Collectivités locales: en faire des acteurs de développement

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Elles engloutissent des milliards de roupies en termes de grant-in-aid chaque année. Pourtant, l’impact de leurs interventions dans l’écosystème est loin d’être visible. Ce qui donne à penser qu’il pourrait être assez limité, à moins que le contraire nous soit prouvé.

Elles, ce sont les collectivités locales. Leur rôle, ou plutôt ce qu’elles estiment comme étant le leur, a consisté jusqu’ici à être des pourvoyeurs de services de base, comme la voirie et l’entretien des infrastructures tombant sous leurs responsabilités.

Or, ces dernières décennies ont été marquées par des changements majeurs. Il est aujourd’hui question de métro, de smart cities, de start-up, de changement climatique et de pressions accrues sur les secteurs qui ont traditionnellement été générateurs de richesse nationale.

Avec le paysage qui se redessine, il y a forcément de nouveaux défis à relever. À lui seul, l’État ne pourra pas porter l’entière responsabilité. C’est là que devraient intervenir les administrations régionales. D’un système d’acteur unique, nous devons migrer vers un modèle s’appuyant sur des structures décentralisées afin de faire émerger des dynamiques locales. Un moyen de rendre lokal non seulement beautiful, mais aussi useful.

Toutefois, nous ne pouvons espérer que les collectivités locales se muent du jour au lendemain en agents porteurs de développement. Il y a inévitablement des préalables. D’abord, le pouvoir central doit contrôler sa propension à s’ingérer dans les affaires des administrations régionales. Cette culture d’interventionnisme ne date pas d’hier. Mais il est plus que temps de la changer. D’un gouvernement à l’autre, nous sommes témoins de pratiques qui sont loin d’être démocratiques, surtout lorsqu’il s’agit de l’élection des maires ou encore des présidents de conseils de districts. Dans la plupart des cas, les conseillers ne sont pas libres de choisir le premier magistrat de la ville. Le choix leur est imposé. Ceux qui décident d’aller à l’encontre des «ordres venant d’en haut» ne sont pas épargnés. Surtout si l’ordre est porté par des élus nationaux qui se transforment en shérifs le temps d’un mandat.

En sus du pouvoir central, les collectivités locales – élus et fonctionnaires confondus – doivent se remettre en question. Cet exercice est déterminant si nous voulons que les villes et villages du pays réalisent qu’il y a également une dimension locale à l’économie.

De par leur ancrage, les administrations régionales disposent de leviers d’intervention capables de créer les conditions propices à l’autonomisation de groupes vulnérables ou à attirer des capitaux dans des régions dont le potentiel demande à être exploité.

Il est un fait que l’arrière-pays regorge de richesses qui n’attendent qu’à être mises en lumière. Qui mieux que les collectivités locales pour le faire. Faut-il pour autant les sensibiliser ou encore les former à valoriser les ressources tombant sous leurs juridictions respectives. Une batterie de réformes pourraient servir à inciter les administrations régionales à sortir des sentiers battus du ramassage d’ordures et à élargir leurs domaines de compétence. Une remise à plat du système permettra également de s’assurer qu’elles viennent impulser le développement à l’échelle locale.

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