Questions D’angle…

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La prochaine fois que vous vous direz que vous avez travaillé «bien bien dur aujourd’hui» et que vous aurez été au travail en bus ou en voiture, peut-être bien climatisée, peut-être avec un chauffeur, que vous vous seriez assis dans un ou plusieurs comités, peut-être un peu barbants, peut-être un peu stressants, surtout si c’est vous qui faites la présentation, que vous aurez lu les 80 e-mails que vous aurez reçus (dont peut-être la moitié ne mérite d’ailleurs aucune réponse), que vous aurez pu lire le journal et «mettre un dialogue» ou deux à la faveur d’une tasse de thé ou d’une autre, que vous aurez surfé un peu et écrit trois lettres sur votre ordinateur, que vous en aurez signé peut être une vingtaine, ainsi qu’une bonne douzaine de documents internes, ayant visé ceux l’accompagnant et peut-être même interrogé la comptabilité pour une explication additionnelle… ayez une petite pensée pour ceux qui ce jour-là se sont levés à 5 heures du matin, qui ont été travailler à pied ou à bicyclette et qui, fortement protégés par de vieux vêtements pour être à l’abri du soleil d’été accablant ou des égratignures éventuelles, ont sué leur journée à transporter des pierres, du ciment ou des paniers de terre ou à faire toute autre tâche manuelle ingrate que nous ne saurions faire. Prenez alors conscience de votre privilège et souhaitez au moins mieux pour ceux-là, les forçats qui restent de notre monde.

Comme Forrest Gump, je n’ai plus rien à ajouter à ce sujet.

Le Premier de nos ministres, l’honorable Pravind Jugnauth, est apparemment furieux contre l’express qu’il accuse, faussement, d’avoir un axe de collaboration avec Paul Bérenger et d’avoir publié des textes qui n’ont, en fait… pas été publiés. La documentation est là pour le prouver ! L’express n’est pas «de connivence» avec Bérenger. Il n’y a aucune «entente» avec quiconque, sauf nos lecteurs. L’express n’a jamais rapporté les paroles de Bérenger disant qu’il y avait des journalistes dans l’hélicoptère qui filmaient une saisie de drogue en mer. Quand le PM nous demande alors de prouver ce que LUI dit que nous avons écrit, alors que c’est faux, on frise, bien entendu, le délire !

Mais il faut aussi tenter de comprendre pourquoi Pravind Jugnauth nous utilise comme la tête de Turc de circonstance. En fait, il n’y a pas  10 000 explications. Soit il s’est trompé, ce qui peut arriver, surtout si un «conseiller» mal intentionné lui a soufflé cette ineptie, dans lequel cas, en l’absence prévisible d’excuses, il n’a qu’à se taire et ne plus répéter sa désinformation. Soit encore c’est délibéré et cela fait partie d’une stratégie d’essayer de miner notre crédibilité, afin, je suppose, qu’il puisse dans les mois à venir accuser le journal de «fake news», un peu à la manière de Trump, et donc jeter le doute sur toute information gênante pour son gouvernement que l’express pourrait publier entre maintenant et les prochaines élections générales ?

Il faut ici le répéter : l’express n’a pas d’agenda politique et n’a pas d’agenda, outre celui de soutenir tout ce qui peut favoriser le développement du pays et le bonheur de ses habitants. Ce n’est déjà pas une mince affaire, d’autant qu’on veut souvent nous manipuler, et que nous ne sommes pas infaillibles comme certains. Mais Pravind Jugnauth gagnerait à se souvenir que ce même journal indépendant lui paraissait pourtant bien motivé quand il était… dans l’opposition !

En fait, ce n’est pas nous qui avons changé quoi que ce soit à notre mission de sentinelle indépendante, mais bien son parti et sa propre personne qui, du statut, plus facile et moins blâmable d’opposant critique, est passé à celui de gouvernant prenant des décisions, malheureusement bien trop souvent pires que celles de son prédécesseur. Ce qui ne veut évidemment pas dire que toutes ses  décisions sont mauvaises et la collection de l’express est là pour en témoigner.

C’est seulement votre angle sur la question qui a changé, M. le Premier ministre !

Prenez maintenant la question du Brexit. Il y a eu un referendum, c’est vrai. Mais c’était en juin 2016, donc bien avant la finalisation des conditions du Brexit, qui ne changeront plus maintenant même (surtout !) si Boris était à la manoeuvre. En fait, le vote pour le Brexit voulait dire toutes sortes de choses différentes pour les électeurs, y compris des votes sanctions et des votes pour du mensonge, comme, par exemple la promesse que la Grande-Bretagne économiserait 350 millions de livres chaque semaine qu’elle pourrait ainsi dépenser dans le National Health Service. Alors, accepter le Brexit négocié par Theresa May maintenant, n’est-ce pas accepter des conditions qui étaient inconnues avant juin 2016 ! C’est comme si un jeune homme allait à un «blind date» sur la base d’une annonce d’intention de mariage, décrivant une «belle jeune fille, élancée, avec dot» et qui découvrait, au rendez-vous, une jeune fille, certes, mais soulevant 125 kilos, avec un seul oeil, plusieurs dents pourries et dont le compte en banque est à plat… À ce moment-là, le jeune homme, comme Theresa May aujourd’hui, doit-il se sentir obligé d’honorer son intention première, plutôt que d’avoir la possibilité de revoir sa position ?

Question d’angle, sans doute, mais un peuple qui vote le Brexit sans en connaître les conséquences n’a-t-il pas le droit de reconsidérer son vote au moment où les conséquences deviennent plus claires ?

Mettez-vous finalement dans la position des habitants de la rue sir Virgil Naz, à Rose-Hill, où un tuyau d’eaux usées, selon la formule PC, a été endommagé par Metro Express Ltd. On peut comprendre leur désarroi et leur profond désagrément. Sentir la merde, surtout celle des autres, (formule non-PC) est particulièrement affligeant. Cependant, il est difficile de concevoir que des piqûres de moustique peuvent résulter de cet accident majeur, d’autant plus si les personnes en question, des vieux de plus de 80 ans, disent, depuis, fermer leurs portes et leurs fenêtres «tous les jours» ! Des nausées, des maux de tête, des vomissements, de la diarrhée causés par du tout-à l’égout on peut imaginer, mais des maux de gorge paraissent improbables tout de même, à moins que l’on ait les pieds trempés dans la gadoue pendant 15 jours ?

Ce qui nous mène à l’autre angle. Celui des responsables. Au lieu de laisser fermenter la situation depuis le 1er novembre, d’essuyer des problèmes d’image avec la diarrhée des uns et les nausées des autres, pourquoi n’avoir pas offert à la centaine d’habitants de sir Virgil Naz un séjour à l’hôtel ou dans un camp de vacances, en attendant le rétablissement de la situation ? C’eut été un beau geste, cela aurait permis des travaux plus rapides, en toute sérénité et cela n’aurait certainement pas coûté les Rs 10 millions du procès institué depuis…

Se cabrer, se braquer, automatiquement, sans réfléchir, ça sert à quoi, sinon à donner un angle à exploiter à des tiers ?

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