Impression de séance: un pays, deux réalités !

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Le discours du Budget du ministre des Finances, hier, se tenait en toile de fond plutôt pessimiste, parfois très pessimiste même, quant à l’état des finances publiques et de l’état de santé de l’économie. Beaucoup a été dit ces derniers jours sur le déficit de la balance commerciale qui donne le tournis (Rs 115 milliards), le tourisme qui glisse dans la mauvaise direction (-10,6 % pour le 1er trimestre 2019), les exportations qui battent de l’aile, le peu de nouveaux emplois (5 400 depuis 2016, au lieu des 20 000 promis par an ), l’investissement en débandade (17,8 % du PIB pour 2015-19), le FDI mou (Rs 16,5 milliards par an sur 2015- 18, alors que l’objectif était de Rs 28 milliards, p.a.), la balance des paiements qui faiblit et qui passe au rouge pour le second semestre de 2018 (Rs 9,1 milliards), un taux d’épargne en déconfiture à 9,1 % du PIB, la consommation faisant rage. Ajoutez à cela, un endettement public de 64,8 % du PIB, qui passerait à plus de 70 % si on y incluait les «special funds», les subsides riz/farine/gaz, désormais dans le bilan STC, les actions de préférence garanties par le gouvernement sur le métro, Côte-d’Or, etc.

À écouter le ministre des Finances, on aurait pu conclure que l’on vit dans un autre pays ! Il met, lui, l’accent sur un taux de croissance ferme, qui augmente (3,8 % en 2018, 4,1 % estimé en 2020), un taux de chômage de 6,9 % (le taux le plus bas depuis 2001 !), une inflation maîtrisée (2,3 % pour 2015-18 et 1,5 % en 2019). Pour la balance des paiements, il souligne les Rs 91 milliards de surplus sur 2015-18 et les réserves de devises qui se sont améliorées de 94 % sur la même période, mais ne mentionne pas la détérioration récente. Il rappelle que la pension de vieillesse a augmenté par 71 %, que le salaire minimum a amélioré la situation de 73 800 travailleurs, que le budget santé progresse de 7,4 %, que celui de la Sécurité sociale s’est accru de 86 % en quatre ans.

Le Budget 2019-20 continue à dépenser, sans taxes nouvelles, se permet le luxe d’enlever les droits d’accise et de TVA sur le gaz, le diesel ainsi que sept autres items, accordera – en attendant le PRB – un «interim monthly allowance» de Rs 1 000 à TOUS les employés du secteur public et Rs 500 de plus à tous les pensionnés (janvier 2020), SANS augmenter le déficit budgétaire – qui reste à 3,2 % – tout en réduisant la dette du pays à 60 % du PIB, non pas en juin 2021, mais… AVANT !*

Pour réconcilier tout ça, il nous faut la cour des miracles !
C’est pour tenter le coup que la visite du pape est décrétée congé public ?

*Grâce à des surplus accumulés à la Banque centrale, paraît-il ! Par ailleurs, on vendra aussi quelques actifs, Rs 11 milliards en deux ans, sans préciser lesquels.

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