Rêver les yeux ouverts…

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Flash-backs, rétrospectives, regards dans le rétroviseur, sont des exercices importants sans doute. Il ne faut pas oublier le passé. Il faut en tirer des leçons. Mais il ne faut pas non plus être prisonnier de ce qui s’est déjà passé en pensant, un peu fataliste, que «c’est comme ça» et, donc, que rien ne changera.

Ainsi l’invitation à rêver. D’un monde meilleur. Ou du moins d’un monde amélioré et débarrassé de ses travers les plus funestes et de ses furoncles les plus purulents. Car, comment en effet changer le monde si on ne peut pas, soi-même, changer d’horizon, puis croire autre chose possible et avoir la volonté de changer ?

On rêvera donc d’abord d’une planète qui respirera mieux parce que beaucoup plus de ses habitants auront pris conscience qu’il faut vraiment changer nos modes de vie. Dans le monde dit en «développement», il faudra brûler moins de charbon, cuire moins sur le bois, ne pas polluer les rivières et les nappes phréatiques, filtrer les gaz (SO, NO) constituant le smog qui asphyxie Dehli, Pékin ou Kaduna. Dans le monde dit «développé», réduire l’usage des hydrocarbures et favoriser le «renouvelable», manger moins de protéine animale, voyager moins, recycler plus, partager plutôt que vouloir tout garder pour soi et comprendre que la grandeur d’un pays ne se mesurera pas à ses murs, à ses capacités d’accaparement et à sa «voracité consumériste» selon les mots sages d’un pape.

On rêvera que Trump se réveillera un beau matin avec la révélation métaphysique qu’il n’est, en fin de compte, pas ce qu’il faut aux États-Unis et qu’il… se donne sa démission. On rêvera d’une Syrie syrienne, sans Russes, sans Turcs, sans Américains, sans Iraniens…, sans Assad. On rêvera d’une Afrique du Sud forte, intègre, grandement affranchie de la pauvreté de ses marginaux, rétablie dans les bottes de Mandela, ainsi que d’un Congo libéré de l’Ebola et de Kabila. On rêvera devant la mélasse actuelle, d’un nouveau référendum «Brexit» qui, au vu des  conditions réelles plutôt que celles souhaitées il y a 2 ans, mène a un vote de, «apres tout, on reste !». Comme après une bagarre maritale et une bonne journée de réflexion. On rêvera de démographie mondiale en baisse – en ligne avec les aspirations individuelles de consommation accrue, notamment dans le tiers monde et des capacités forcément limitées de la planète.

On rêvera de réduire les inégalités de toutes sortes. S’il faut admettre que tous les humains ne sont, d’évidence, pas égaux, tous méritent des chances égales, notamment sur les fondamentaux que sont l’éducation, la santé et l’emploi. Il est aussi temps de réagir face à ceux qui accumulent du capital au-delà du raisonnable. Si on est «super» riche et que l’on partage ou que l’on réinvestit productivement, comme Bill Gates et autres, pas de problème, mais au lieu des baisses de taxe «à la Trump» pour les 1% de super riches, style frères Koch, ce sont des super taxes sur le capital improductif, au-delà d’une certaine limite, qui sont véritablement nécessaires ! Si les 1 % les plus riches de la planète possèdent désormais 50 % de ses richesses (rapport du Credit Suisse, Guardian 14/11/2017), par quel raisonnement cartésien peuton conclure que c’est… raisonnable ? Rappelons qu’Oxfam va plus loin en affirmant que seulement 42 individus mondialement possèdent autant de richesses que les 50 % les plus pauvres de la planète ! Rappelons qu’au niveau des revenus, il faut engranger $422 000 en moyenne par an, aux États-Unis pour faire partie des 1 %.

Au pays, on rêvera d’une route Terre-Rouge– Verdun enfin terminée (et désormais stable !), d’une 1e phase réussie du Metro express (le vin est tiré, autant le boire !), de moins de morts sur nos routes, d’un beau jaillissement de productivité nationale qui engendre plus d’investissement productif, d’emplois mieux rémunérés et d’exportations, de moins de petites pollutions irresponsables en bordure de route, à la plage, dans nos rivières… On rêvera de leadership politique oint désormais par la grâce de se savoir investit non pas d’une mission de «political point scoring», de favoritisme aberrant et de vengeance stupide, mais bien de la responsabilité du progrès d’ensemble du pays, évitant le gaspillage et l’arrogance, favorisant l’égalite des chances et le traitement impartial des citoyens par des institutions véritablement libres et indépendantes. On rêvera d’un frein matériel au désespoir de la pauvreté, des drogues dures et de la nation «zougadere», à la désespérance de la petitesse d’esprit, du manque de discipline, et du mauvais goût. On rêvera d’une société civile encore plus engagée, d’une montée de solides relèves jeunes pour s’affranchir de la calcification de nos leaderships politiques, d’électorats réfléchis capables de voir au-delà de l’émotionnel et du mirage du «bout» personnel.

On rêvera de logique, de raison. Partout. Prenez la route Terre-Rouge–Verdun pour aller vers le Sud. Apres le 3e rondpoint (celui qui va vers Montagne-Longue), vous croiserez, après quelques centaines de mètres, des «speed cameras» qui vérifient si vous faites moins de 110 km/h. En sens inverse, vers le Nord, le contrôle de vitesse, exactement au même point «Google Map», se fait à… 80 km/h ! Quelle logique ? Est-ce dû au danger potentiel crée par le vent arrière des alizés du sud-est ? Quelle logique de nommer des personnes politiquement mouillées à des postes requérant une indépendance farouche et une liberté de réflexion réelle, comme à l’Electoral Supervisory Commission, à l’ICAC, à la Banque centrale ou à la MBC, entre autres ?

On rêvera de beaucoup de médailles aux prochains Jeux des îles, de réservoirs remplis et de robinets qui coulent 24/7, avec un prix du mètre cube adéquat pour éviter le gaspillage et assurer rapidement le remplacement des 1600 km de tuyaux défectueux. (On a remplacé 176 km l’an dernier). On rêvera d’un secteur privé encore plus conscient de ses responsabilités sociales, malgré le kidnapping du CSR par le gouvernement – appelons cela une taxe et avançons ! On rêvera que le gouvernement stoppe le népotisme, la corruption et le gaspillage qui handicapent sûrement leurs chances de réélection, mais accablent, par ailleurs, nos poches et notre fierté nationale ! On rêvera de la fin d’un monopole tétanisant dans le port. On rêvera que l’on cesse d’utiliser le mot «hub» à toutes fins, alors que nous ne sommes que des poussières dans l’océan. On rêvera encore d’une Freedom of Information Act, d’une réforme électorale qui soit vraiment plus démocratique, d’une nation mauricienne moins morcelée.

On rêvera d’un Tarolah avec sa langue dans sa poche, de moins de «gopias» au Parlement, de Soodhun enfin ambassadeur de l’Arabie et de Japonais qui ne prennent pas Koonjoo pour une baleine…

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