Deregistered!

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La déception était palpable, manifeste. Elle se traduisait tant sur les visages que dans les propos de ces centaines, voire milliers, d’électeurs qui n’ont pu accomplir leur devoir civique, hier. On peut les comprendre. Il n’y a rien de pire que de s’entendre dire qu’on ne peut participer à la vie politique du pays, quand l’on est déjà sur place dans le centre de vote, mais incapable de voter à cause d’une erreur administrative.

À qui revient la faute, à qui incombe la responsabilité pour le cafouillage d’hier ? Le droit de vote vient-il avec des responsabilités pour l’électeur, comme plaident les membres de la Commission électorale, inquiets de voir la situation se dégénérer ? Aux citoyens qui n’ont pas fait le suivi quand les listes électorales ont été (ré)actualisées ? À l’Electoral Supervisory Commission qui a presque toujours reçu les éloges de la presse locale et internationale et qui se retrouve aujourd’hui au banc des accusés ? À l’Electoral Boundaries Commission ?

Dans le passé, il y a eu certes des ratés par rapport aux noms et aux registres électoraux, mais jamais d’une telle ampleur, et ce, à travers pratiquement toutes les circonscriptions. À hier soir, personne ne voulait croire le chiffre de 6 813 électeurs incapables de voter, avancé par la Commission électorale. Preuve que nous sommes encore loin du décompte électronique…

L’extrême confusion qui a régné hier à la fermeture des bureaux de vote a fait que les nerfs étaient à vif… Et c’est principalement le phénomène de «deregister» (c’est-à-dire enlever de la liste un électeur qui n’a pas changé de résidence et qui a participé à plusieurs élections dans le passé) qui est mis en cause. Des Mauriciens outrés vont jusqu’à se demander comment la Commission électorale, après tant d’élections générales dans les jambes, a pu assurer l’enregistrement des Bangladais sous contrat, mais a, dans le même souffle, privé des Mauriciens de leur droit de vote…

Controverse aussi sur l’acceptation du Bus Pass, du passeport, du permis de conduire pour remplacer la carte d’identité alors que l’État a dépensé des milliards sur la carte d’identité biométrique. Le cas de fraude au n°10 a, du reste, été grandement facilité par ce manque de rigueur.

Si jusqu’ici les accusations d’élections «manday» étaient légion, aujourd’hui cela projette une vision de Maurice rétrograde. La Commission électorale d’Irfan Rahman, qui s’est fendue de longues explications hier, a-t-elle flanché sous la pression ? A-t-elle su communiquer en privilégiant des journaux ayant une wide distribution ou a-t-elle opté, comme le PMO, pour des journaux complaisants, à faible tirage et ayant un lectorat inexistant ? Au final, nos institutions censées garantir des «free and fair elections» ont-elles failli en raison de l’interventionnisme du régime, surtout eu égard à la grande pression exercée par le chef de l’exécutif, qui a voulu, en un mois, prendre tout le monde de court, avec les résultats que l’on sait…

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