Brume électorale

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Nous ne sommes qu’au début de la saison, mais déjà les promesses fusent allant même jusqu’à friser l’indécence dans certains cas. Le populisme fait école. Le 1er mai 2019 a donné le ton de ce que sera la prochaine campagne électorale.

Réduit au simple rang de spectateur depuis les consultations populaires de 2014, le Parti travailliste revient au-devant de la scène. Son rassemblement à Port-Louis permet aujourd’hui au parti et à son leader de se repositionner sur l’échiquier politique. D’ailleurs, pour se rappeler aux bons souvenirs de ses adversaires et de son électorat, Navin Ramgoolam a tiré une série de propositions de son chapeau à l’occasion de la fête du travail.

Outre les commissions d’enquête, le leader des Rouges a promis un Economic Offenders Bill dont nous attendons d’avoir les détails, l’introduction d’une Baby Bond, la baisse de prix du carburant, un enregistrement unique pour les véhicules, entre autres. De quoi assouvir les désirs des électeurs ? Nous le saurons bien assez vite !

Répliquant aux salves de l’Opposition, le Premier ministre a annoncé, à ses partisans réunis à Vacoas, l’introduction d’une assurance maladie pour les fonctionnaires, l’extension du Métro, la construction d’infrastructures sportives dans chaque coin de l’île ainsi que le développement de plusieurs projets infrastructurels, entre autres. Les enchères sont donc ouvertes et la prochaine étape se jouera dans un mois. Nous parlons bien évidemment du Budget 2019-20 qui verra sans l’ombre d’un doute une véritable montée en puissance de Pravind Jugnauth pour tenter de mettre toutes les chances de son côté.

Avec les principaux protagonistes cherchant à marquer les esprits, la lutte s’annonce âpre dans les jours et les mois à venir. Il est malheureux de le dire mais cette bataille constitue un terreau fertile à des dérives car la brume électorale réduit le champ de vision des politiques à un seul et unique objectif : le POUVOIR.

Dans leur obsession à conquérir voire à se maintenir au pouvoir, certains politiciens finissent par perdre les pédales au point d’oublier les raisons pour lesquelles ils disent se battre. Il est donc dans notre intérêt de leur rafraîchir la mémoire.

L’électeur n’a que faire des grandes promesses. Il en connaît d’ailleurs tout un rayon tellement il a été servi au fil des campagnes électorales.

Sans compter les partielles, le pays a connu 15 élections générales. C’est dire que le Mauricien réclame désormais du concret. Autrement dit, un projet politique qui n’occultera pas sa dignité humaine. Car les inégalités demeurent un des problèmes fondamentaux auxquels il faut s’y résoudre à combattre inlassablement. Afin de s’y atteler, les politiciens ou plutôt nos politiciens doivent réaliser au plus vite que l’économie doit être au service du peuple et que ce n’est pas le peuple qui doit être au service de l’économie.

Certes, nous ne changeons pas du jour au lendemain de modèle mais il est de notre devoir de modifier progressivement nos références ainsi que nos actions dans le but de veiller à ce que le progrès qui est promis répond à celui réclamé par la population. L’île Maurice de 2020 devra donc s’inscrire dans le renouveau.

Qui se chargera de réécrire les règles afin de revenir à l’essentiel ?

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