Provoquons la rupture…

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…car Bien Qu’On ne cesse de nous répéter, depuis Margaret Thatcher, que “there is no alternative” (TINA), il se trouve que nous avons toujours le choix.

D’ailleurs au TINA, nombre d’analystes à travers le monde opposent désormais, et avec raison, un cinglant TATA (there are thousands of alternatives). C’est d’ailleurs cette quête d’alternatives qui pousse les populations à se tourner vers de nouveaux prophètes. La montée en puissance des altermondialistes et du populisme en est la conséquence.

À Maurice, les TINA connaissent également un certain rayonnement. Il suffit de tendre l’oreille pour entendre leurs discours qui visent ni plus ni moins qu’à nous convaincre de la justesse de leurs choix politico-économiques. Souvent «experts autoproclamés», les TINA prêchent une idéologie axée sur la course au produit intérieur brut car à leur sens, la marée montante devrait soulever tous les bateaux. Ce qui n’a pas été nécessairement le cas. Les nombreux rapports sur les inégalités sociales sont là pour nous le rappeler.

Mais à l’évidence, nous ne sortons pas du jour au lendemain d’une pensée économique dans laquelle nous avons été cloisonnés pendant des années. Ce tournant, si nous choisissons de l’aborder, impliquera bien plus que du yakafokon* habituel. Il reposera principalement sur une réelle capacité à se défaire des failed ideas. Autrement dit : rompre avec les pratiques qui nous retiennent vers le bas.

Or, comme en amour, la rupture n’est pas ce qu’il y a de plus facile. Pour se convaincre de son importance, il est important de se poser les bonnes questions. Ainsi, à l’approche des rassemblements politiques du 1er-Mai, l’électeur qui fera le déplacement gagnerait à se demander si le personnel politique actuel est capable de projeter ce pays que nous aimons tous vers un nouveau paradigme.

Au même titre, il devra chercher à distinguer la proposition politique des forces qui constituent le paysage local. Si celui qui se retrouvera dans l’isoloir dans quelques mois n’y parvient pas, il ne fait aucun doute : nous sommes en face d’un problème majeur. Il nous incombe donc de prendre les devants afin de forcer les politiques à ajuster leurs propositions pour qu’elles reflètent les aspirations d’un pays moderne. Le cas échéant, nous continuerons à subir les TINA et son corollaire, soit cette approche qui consiste à imposer sur la base des décisions que nous avons peine à expliquer. Le fait qu’elles émanent d’une certaine «élite» ne signifie pas toujours que c’est la meilleure voie à suivre. Alors qu’une bottom-up approach de plus en plus privilégiée ailleurs pour son efficacité permet surtout d’éviter le policy capture. Rien qu’en changeant les règles du jeu, les décideurs politiques déterminent dans une large mesure la répartition des coûts et des bénéfices dans l’économie. Le plus important dans le cadre de ce processus est donc de s’assurer que l’intérêt public prime sur toute autre considération.

À l’heure où les secteurs public et privé parlent tous deux de développement inclusif, l’occasion nous est offerte de migrer vers un système favorisant une culture d’intégrité et de redevabilité.

*(Il n’y a qu’à ou il faut qu’on)

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