Le coût de l’ingérence

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L’ingérence politicienne coûte cher. Elle n’est peut-être pas visible au grand public puisque cela se passe dans le cadre feutré des conseils d’administration. Mais sur les résultats financiers, cette ingérence politicienne saute souvent aux yeux, par exemple à la State Bank of Mauritius (SBM) ou à Air Mauritius, en termes de dépenses.

Face à l’absolutisme du MSM, qui marchande pratiquement tout sur son passage, y compris les vraies-fausses interviews, il existe, heureusement, quelques lanceurs d’alerte pour faire émerger des faits. L’express reçoit souvent des pistes de la part de ceux qui ne savent plus vers où se tourner afin de dénoncer les travers de ce régime.

Dans une lettre anonyme envoyée, il y a une dizaine de jours, signée d’actionnaires de la SBM, ceux-ci estimaient que Nayen Koomar Ballah, secrétaire au cabinet et chef de la fonction publique, ne pouvait, humainement, pas accomplir sa tâche de Chairman de la banque puisqu’il est écartelé en permanence entre les multiples fauteuils qu’il occupe à tour de rôle et/ou en même temps. Ce qui fait dire aux actionnaires que les centaines de milliers de roupies qui sont versées au cousin de lady Jugnauth sont souvent plus que du gaspillage.

Face aux pertes affichées, cette semaine, par Air Mauritius, un petit actionnaire nous prie de faire la lumière sur ce qui s’y passe réellement au niveau du pilotage stratégique. «Time and again ‘exogenous’ factors – rocketing fuel prices, depreciation of the rates of exchange, competition, etc. are being singled out as the main culprits threatening both the airline’s survival and its shareholders’ interests. Airlines across the globe are facing similar challenges and have developed the capabilities to be sustainable while withstanding such shocks. Are the main culprits to be found elsewhere ?»

Air Mauritius, qui emploie directement plus de 3 000 personnes, a connu pas moins de dix CEOs depuis l’an 2 000. À quoi ça sert de recruter des professionnels de l’aviation et de développer des Business Models sur le papier si on maintient des Prakash Maunthrooa et des Bissoon Mungroo sur un board présidé par un Arjoon Suddhoo aussi docile que les attachés de presse vis-à-vis du pouvoir ?

Dans le même carré des buildings, un peu plus loin dans la capitale, il y a la Banque de Maurice. Si le bilan financier, tant attendu, n’est pas encore disponible, il n’est un secret pour personne que les comptes pointeraient vers le zéro. Alors qu’ils sont assis sur des réserves (Forex Reserves) de plus de USD 6 milliards – soit environ Rs 200 milliards, le gouverneur de la Banque centrale et ses deux Deputy Governors ont été pourtant choisis en raison de leur ‹compliance› politique. Depuis que le trio Googoolye-Padayachy-Punchoo (un vrai cocktail) est à la barre, la Banque centrale serait sur le point de générer un retour sur investissement de seulement… 0,5 %, pour la période 2017-2018 ! Une bonne partie des sous générés a été engloutie par des limousines, salaires et per diem surdimensionnés du trio GPP.

Comme dans le cas du Metro Express, voila où nous conduit l’incompétence à la tête du pays, couplée à l’interventionnisme politique. L’heure est grave, puisque nos dirigeants ne connaissent pas l’importance d’une Air Mauritius solide, d’une SBM performante, d’un régulateur indépendant comme aurait dû l’être la Banque centrale, et d’une presse plurielle, libre et libérée de ses mercenaires, qui veulent concurrencer la MBC sur les ondes de la MBC…

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