Le Centre Frère René Guillemin fête son premier anniversaire et nous invite à prendre nos enfants par la main

Avec le soutien de

Décembre, mois de la traditionnelle fête de Noël, un temps de réjouissances au sein de la famille où les enfants occupent une place prépondérante, avec des échanges de vœux et de présents qui rappellent les liens forts qui unissent ses membres. Cette pratique millénaire puise ses origines avec la venue sur terre de l’enfant Jésus dans une crèche de Bethleem. Depuis, elle a transcendé les barrières religieuses, géographiques et culturelles pour devenir un des événements annuels les plus célébrés  et populaires de notre planète. Cette dernière se met au diapason à cette période de l’année en se revêtant d’une parure blanche immaculée dans les pays nordiques  alors que dans les pays tropicaux, nos flamboyants et autres arbres fruitiers enfilent un manteau majestueux d’un rouge éclatant tissé de mille fleurs et autres fruits de saison.

Dans notre petite île où se côtoient en harmonie différentes civilisations, les célébrations ont pris une envergure nationale. Elles sont préparées à l’avance avec des économies au niveau du budget familial. Les habitants disposent du temps libre avec les vacances scolaires et les congés publics et d’entreprise.

Hélas, depuis trois décennies maintenant, pour certains de nos compatriotes de plus en nombreux au fil des dernières années, l’horizon s’est assombri. Pour des milliers d’entre nous, dont de nombreux jeunes entrainant avec eux dans leur tourment leurs parents et proches, le cœur n’est plus à la fête, angoissés parce qu’ils se sont retrouvés dans le cycle infernal de l’addiction à la drogue.  Leur unique priorité dans la vie pour ces jeunes étant désormais  de se procurer leurs doses quotidiennes. Au début, ils puisent dans leurs  économies,  d’autres volent leurs parents. Bijoux et autres objets précieux de la famille y passent. Quand ces ressources sont épuisées, ils ont recours progressivement à des menaces  et à des agressions envers leurs proches pour leur soutirer de l’argent, voire à des fraudes, à la prostitution pour finalement se retrouver entre les griffes de la mafia, au service du commerce de la mort en devenant dealers. De nouveaux clients dont des jeunes, voire des collégiens sont ciblés.

Les statistiques sont effarants, des travailleurs sociaux en prise directe avec ce fléau parlent de dizaines de milliers de victimes, les jeunes s’avèrent être des proies faciles. La drogue de synthèse (Simik), étant accessible à peu de frais, a fait son entrée dans les établissements scolaires, du primaire au tertiaire.

Alors que dans les années 80, seuls certains quartiers spécifiques défavorisés et à risques étaient affectés par le fléau de la drogue, ces derniers temps la donne a changé, notre pays dans tous ses coins et recoins est devenu la cible des barons de la drogue qui ne cessent de déployer leur tentacules à la faveur de ce commerce abject mais florissant tant dans les villes que les villages. Nul n’est à l’abri de ce fléau national.  Nombreux sont les parents dont les enfants étaient promis à un parcours scolaire brillant qui  découvrent tout d’un coup et avec effroi que leurs enfants se sont fait prendre dans le cycle infernal de l’addiction à la drogue.

Aux alertes et aux cris de désarroi poussés par les forces vives et répercutés dans les medias, l’opinion publique et les autorités ont certes réagi. Interventions tous azimuts et mesures musclées des forces de l’ordre avec des saisies records de drogue, démantèlement de réseaux de trafiquants, les auteurs du blanchiment d’argent sont traqués, leurs fortunes gelées et leurs biens saisis, condamnations et mises à l’ombre de plusieurs barons. Malgré la création d’une commission d’enquête présidée par un Juge et la publication d’un rapport et des recommandations forts louables et la mise en place de certaines mesures courageuses, sur le terrain la situation reste préoccupante. La liste d’attente dans les centres de réhabilitation  ne cesse de s’allonger.

Le public tient les forces de l’ordre pour responsable du pourrissement de la situation par leur inefficacité alors que des raids policiers d’envergure sont lancés pour traquer les trafiquants. Les débats sur la libéralisation des drogues dites douces pour réduire la demande pour la drogue synthétique sont loin de faire l’unanimité.  Le manque de concertation, de solidarité  et d’engagement national pour une approche coordonnée entre les différents agents de la répression et les victimes de la toxicomanie, de leurs proches et du grand public qui, ne l’oublions pas, sont des victimes potentielles,  profite au final  à ces trafiquants sans scrupule qui s’enrichissent sur les cadavres de leurs concitoyens.

Tout espoir n’est cependant pas perdu, les travailleurs sociaux  groupés dans plusieurs O.N.G sont actifs sur le terrain ; les mamans des victimes se serrent les coudes pour faire face  à l’adversité à travers la solidarité  et soutiennent leurs sœurs dont les proches sont devenues les proies de ce fléau national. L’Etat à travers la création d’une fondation, la National Social Inclusion Foundation (N.S.I.F ) s’apprête à accompagner, financer et moderniser les centres au service de la prévention, la réhabilitation et la réinsertion des toxicomanes. Une O.N.G d’une banlieue à l’entrée sud de la capitale en plus de sa case A (amour) a délégué ses Envoyés pour sillonner l’ile, afin de sensibiliser, créer des structures régionales  sur place  pour  prévenir les jeunes contre les risques de l’addiction.

Décembre 2018. Le C.A.T.R, une institution pionnière dans le domaine de la réhabilitation et la réinsertion des toxicomanes avec l’aide du diocèse de Port-Louis  a créé une antenne, le Centre Frère René Guillemin(C.F.R.G) fort du soutien des Frères de St. Jean de Dieu, du groupe Terra, de C.I.E.L et du Lions Club de Pamplemousses. Ce groupe dynamique, pour la plupart de jeunes volontaires sont encadrés de certains ainés, qui à l’instar des bergers et des mages de la Judée se laissent guider par les étoiles et leur foi pour aller au secours de nos enfants toxicomanes. Au sein de cette équipe on retrouve  des universitaires tels Clémence et Livio qui, malgré leurs diplômes, ont fait le choix d’un maigre salaire pour être  au service de leurs jeunes frères et sœurs pris dans la tourmente. Fort du soutien de Kavi et Nathalie et d’autres, ils sont à pied d’œuvre au centre pour soutenir les jeunes stagiaires toxicomanes. Ils les initient à l’Art- thérapie, une approche qui a fait ses preuves à Madagascar et en Afrique. Ils sillonnent l’ile pour  sensibiliser les jeunes sur la prévention à la toxicomanie. Ils répondent chaque semaine aux requêtes du ministère de la Santé pour soutenir les jeunes drogués au ‘Nénuphar’ à l’Hôpital de Montagne longue. Le ministère de l’Education a pris contact avec eux pour un programme de prévention destiné aux écoliers.

La route est longue, le service de notre jeunesse, un défi stimulant, mais les ouvriers et ressources  insuffisants. Mais les Mauriciens sont généreux et toujours prêts à affronter tout défi, surtout quand leurs enfants sont en danger.

La fête de Noël est derrière la porte, faisons notre ce souhait évoqué dans une chanson française bien connue....

Prendre un enfant par la main

Pour l’emmener vers demain

Prendre un enfant sur son cœur

Pour soulager ses malheurs

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