Munitions à gogo jusqu’à janvier 2019

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Munitions à gogo pour le MSM dans le sillage des travaux de la Cour internationale de justice à La Haye. Le MSM misera sur sir Anerood/Chagos jusqu’en janvier 2019 quand le Conseil privé de la reine entendra le cas MedPoint impliquant le Premier ministre Pravind Jugnauth. La Haye aidera à garder actif l’arsenal de guerre du MSM qui ne cesse d’encaisser des coups adverses. Le dernier en date, la manne tombée du ciel chez le ministre Anwar Husnoo, comme chez Raj Dayal, à coups de Rs 15 millions. Manière de dire, chassez le naturel, il revient cloné.

Rs 15 millions ou les dépenses occasionnées par le déplacement de lady Sarojini Jugnauth, c’est quoi comparé à la récupération par Maurice d’une partie de son territoire littéralement volée par l’ancienne puissance coloniale ? Certains Mauriciens semblent avoir perdu leur sens d’appréciation car obsédés par de la mesquinerie. On n’a qu’à voir le nombre de réactions déplaisantes enregistrées sur les réseaux sociaux sur la présence de l’épouse du ministre mentor à La Haye. Heureusement que les Mauriciens bien-pensants et animés de patriotisme ont apprécié à sa juste valeur la participation personnelle et fortement engagée du ministre mentor à La Haye. Malgré son âge, sir Anerood n’a rien perdu de sa pugnacité, n’hésitant pas à se draper d’une toge d’avocat pour lancer la première grande attaque sur les positions anglo-américaines. La présence de lady Jugnauth a, sans l’ombre d’un doute, aidé à maintenir en forme l’homme parti livrer bataille au nom de la nation mauricienne. Lady Jugnauth n’est certainement pas partie faire du tourisme ou explorer les magasins de La Haye.

Si Maurice gagne à La Haye, ce sera le couronnement de la carrière de sir Anerood, le seul survivant de l’équipe qui avait discuté de l’avenir du pays avec les Britanniques avant l’accession du pays à l’Indépendance. Après la controverse sur les billets de banque à l’effigie de sir Anerood et de son épouse et l’échec de la démarche SAJ Dam (finalement devenu Midlands Dam) et du projet Heritage City, voilà enfin l’opportunité qui se présente pour graver en lettres d’or dans les annales de l’histoire le nom de cet homme remarquable. C’est sur le compte de l’ancien gouvernement qu’on met la seule grande victoire juridique remportée par Maurice sur les Britanniques. Navin Ramgoolam fit échec à la décision des Britanniques de décréter les Chagos, zone maritime protégée. C’était un subterfuge des Britanniques pour utiliser la protection de l’environnement comme moyen d’empêcher le retour des Chagossiens.

Quelques observations des internautes méritent quand même d’être débattues. Par exemple, comment se fait-il que des avocats et des officiels de grand calibre ont été délégués à La Haye par presque tous les pays et l’Union africaine alors que Maurice s’est contenté de se fier à des étrangers pas particulièrement brillants, hors la prestation de sir Anerood lui-même ? Pourquoi Maneesh Gobin, l’Attorney General, a-t-il été tenu à l’écart alors que d’autres pays étaient représentés à ce niveau ? Pourquoi le SolicitorGeneral, Dhiren Dabee, présent dansla délégation, n’a-t-il pas été sollicité pour une présentation ?

Autrement, la prestation de Maurice a été remarquable. Les Mauriciens auront sans doute pris bonne note du soutien dont bénéficie leur pays dans la communauté internationale. Et bien sûr, la mère de Maurice, c’est-à-dire le continent africain dans son ensemble, a été d’un apport historique exceptionnel. Ses avocats et aussi ceux d’autres pays amis ont défendu le cas de Maurice mieux que ceux rémunérés par les contribuables mauriciens pour être présents à La Haye. Quand Maurice aura récupéré les Chagos, c’est l’Afrique qui étendra ses eaux territoriales sur une majeure partie de l’océan Indien.

L’engagement des Chagossiens menés par l’héroïque Olivier Bancoult et l’émouvant témoignage de Liseby Élysé ont aussi contribué au succès politique de la république de Maurice. Les Britanniques, passés maîtres dans la politique de divide and rule, ont toujours tenté de dresser les Chagossiens contre les natifs de l’île principale et d’ethniciser la question. N’ont-ils pas réussi à démembrer l’Inde malgré l’opposition d’un grand leader comme Gandhi ?

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