“Intelligence system”: l’espoir enfin?

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«It’s like marking your own homework.» Cette remarque de Paul Beeby, Head of Integrity à la Gambling Regulatory Authority, faite dans sa seule interview de presse depuis qu’il a pris ses fonctions, a provoqué une certaine résonance dans le milieu hippique, surtout au Mauritius Turf Club (MTC). Où de fortes réserves seraient émises quant à la légalité des intentions dont a fait part le Britannique.

Il est clair que la Gambling Regulatory Authority (GRA), à travers son Head of Integrity, ambitionne de soumettre le MTC et ses courses à un contrôle calqué sur le modèle britannique à travers une séparation des pouvoirs.

Etant donné que le MTC se retrouve souvent dans la situation inconfortable de judge and party, dans le fond, c’est bien dans cette direction que le monde hippique devra évoluer pour qu’il soit en harmonie avec ce qui se fait ailleurs.

«Ce serait un pas gigantesque dans le combat contre les mafieux aux courses. Et au MTC, qu’on ne vienne surtout pas nous dire que les gangs mafieux ne sévissent plus au Champ de Mars. Ce n’est pas parce que les commissaires ne trouvent rien que… rien ne se passe sur la piste !»

Après tout, l’on parle souvent de l’internationalisation des courses, n’est-ce pas ? Surtout lorsque le MTC, quand il est acculé, brandit toujours fièrement son affiliation à la Fédération internationale des Autorités hippiques.

Mais dans la forme, plusieurs questions fondamentales subsistent :

(i) Est-ce que la GRA, dans sa forme actuelle, réunit les compétences nécessaires pour adopter cette politique de rupture ?;

(ii) Devra-t-elle prendre en compte les spécificités uniques des courses mauriciennes avant d’étendre davantage son contrôle sur tout ce qui bouge au Champ de Mars et au MTC ? ;

(iii) Est-ce que cette approche «internationale» ne forcera pas le MTC à être en porte-à-faux avec ses propres règlements des courses ?

Ce sont des questions légitimes puisque les courses mauriciennes, dans leur contexte actuel, ne seraient pas prêtes encore à subir cette intrusion brutale de la GRA, pas suffisamment équipée en termes de connaissances.

Paul Beeby, lui-même, le concède : «La Police des Jeux est en sous-effectif, et gagnera certainement à approfondir ses compétences en matière de courses, de betting et de contrôles antidopage.»

En revanche, l’intelligence system à l’étude à la GRA est ce dont les courses à Maurice ont urgemment besoin. Car ce système de contrôle viendrait pallier les vulnérabilités des commissaires, qui ne peuvent aller au bout d’une enquête dans un cas de tricherie. Car la loi ne leur permet pas d’aller au-delà de ce qui est défini dans les Rules of Racing.

Par contre, si la GRA vient de l’avant avec cet intelligence system, rien ne serait comme avant si l’on se fie aux promesses de Paul Beeby. «On vise à construire une gigantesque base de données. Si nous avons des informations à l’effet qu’un jockey ou autre a commis un délit, on va commencer à construire sur cette information. At-il eu des rencontres avec certaines personnes ? D’autres personnes lui ont-elles parlé pour influencer une course ? Ce système nous permettra de garder un œil sur les personnes liées de près ou de loin à l’industrie des jeux. On veut faire peur aux suspects et contrevenants.»

Ce serait un pas gigantesque dans le combat contre les mafieux aux courses. Et au MTC, qu’on ne vienne surtout pas nous dire que les gangs mafieux ne sévissent plus au Champ de Mars. Ce n’est pas parce que les commissaires ne trouvent rien que… rien ne se passe sur la piste !

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