Mystique et mythique

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Pas de répit médiatique pour le PM. Est-ce la rançon de la gloire d’une réélection ? En visite privée avec sa famille en Inde, ses déplacements entre Delhi et Dharamsala, y compris ses pèlerinages religieux, sont suivis de près par la presse indienne, connue pour son impertinence. Ainsi selon The Tribune, davantage qu’une rencontre avec Narendra Modi ou le ministre des Finances indien par rapport à l’offshore ou à la deuxième phase du Metro Express, ce sont les temples que les Jugnauth visitent qui captent l’attention de cette section de la presse.

 «We have been told that the PM will first visit Mahakal temple in Baijnath and then go to the Baglamukhi temple (...) the Baglamukhi temple is believed to be from the Mahabharata era and have mystical powers, which is why it’s famous among politicians, celebrities and players. Sources in the temple told The Tribune that many politicians visited the temple to perform ‘tantric puja’ for immediate relief. The puja is believed to provide immediate relief to problems and victory over enemies», fait ressortir The Tribune, qui rappelle les noms des politiciens qui ont visité le temple sacré, tels que Pranab Mukherjee, Maninderjit Singh Bitta, Amar Singh et Jaya Prada. 

Les regards des Indiens sur Maurice changent avec la géostratégie post-guerre froide. La Route de la Soie de la Chine, le conflit avec les Britanniques, et, par extension, avec les Américains autour des Chagos et de la route du pétrole, la situation politique nouvelle au Sri Lanka, et le dégel avec les Maldives, l’intérêt de la Grande Péninsule pour Agalega, davantage que les services financiers et/ou le Metro Express, sont des facteurs non négligeables qui changent la donne. Non Maurice n’est plus une extension du Bihar, notent plus d’un confrère. «For far too long, Delhi has viewed Mauritius through the prism of diaspora. The time has come to reimagine Mauritius in much larger terms», souligne Raja Mohan de The Indian Express. 

Depuis 2015, l’Inde mise sur le programme SAGAR (security and growth for all) afin de déployer sa politique vis-à-vis du sud-ouest de l’océan Indien en général. Avec sa réélection, Pravind Jugnauth devient un allié de taille pour Narendra Modi. La taille de notre influence ne se mesure pas pour les Indiens par la superficie de notre pays, mais par celle de notre zone économique exclusive et de nos liens, à travers la SADC et le COMESA, avec l’Afrique et les autres pays de la région. «Mauritius can be the fulcrum for India’s own African economic outreach», surenchérit la presse indienne. 

Au-delà des aspects stratégiques et business, l’Inde se voit aussi comme le protecteur de la région pour contrer le changement climatique qui affecte nos zones côtières avec le rehaussement du niveau de la mer. À cet égard, un autre confrère relève que «Mauritius will be the right partner in promoting Indian initiatives in these areas. It could also become a valuable place for regional and international maritime scientific research...»

***

Dans un nouvel essai qui fait débat, intitulé «Intimidations of an Ending», l’écrivainemilitante, Arundhati Roy, fait le procès de l’Inde de Modi. Prenant à contre-pied les grands discours officiels, elle rappelle que le 2019 Global Hunger Index classe la Grande Péninsule à la 102e place sur 117 pays (le Bangladesh est à la 88e place alors que le Pakistan est classé 94e ). «But demonetisation was never about economics alone. It was a loyalty test, a love exam that the Great Leader was putting us through. Would we follow him, would we always love him, no matter what? (...) The moment we as a people accepted demonetisation, we infantilised ourselves and surrendered to tinpot authoritarianism. But what was bad for the country turned out to be excellent for the BJP. Between 2016 and 2017, even as the economy tanked, it became the richest political party in the world. Its income increased by 81 percent, making it five times richer than its main rival, the Congress Party (...)This war chest won the BJP the crucial state elections in Uttar Pradesh, and turned the 2019 general election into a race between a Ferrari and a few old bicycles.

«And since elections are increasingly about money – and the accumulation of power and the accumulation of capital seem to be convergent – the chances of a free and fair election in the near future seem remote. So maybe demonetisation was not a blunder after all...» De quoi nous faire réfléchir ici.

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