L’Afrique, quelle intégration ?

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Un éternel débat, mais qu’il est fort utile de relancer alors que cette année marque les vingt ans de l’introduction de l’euro. Doit-on foncer tête baissée vers une Afrique sans frontières ou encore quelles leçons tirer de l’intégration européenne ?

Avant de tenter d’approfondir ces questions, il est nécessaire de cerner le paysage. Il n’a échappé à personne que nous vivons aujourd’hui dans un monde fracturé. Si en Europe ou ailleurs, les institutions multilatérales sont unanimes à prédire un ralentissement ici en Afrique, les institutions continentales sont moins pessimistes pour l’avenir.

Eu égard aux performances économiques générales, la situation est même considérée comme «bonne». Mieux, il est prévu que les perspectives sur le continent s’amélioreront. Le taux de croissance sera d’ailleurs, selon la Banque africaine de développement (BAD), en hausse cette année. Les dernières estimations le portent à 4 % en 2019 et à 4,1 % en 2020. Mais pas de quoi pavoiser ! Car même si ce niveau de croissance ferait des jaloux dans les pays développés, voire dans certains pays émergents, il n’en demeure pas moins vrai que le taux reste «insuffisant» pour confronter les défis structurels que constituent, au regard de la BAD, les déficits courants et budgétaires persistants et la vulnérabilité de la dette.

Améliorer la trajectoire actuelle de la croissance et la rendre plus génératrice d’emplois s’avère donc un défi de taille pour les acteurs publics et privés du continent. Une partie de la réponse, selon de la Banque africaine de développement, se trouverait dans cet idéal politique qu’est l’Afrique sans frontières !

Pour convaincre les moins téméraires, l’institution financière consacre tout un chapitre à l’enjeu de l’intégration dans son édition 2019 des Perspectives économiques en Afrique. Ses analystes estimant que la «prospérité économique de l’Afrique passera invariablement par l’intégration».

Pourquoi prôner une Afrique sans frontières ? Le fondement de la réflexion repose sur le fait qu’un marché continental concurrentiel pourrait se transformer en un centre d’affaires au plan mondial. Aux yeux de la BAD, cela ouvrira la voie à une production agricole et industrielle par-delà des territoires nationaux et déboucherait sur des économies d’échelle beaucoup plus attrayantes pour ceux en quête d’opportunités d’investissement. Les marchés deviendront également plus accessibles pour les grandes comme les petites entreprises.

Les arguments plaidant en faveur d’une Afrique intégrée sont nombreux mais les freins à sa concrétisation le sont tout autant. Faut-il également que les décideurs politiques et économiques orientent leurs réflexions de façon à créer une dynamique générale pouvant être vecteur de cette intégration tant souhaitée.

Certes, ce ne sera pas évident. L’Europe en est la preuve. Surtout lorsqu’il s’agit de trouver des boucs émissaires aux problèmes nationaux, le marché unique a souvent bon dos. Avec raison dans certains cas, mais il n’empêche que l’intégration européenne n’a pas que du mauvais. Les littératures économiques sont là pour le rappeler. Et la tendance à la diabolisation de l’euro qui s’était dessinée à une époque s’est estompée. Même la coalition populiste italienne qui voulait défier les règles de l’euro a vite fait de se raviser lorsque les épargnants italiens avaient commencé à boudé les obligations de l’État.

Les tergiversations des Britanniques après avoir pourtant voté en faveur du Brexit sont aussi riches en enseignements !

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