Maurice, une marque à construire

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Dix ans après le fameux «Maurice, c’est un plaisir !», un slogan tombé aux oubliettes, l’Economic Development Board (EDB) s’est donné pour mission de doter le pays d’une nouvelle marque.

Un exercice, pour dire le moins, très complexe. L’agence qui se verra confier la lourde tâche de proposer une «marque Maurice» ne manquera pas d’en témoigner. Mais telle n’est pas la préoccupation première. Ce qui devrait nous intéresser après la polémique entourant les honoraires de Rs 31 millions payés à la firme britannique Acanchi pour ses services en 2009, c’est pourquoi Maurice a-t-il besoin d’une image de marque ?
  
D’abord, soyons d’accord sur un point précis : une marque, préférablement de renom, est aujourd’hui un atout de taille pour se démarquer dans un environnement hautement concurrentiel. C’est valable pour une entreprise mais la même logique s’applique dans le cas d’un pays. D’où l’intérêt du nation branding.
  
Déjà réputé pour ses paysages paradisiaques, l’on peut, toutefois, légitimement s’interroger sur la pertinence de trouver une image à Maurice. Aussi incongrue que la démarche puisse paraître, aux yeux des contribuables, elle est, selon les pouvoirs publics, tout à fait justifiée. Leur raisonnement : «Nous ne pouvons plus continuer à nous appuyer sur une approche fragmentée pour la promotion de Maurice à l’étranger. Que ce soit pour promouvoir les exportations ou encore pour attirer l’investissement.» Le discours budgétaire 2017-18 va même jusqu’à qualifier la présente approche d’inefficace car ne pouvant plus «répondre à l’ambition de porter le pays à un stade supérieur de son développement».
  
Un slogan et un logo résoudront-ils la problématique définie par le ministre des Finances ? Certainement pas ! Mais une bonne stratégie autour de la «marque Maurice» pourrait contribuer à réinventer le Made in Mauritius. Il est un fait que face à la concurrence, la compétitivité de plusieurs industries locales sur les marchés extérieurs s’est effritée au fil des années. Les turbulences dans le textile et l’habillement ainsi que les difficultés du secteur sucrier sont là pour nous rappeler que les filets de sécurité ont disparu. Cet environnement mondial en pleine transformation nous impose d’être plus innovants afin de trouver des réponses aux défis les plus urgents. Dans cette quête identitaire, plusieurs questions se poseront inévitablement aux commanditaires d’une nouvelle image pour Maurice. À commencer par quelle renommée veut-on construire ?
  
Cela va sans dire que pour jouer dans la cour des grands, le pays doit impérativement se donner les moyens de ses ambitions. Les road shows tels que nous les avons connus jusqu’ici peuvent-ils répondre efficacement aux effets disruptifs de la technologie ? Va-t-on continuer à privilégier la forme au détriment du fond ? Est-ce que nos missions diplomatiques à l’étranger sont capables d’un sursaut pour devenir de vraies ambassadrices de la «marque Maurice» et faire en sorte que la diplomatie économique ne demeure plus un vain mot ?
  
Au lieu de diviser, comme c’est malheureusement trop souvent le cas à Maurice, le processus de nation branding doit être fédérateur afin de dégager un message commun qui reflète clairement nos aspirations et notre positionnement comme un pays où il fait bon vivre. Un message que nous porterons ensemble hors de nos côtes.

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