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Tout le monde devine facilement que Kusraj Lutchigadoo, le mécanicien-millionnaire, ne fabriquait pas de la vitamine C pour la mélanger avec du thé à Sewraj Road, Triolet. Tout comme on pense tous qu’il n’aurait jamais pu quitter seul sa cellule de détention à Vacoas, ni aurait-il pu espérer que les données incriminantes de son cellulaire s’effacent comme par magie, sans la complicité de policiers mafieux, qui incarnent les dérives de notre lutte anti-drogue.

La proximité de Lutchigadoo avec Ashish Dayal, «star witness» de la police dans le procès contre Gro Dereck, vient confirmer nos doutes. Si tout est fait pour que Lutchigadoo, comme Dayal, ne fasse pas l’objet de trafic de drogue, l’on est en droit de se demander jusqu’où on pourrait aller pour tirer Lutchigadoo d’affaire.

L’épais dossier Lutchigadoo ternit encore un peu plus l’image négative de l’ADSU, dont le démantèlement est à l’agenda, du moins si l’on n’enterre pas le rapport Lam Shang Leen. La récente disparition de 16 kilos d’héroïne de la cargaison record de l’axe Dewdanee-Kistnah ; la mort du constable Hureechurn au centre de détention de Moka dans une cellule où les caméras CCTV ne fonctionnaient pas ; la remise en liberté du policier Gary Gopaul ; l’arrestation de Kistnah au Mozambique par un proche du PMO, sa détention prolongée aux Casernes centrales, les liens établis entre l’ADSU et certains avocats, dont JadooJaunbacus et Teeluckdharry, sont autant d’éléments troublants. Quand on y ajoute les manœuvres policières autour du reward money – qui se partage dans la plus grande opacité – l’on ne peut que remettre en cause le système actuel.

Si le Premier ministre n’a pas manqué de féliciter l’ADSU, malgré les conclusions du rapport Lam Shang Leen, ailleurs d’autres gouvernements, comme au Mexique ou en Italie, ont fini par comprendre qu’il importe, des fois, de faire le grand ménage afin de repartir du bon pied, sur de nouvelles bases, c’est-à-dire sans que les trafiquants ne soient au courant des enquêtes de la police. Ainsi, il y a quelques jours, à Acapulco, c’est carrément toute la police qui a été désarmée ; elle fait ces temps-ci l’objet d’une enquête approfondie à la suite de soupçons d’infiltration de cartels de la drogue au sein de la police. Entre-temps, c’est la police militaire qui assure la sécurité jusqu’à nouvel ordre.

À Acapulco, comme à Maurice, en raison d’un manque de formation et d’un salaire dérisoire, les policiers deviennent des proies faciles pour les gros bonnets de la drogue. Ces derniers non seulement leur offrent de l’argent pour qu’ils soient à leurs ordres, mais vont même jusqu’à les menacer de mort s’ils n’obéissent pas... D’où le puissant détergent utilisé pour tout effacer !

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