La nouvelle saison de propagande

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La victoire de Pravind Jugnauth devant le Privy Council lui donne des ailes. Désormais, le Premier ministre se lance officiellement dans une campagne électorale, où exercice de communication, démagogie et propagande figurent en bonne place dans sa stratégie de conquête du pouvoir. Conscients que le leader du MSM est à la tête d'une équipe qui ne laisse pas passer un jour sans provoquer un scandale, avec ses membres plus connus pour leurs frasques – demandez à Tarolah – que leur contribution à l'Assemblée nationale, ses spin doctors orchestrent donc toute la communication du parti orange autour de Pravind Jugnauth.

Ne pouvant se permettre de provoquer des frustrations à l'intérieur de son parti et prenant soin de ne pas ébruiter les noms de ceux qui seront sacrifiés aux prochaines élections, Pravind Jugnauth capitalise pour l'heure uniquement sur ses dividendes personnels. Ainsi donc, fraîchement lavé de tout blâme dans l'affaire Medpoint, le chef du gouvernement se donne dorénavant pour objectif d'entrer à la Clarisse House par la grande porte, en donnant de sa personne, sachant que les législatives se joueront sur la qualité des candidats au poste suprême. Tous les leviers du pouvoir sont donc activés et roulent à plein gaz, avec pour toile de fond, la prochaine campagne électorale.

C'est ainsi que, sans surprise, la MBC, à travers le journal télévisé, redevient ce qu'il a toujours été : le paillasson du gouvernement du jour, avec une indécente propagande, où cette fois, un journaliste n'était pas loin de faire dire au Père Laval que Pravind Jugnauth est un saint parmi les hommes ! Tous ceux qui ont regardé le journal télévisé ce soir-là ne sont pas dupes de ces images, filmées dans le but de montrer une île Maurice plurielle, applaudissant le verdict dans l'affaire Medpoint. La suite est tout aussi rocambolesque avec une MBC qui se repentit, à travers une lettre d'excuse que le représentant de l'évêché, le père Mongelard, a dû aller chercher à Moka, scène bien évidemment filmée par l'équipe de la MBC.

S'il faut souligner les travers de la radio-télévision nationale, c'est parce que les campagnes électorales se suivent, se ressemblent et que chaque gouvernement nous rejoue le même scénario. En 2014, c'est le MSM, à travers Maya Hanoomanjee, candidate alors de l'opposition, qui refusait l'accès de la MBC à ses réunions, affirmant alors que «la MBC est censée être une télévision, pas la vitrine du pouvoir (...) C'est une machine à propagande. Chaque soir, c'est la même histoire : la MBC désinforme le pays en images et manipule l'opinion publique». Mais ça, c'était avant ! Aujourd'hui, nous assistons juste à un renversement de rôle, avec cette fois, l'opposition de Ramgoolam qui s'en prend à l'outil de propagande qui a pourtant bien servi, et qui est maintenant à l'usage de Pravind Jugnauth et de ses communicants.

C'est dire que les Premiers ministres se passent le témoin entre deux familles et, à la veille des 51 ans de notre Indépendance, la MBC demeure ce qu'elle a toujours été : la caisse de résonance de ceux qui sont au pouvoir. S'il est important de garder notre capacité de raisonnement et de critique, c'est que, sans le dire officiellement, même s'il affirme que «ena pe reve ki eleksion pou dime. Mo dir zot kontigne reve parski reve gratis sa. Mo pe travay pou al prezant mo prosin bidze (...)», Pravind Jugnauth fait déjà sa campagne électorale. Personne n'est dupe.

Son omniprésence à Grand-Bassin (pour parfaire l'image pieuse qu'il avait déjà commencé à construire l'an dernier), la récente décision sur la gratuité des études supérieures, la promesse faite aux futures femmes entrepreneures lors de la Journée internationale des femmes (on notera qu'il n'a rien dit sur la nécessaire parité en politique), l'annonce faite par lui sur l'aide allouée aux quadruplés ainsi que les frais médicaux des bébés siamois, font partie des mesures sur lesquelles il pense tirer profit. Et même quand il décide de ne pas rencontrer les travailleurs désespérés de Palmar Ltée, il essaie de tirer son épingle du jeu en mettant la faute sur les employeurs. C'est la nouvelle saison de propagande. À nous, les citoyens de prendre note !

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