Do we still care?

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Dengue, chikungunya, malaria... mais arrêtons de tirer sur les moustiques avec nos drôles de bazookas, puisque ce sont, d’abord nous, pourtant homo sapiens sapiens, qui sommes à blâmer pour notre incivisme collecif. Combien de terrains en friche et de saletés jonchant le sol voyons nous quotidiennement ? Et que faisons-nous pour changer la donne, outre de blâmer les autres ? Pourtant il suffit de constater le rapport de l’homme à la nature chez nos frères rodriguais et nos voisins réunionnais pour réaliser que nous sommes sacrément en retard à Maurice en termes de salubrité publique ou de respect envers l’environnement...

Depuis plusieurs années déjà, nombre de nos lecteurs ont développé le réflexe de photographier les lieux insalubres, où pullulent des larves, moustiques, pneus usés, vieux matelas, débris de construction, etc., et nous envoient les photos pour notre rubrique «Who Cares» dans l’espoir que celles-ci feront réagir nos autorités. Souvent c’est le cas. Les autorités, surtout quand pointées du doigt, se montrent concernées. Mais il faut se rendre à l’évidence : les autorités, déjà ensevelies sous les plaintes, sont dépassées, et nos drains, bouchés par nous, provoquent de plus en plus d’inondations. Ici aussi avant de blâmer les «flash floods» et le changement climatique (qui viennent compliquer la donne), nous devons faire notre propre examen de conscience.

À force de voir des clichés de déchets éparpillés aux quatre coins du pays, nous sommes devenus blasés, habitués aux eyesores. D’ailleurs s’il fallait collectionner toutes les photos que nous ramènent nos reporters et nos lecteurs, on pourrait remplir tout un journal des jours durant. Cette situation malsaine va perdurer d’autant que le centre d’enfouissement des déchets est saturé.

Pourtant, tout le monde le sait : pour contrer les maladies importées, le sursaut doit avant tout venir de la population elle-même. Au-delà des clean-up campaigns ponctuelles, on doit sensibiliser et se mobiliser dès l’école primaire, mais pas que. Pour développer une conscience écologique et surtout pour ne pas prendre à partie ceux qui font des campagnes de fumigation (qui agissent en aval, quand la situation s’est déjà déteriorée). Si chacun se recroqueville chez soi, et évite de s’engager pour une salubrité commune, ce sera difficile de freiner la propagation de la dengue qui nous affecte ces jours-ci. En fait, idéalement, chacun doit profiter du danger sanitaire pour participer à la lutte pour limiter l’extension de l’épidémie. En fait, grâce aux moustiques contaminés qui nous guettent, on pourrait en profiter pour nettoyer Maurice et ses arrière-cours. À l’express, nous pensons à une stratégie pour administrer cette gifle de rappel. Sans anesthésie...À suivre !

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