Refonte du système électoral: quelle réforme ?

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Une chose est certaine, il est grand temps d’enclencher la réforme électorale. Nous sommes encore à un stade embryonnaire où seuls les résultats sont importants. On parle de 60 circonscriptions, des éternels best losers, de nouvelles découpes, etc. Mais, le moment n’est-il pas venu de passer à autre chose ?

Si c’est le peuple qui doit choisir les 60 élus, ainsi soit-il, mais pour le rattrapage, des éventualités beaucoup plus décentes sont nécessaires. L’appartenance politique et ethniqueainsi que la couleur de l’épiderme ne doivent plus être des critères de sélection. Au fait, cela n’aurait jamais dû être le cas.

Disons que, pour la vingtaine de candidats au rattrapage qui ne sont pas élus, les sujets doivent avoir un certain quotient intellectuel et un bon niveau d’études et de connaissance. Un peu dans le genre de «Qui veut gagner des millions ?» ou «Questions pour un champion», afin de nous préserver de certains couacs et des imbécillités de haute facture auxquels nous devenons insensibles. Il nous faut des gens avec un bagage adéquat, qui siègent au Parlement, afin de garantir des résultats pour le pays.

Pour cela, il est nécessaire de ne plus se focaliser que sur le quotient intellectuel et émotionnel. L’intelligence cognitive va définir la qualité des résultats, car cela implique la compréhension des problèmes et la maîtrise des ressources humaines et financières, afin de résoudre des problèmes dans le long terme.

Une capacité d’analyse systématique de l’environnement où nous évoluons n’est pas à la portée de tous, dans le même sens que gérer un pays comme le nôtre n’est pas une partie de plaisir. Ce démarquage permettra un éloignement de ce mal qui ronge tous les politiciens, à tous les niveaux, dès qu’ils sont au pouvoir : le déni !

Cette réforme doit aussi permettre le renouvellement de la classe politique, sujet sans date de péremption. Il est impératif que l’Assemblée nationale garantisse des sièges aux jeunes loups. Si l’âge de la retraite est de 65 ans pour les employés, elle doit s’appliquer de la même façon pour les locataires de notre auguste Assemblée. D’autre part, le nombre de mandats pour les députés et les ministres doit obligatoirement être limité. Deux mandats de cinq ans chacun, et non pas le 24/7 que nous subissons depuis trop longtemps, doivent suffire.

Toutefois, parce que malgré toute notre modernité, nous restons une société fondamentalement traditionnelle, où nous acceptons les diktats des uns et des autres, lorsque nous serons appelés aux urnes, nous voterons les mêmes. Pas nécessairement du point de vue politique, car nous nous sommes familiarisés à cet environnement incestueux, mais certainement de celui de l’épiderme et de ses dérives sectaires.

Depuis le rapport Albie Sachs de 2002, les réformes sont devenues, au fil des années, une utopie…

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Maurice est bel et bien engagé pour réformer son système électoral, tout en introduisant la proportionelle. C’étaient les propos de SAJ en 2015. Trois ans plus tard, le gouvernement a soumis ses propositions. Elles devront être validées au Parlement par une majorité des trois-quarts.  Ce qui est loin d’être gagné car la quasi-totalité des partis d’opposition se sont déjà prononcés contre.

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