols en série, une ménagère «envoûtée» par un marchand de massala, de fausses «bonnes sœurs» transportant de la drogue dans leur vagin ; il me semble plutôt difficile de contrer une telle déferlante avec le seul séga tambour des Chagossiens, désormais inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité, vous ne trouvez pas ?

Question plus pertinente : est ce que les mœurs de notre société pourrissent et se dégradent ou est-ce que l’on est simplement plus au courant de ce qui se passe parce que la vérité que l’on cachait parfois remonte maintenant à la surface sans retenue aucune ? Qui va répondre ? Mme Jeewa-Daureeawoo nous donnera peut-être un avis autorisé ?

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Encore le Royaume-Uni. Les élections de jeudi qui ont confirmé Boris Johnson à son siège de PM ont quelques leçons pour notre pays.

Ne dit-on pas souvent que Maurice ne peut faire ceci ou cela, emprisonnée qu’elle est par son héritage colonial ou néocolonial ? Eh bien, il est par contre des héritages positifs que nous avons clairement refusés, semble-t-il. C’est donc véritablement une question de choix librement consenti ! Un leader de parti battu, comme Corbyn, annonce ainsi, aussitôt les résultats devenus évidents, qu’il ne sera pas le leader de son parti aux prochaines élections. Pas ici. Là-bas, on vote jusqu’à 10 heures du soir. Pas ici. Des dix commissaires du Electoral Board, trois représentent les trois partis principaux et un 4e est l’oreille de tous les autres petits partis**. Pas comme ici. De plus, on compte les votes toute la nuit là-bas, jusqu’au petit matin. Pas ici. Pas d’épisodes de «dormi ar bwat laba». Les résultats ne traînent pas non plus (ni les bulletins de vote d’ailleurs !). Il n’y aura pas de pétition électorale. Pas comme ici. Il n’y a pas de computer room inaccessible à tous et pas annoncé d’avance. Pas comme ici. Toute la nation britannique a travaillé le jour du vote, ainsi que le lendemain, sans drame aucun ! Ici, nous avons chômé le jour du vote et les écoles étaient fermées le lendemain !

Devinez quel est le pays qui a été le pays colonisateur et celui qui a été colonisé !?

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Si vous avez l’œil ouvert, vous avez sans doute vu, depuis environ un an, au milieu de l’autoroute, depuis le flyover du Réduit, en direction d’Ébène, une centaine de palmiers plantés dans des pots ? Ils étaient là, vert tendre, un peu timides, peut-être même penauds au départ et les plus futés d’entre nous s’étaient parfois inquiétés de ne voir ni arrosage, ni goutte-à-goutte.Ce qui devait arriver arriva donc, bien évidemment. Les palmiers commencèrent à griller vers novembre. Il faut remercier ceux qui ont décidé de mettre un terme à leur souffrance et à les arracher, desséchés qu’ils étaient depuis quelques jours, pour ne pas gâcher le paysage ainsi que les consciences écologiques.

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans la recherche occasionnelle d’un peu de beau.

 On recommence quand ? Toujours même formule ou on va améliorer ?

 Une question qui peut très bien, d’ailleurs, s’appliquer aux prestations gouvernementales aussi.


 **Les leaders de parti soumettent chacun 3 noms au speaker et ceux-ci sont interviewés par un panel totalement apolitique et indépendant pour établir s’ils sont dignes de confiance. Ce panel fait ses recommandations au comité du speaker qui fait ses recommandations à la Chambre après sa propre évaluation. Les garde-fous sont, comme on le voit, bien plus nombreux qu’ici…

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