Baleines, indianocéanie et macronie

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Outre d’être un ensemble d’îles, l’un des critères définissant le bassin dit«indianocéanie» est que celui-ci est un sanctuaire saisonnier des baleines.C’est ce qu’a relevé hier le chercheur Christian Germanaz à l’université de La Réunion lors d’un col- loque régional. Alors que desscientifiques se penchent, de manière dépassionnée, sur les fondements d’une approche pertinente des îles du sud-ouest de l’océan Indien – courtisées pour des raisons géostratégiques – , afin de dégager les contours géographiques du concept indianocéanique et de sa zone économique exclusive, la polémique sur les baleines vient nous rappeler que ces îles si proches géographiquement, mais sidifférentes culturellement, se singularisent par des disparités de développe- ment économique, de gestion des territoires et de participation aux réseaux mondiaux.

Cette «indianocéanie», si chère à la COI, demeure encore un concept flou à bien des égards. Une des questions d’ailleurs est de savoir s’il faut, oui ou non, délimiter la zone,«se recroqueviller» sur soi dans cette partie de l’Afrique subsaharienne, afin de réclamer une reconnaissance insulaire pour nos pays, et leurs spécificités ? Ou faudrait-il laisser l’espace libre, comme c’était le cas avant la colonisation par exemple, aux courants du monde ? «Les baleines n’ont pas de passeport, contrairement aux humains. Pensons-nous pouvoir tout légiférer, tout contrôler ?» faisait remarquer un étudiant en géographie. J’ai failli lui répondre : tant mieux pour les baleines et les requins, ils n’ont pas à subir des Koonjoo ou des Gayan et peuvent migrer ailleurs, en traversant des frontières invisibles.

Mais, sérieusement, il est important d’y répondre, collectivement, lorsqu’on dispose des ressources maritimes en commun.Doctorante en droit international de l’environnement à l’université de La Réunion, Stéphanie Sorby, dans la presse réunionnaise,martèle que si les mammifères marins ne seront peut-être pas concernés par le projet d’accord de pêche entre le Japon et Maurice, il est utile de préciser que «La Réunion et Maurice sont dans le sanctuaire baleinier de l’océan Indien (…) À l’intérieur, la chasse commerciale est interdite».

Au lieu de brandir des menaces de boycott touristique contre Maurice, comme c’était également le cas quand il s’agissait des moustiques du chikungunya, ou de la «crise requin» de 2011, il est important que la zone arrive à oublier ses intérêts concurrentiels pour développer une stratégie commune, au-delà des divergences culturelles. Mais, cela semble être bien plus facile à réaliser sur le papier que dans la vie réelle… D’où la difficulté des Îles Vanille ou de l’Indianocéanie de voguer ensemble sur les eaux tumultueuses de la mondialisation.

***

C’est par médias interposés que les ministres choisissent d’abandonner le camp Macron. Comme quoi la com est une arme à double tranchant. Après Nicolas Hulot sur des ondes radiophoniques, c’est un deuxième ministre de l’équipe d’Emmanuel Macron de «maintenir sa démission», cette fois-ci dans les colonnes du Figaro, malgré les supplications du président de la République française. Après l’Écologie qui a perdu sa boussole, il s’agit cette fois-ci du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

 Après l’euphorie de la Coupe du monde, les crises politiques se suivent pour un Emmanuel Macron qui désormais marche de plus en plus seul, comme le relève le dessinateur de presse Souch. Déjà l’exemplarité prônée par la Macronie avait volé en éclats quand le journal Le Monde avait montré les images du garde du corps privé du président de la République, le désormais notoire Alexandre Benalla, casqué et portant un brassard comme des policiers anti-émeutes (usurpation d’uniforme !), frappant, en pleine rue, un manifestant, le 1er mai dernier à Paris. Une scène qui rappelait les «tontons-macoutes» des régimes totalitaires.

 L’affaire Benalla (en raison de la proximité de Benalla avec le couple Macron) est devenue une affaire d’État en France, soit le premier gros scandale politique que doit gérer le régime Macron. La démission, cette semaine, du premier flic de France découle de cette dégradation des mœurs sous la Macronie. Il faut que les apprentis-cuisiniers de chez nous se méfient de leurs tentatives d’instaurer un État dans un État… en reproduisant la com à la Macron !

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