BoM et State Bank: relations incestueuses

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Le régulateur versus l’opérateur. Si cela paraît simple sur papier, dans la réalité mauricienne, les relations entre les deux sont bien plus compliquées que ça en a l’air.

Mis au pied du mur par l’affaire State Bank of Mauritius (SBM), qui ne cesse de défrayer la chronique, malgré le laborieux départ de la soupape de service (Raj Dussoye), l’état-major de la Banque centrale (BoM) a voulu, lundi, prendre ses distances de la SBM, en tentant de clarifier son rôle comme regulatory and supervisory authority.

Mais quand le régulateur n’est lui-même pas indépendant, ou est lui-même peuplé de nominés politiques, comment pointer du doigt la SBM tout en essayant de rester crédible ? C’est comme si l’hôpital de Googoolye se moque de la charité des Ballah et autres Kee Cheong – d’autant que les comptes du régulateur lui-même ne sont pas exempts de tout reproche ; après une longue période d’embellie, la BoM serait bien partie pour afficher des pertes dans son prochain rapport financier...

De manière précise, on peut reprocher deux choses à la Banque centrale. D’abord, outre le manque d’indépendance et de compétences, il y a aussi l’absence d’un modern risk based supervision framework qui pourrait grandement aider l’équipe de surveillance par rapport aux dossiers chauds des banques commerciales. Ensuite, la Banque centrale a déjà accès à tout plein de données, mais demeure incapable de donner du sens à ces données. Un expert de la finance internationale, soit un compatriote qui travaille aux States, me faisait remarquer que «in Mauritius, especially when it comes to corporate credit lending from a local bank, because of our size, we tend to have concentrated loan portfolios so if one or two go bad, you get big losses».

En ce sens, le rôle d’une Banque centrale indépendante est primordial : évaluer en permanence les banques, surtout les grosses banques, par rapport à l’équation capital adequacy versus risk taking. «To understand if a bank has adequate capital for the risk it takes cannot and is not a 2-year affair but an ongoing affair (…) So BoM only audits banks every two years and then, when something goes wrong, works with auditors who also messed up ex post ? That’s regulating a large bank ?» Le rôle d’un auditeur n’est pas le même que celui d’un risk analyst. «This notion that one gives the same weight to large and small loans when doing a random sampling of a loan portfolio is comical at best. You are supposed to risk score and weigh things.»

* * *

Revenons à Raj Dussoye – puisqu’il n’a pas atterri à la tête de la SBM Tower par enchantement. On l’y a casé – malgré son naufrage à Bank One...

Qu’avait dit la Banque centrale par rapport à sa nomination en 2016 ? Estce que le PMO a soutenu Raj Dussoye ainsi que Sherry Singh du haut de la Telecom Tower ? Qui sont ceux au sein du board de la SBM qui ont tenté de sauver Dussoye ? Acceptera-t-il d’être l’unique bouc émissaire... ?

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