Too big to bail

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We expect to rebound from this situation”. Les actionnaires n’en demandent certainement pas moins. Ces propos signés du SBM Group CEo, Andrew Bainbridge, visent à rassurer. Reste à vérifier s’ils auront l’effet escompté.

En attendant, sous le couvert de l’anonymat, des analystes boursiers nous disaient, la semaine dernière, que la confiance des investisseurs a été ébranlée après le prêt douteux de Rs 932 millions. Le sentiment ne devrait pas être nettement différent chez les épargnants, surtout que l’épisode de la BAI est encore frais dans les mémoires. Une réaction somme toute normale.

Certes, dans l’ensemble, les banques sont bien capitalisées, liquides et profitables mais les prêts non performants demeurent élevés. Pas plus tard qu’en décembre dernier, le Fonds monétaire international faisait part de son constat aux autorités compétentes.

Il est un fait que dix ans après la crise financière, le provisionnement de pertes sur prêts et la qualité des actifs demeurent un sujet de brûlante actualité pour les banques et les régulateurs. Les normes comptables sont ainsi revues. D’un modèle basé sur les pertes encourues, l’on passera avec l’IFRS 9 à l’adoption de la formule des pertes attendues. Cette réforme va-t-elle réduire la marge de manœuvre des établissements bancaires s’agissant de la dissimulation d’actifs problématiques dans leurs bilans ? Probablement !

N’empêche, une norme comptable n’est nullement une panacée face à des problèmes qui relèvent d’un autre registre. Concédons que la réforme va régler le problème du mécanisme de provision du trop peu et trop tard mais il ne changera en rien les autres défis. Le système sera toujours tributaire de l’avis d’expert, donc du facteur humain, de données de base et autres structures de contrôle, entre autres. Ce qui fait qu’en fin de compte, le conseil d’administration ne pourra se décharger de sa responsabilité de la maîtrise des risques.

Dans le cas de la SBM, Raj Dussoye a pris la porte de sortie mais ce n’est pas pour autant que l’affaire a été réglée. Spéculer sur les interférences dans le fonctionnement de la banque ne mènera à rien. La SBM n’est pas un quelconque corps parapublic. Elle tombe dans la catégorie des banques d’importance systémique (domestic systemically important banks). Donc, too big to bail ! Déjà avec l’effondrement de la BAI, nous avons été témoin de l’impact sur l’économie et du drame humain provoqué. Difficile d’imaginer le cataclysme si jamais une de nos fameuses DSIB venait à flancher.

Au vu de l’importance systémique de la SBM, il est impératif de remonter aux origines du problème et de crever l’abcès. L’enquête initiée devrait sans doute situer les responsabilités. Toutefois, ce qui devrait nous intéresser, c’est la suite qui sera donnée au rapport. Car il s’agit avant tout de rassurer le marché mais aussi le citoyen lambda sur l’application des règles du fit and proper. D’autant plus que lui, il ne peut échapper à l’exercice de KYC (Know Your Customer), qu’il considère, à tort ou à raison, de rigoureux dans son cas, même pour l’ouverture d’un compte d’épargne pour sa progéniture.

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