Bien investir, c’est investir dans les personnes

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Elle aura été de très courte durée. La confiance affichée, l’année dernière, par la communauté des affaires à l’échelle internationale s’est étiolée au fil des mois. C’est ce que révèle la 22e édition de l’Annual Global CEO Survey de PwC.

Selon l’étude, 29 % des chefs d’entreprises – 1 300 ont été interrogés dans 91 territoires – prévoient un repli de la croissance économique globale. Un revirement majeur car ils n’étaient que 5 % seulement à faire preuve de pessimisme en 2018.

Pour retrouver ce niveau de confiance, il faut remonter à 2013. Mais le contexte était totalement différent. «En 2013, l’économie faisait face à une crise de la dette publique, une envolée du chômage et une chute de la consommation, et la croissance n’avait pas passé la barre des 3 %, tandis que pour 2019, le FMI prévoit une progression du Pib mondial de 3,7 %», souligne PwC.

Au cœur des préoccupations des dirigeants d’entreprises : certaines politiques gouvernementales. À Maurice, même si les perspectives demeurent positives, il est un fait que l’indice de confiance est descendu de son pic de 2017, constate Anthony Leung Shing. Le Country Senior Partner de PwC Maurice identifie le manque de talents comme un frein à l’activité économique.

C’est effectivement un des défis à relever, parmi tant d’autres qui sont connus déjà des acteurs mais le danger serait de croire que la responsabilité repose uniquement sur les épaules de l’État. Seuls les pouvoirs publics ne pourront gagner la bataille de la compétitivité. Au lieu de se recentrer sur elles-mêmes et de délaisser les stratégies de croissance lorsque les nuages gris commencent à s’amonceler dans le ciel, il serait plus judicieux pour les entreprises de travailler de façon à redynamiser l’écosystème.

Pour dicter l’avenir au lieu de subir les évènements passivement, il est vital pour les agents économiques de miser sur les nouvelles technologies. Or, qui dit nouvelles technologies dit aussi nouvelles compétences. Il est inimaginable en 2019 de concevoir des plans d’action excluant la formation des ressources humaines. Oublions un moment la quatrième révolution industrielle dont il est souvent question ces jours-ci et attardons nous tout simplement sur la préservation des acquis. Celle-ci passera irrémédiablement par des investissements dans l’économie de la connaissance.

«Bien investir, c’est investir dans nos personnes…», avait récemment déclaré le président rwandais, Paul Kagame. La pertinence de ces propos se mesure dans un rapport de la Banque mondiale sur l’économie mauricienne. Dans ce document, l’institution avait mis en exergue le fait que l’indice d’inadéquation des compétences s’était creusé de 30 % entre 2001 et 2010. Cette situation est la résultante d’une forte demande pour des travailleurs hautement qualifiés alors que l’offre est demeurée insuffisante.

Aussi longtemps que ce déséquilibre ne sera pas adressé efficacement, il serait illusoire de nourrir de grandes ambitions !

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