En quête d’alternatives

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Désabusé. Les populations à travers le monde expriment de plus en plus leur ras-le-bol face à des systèmes politiques qui les méprisent.

Contraints donc de rechercher des lendemains meilleurs, les citoyens n’hésitent pas à sortir des sentiers battus. C’est ainsi que nous avons eu droit au printemps arabe, au référendum en faveur du Brexit ou encore à l’élection de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale.

Tout comme les États-uniens, leurs voisins latinos ont également fait un virage à droite. Cette tendance apparue en Amérique latine après la crise de 2008 s’est accélérée depuis. L’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, le mois dernier au Brésil, confirme ce changement de cap. En Europe, les Italiens ont aussi glissé vers la droite alors qu’en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a annoncé son retrait de la politique active dans trois ans. Une décision qui intervient après la piètre performance de son parti et qui a vu l’entrée de l’extrême droite au Parlement régional.

Dans ce genre de situation, la motivation des électeurs est plus que limpide. Il s’agit d’envoyer un signal fort à ceux qu’ils ont porté au pouvoir pour trouver des solutions à leurs préoccupations quotidiennes mais qui au final s’en sont éloignés pour mieux se servir. Cette rupture de contrat se paye donc très cher. Quitte à ce que le citoyen se morde les doigts par la suite en assumant son choix.

Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam vont s’entredéchirer, seuls ou en alliance, jusqu’aux prochaines législatives

Pouvons-nous le condamner à vouloir chercher du réconfort et aussi des réponses auprès de ceux qui lui donnent l’impression de partager sa peine? Une étude réalisée en 2016 dans 22 pays montre que la rhétorique populiste séduit une large frange de la population des cinq plus grands pays d’Europe.

À Maurice, la surenchère politique a également démarré avec deux principaux protagonistes donnant le coup d’envoi de la campagne électorale à la veille des célébrations marquant la fête de Divali. La bipolarisation de la scène locale fait que Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam vont s’entredéchirer, seuls ou en alliance, jusqu’aux prochaines législatives. Pas la peine de demander sur quelle base. Car les discours qui ont été prononcés jusqu’ici donnent déjà un aperçu de ce que sera l’aire de jeu des deux leaders politiques dans les mois à venir.

Dans le fond comme dans la forme, les récentes interventions des acteurs politiques n’ont rien de rassurant, surtout par rapport aux défis économiques et sociaux qui nous pendent au nez. Le drame pour le citoyenélecteur, c’est qu’il n’a encore rien vu ou plutôt entendu. Au fur et à mesure que l’on avancera sur la route menant aux élections générales, les annonces deviendront encore plus farfelues. Pire, elles seront développées en fonction du profil de l’auditoire et de l’électorat. Et ce dernier, pleinement conscient, de sa capacité de séduction en période électorale tentera par tous les moyens d’en tirer le maximum de profit. Un bénéfice très souvent éphémère. Mais, là encore, qui est à blâmer ?

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