Politique: ces électorats qui font la majorité silencieuse

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La victoire de l’Alliance Lepep aux élections générales de 2014 fut une grosse surprise pour nombre de personnes, indique l’auteur. Il ajoute qu’aujourd’hui, il n’y a plus ces sondages massifs qui résumaient bien une majorité à l’Alliance PTR-MMM d’alors.

Je lis avec intérêt Politico dans l’express et d’autres analyses politiques fort intéressantes dans ce même journal. Avec 50 ans d’observation, de près, de l’histoire politique mauricienne, je me crois autorisé à m’aventurer dans la courte analyse qui suit.

Durant les trois mois qui restaient jusqu’aux élections générales de décembre 2014, deux quotidiens avaient chacun, ongoing en ligne, un sondage ouvert qui attirait des dizaines de milliers de personnes.

Je suivais de près ces sondages qui tous deux donnaient à 60-70 % la victoire à l’Alliance Lepep. Il était clair que la majorité silencieuse était sortie du silence qu’on lui attribue généralement.

Il m’apparaissait, à tort peut-être, que ces journaux ne suivaient pas leurs propres sondages, ou n’y croyaient pas en raison de l’énorme pourcentage annonciateur d’un 60-0 dans le sens inverse à celui prédit par Ramgoolam et Bérenger. Ce qui fit que la victoire de l’Alliance Lepep fut une grosse surprise dans les médias comme dans la classe politique elle-même.

Mais pas pour moi. Je m’étais référé à ces sondages dans de longues interviews pour prédire une telle victoire massive de l’opposition d’alors. Aujourd’hui, les médias n’ont plus de tels sondages permanents alimentés par des dizaines de milliers de lecteurs pour saisir au mieux les grandes tendances au sein de l’électorat national.

On n’est sûr, avant tout, que des opinions affichées sur les réseaux sociaux, surtout Facebook, et des opinions affichées au bas des articles des médias online, dans les deux cas majoritairement, massivement même, hostiles au gouvernement. Bien que reflétant une grande impopularité du gouvernement, rappelant un peu les mois menant à décembre 2014, ces opinions indiquent aussi les incertitudes et le désarroi populaires face à des oppositions inutilement divisées et s’entre-déchirant à belles dents.

Aujourd’hui, au-delà de ces impressions, il n’y a plus ces sondages massifs qui résumaient bien une majorité, avant cela silencieuse, mais massivement hostile à l’Alliance PTR-MMM d’alors. Aujourd’hui, d’aucuns peuvent se laisser gagner par une impression ou une autre que tel ou tel camp politique se désagrège totalement. Mais l’erreur dans de tels calculs, soit politiciens, soit médiatiques, ou encore individuels, ne fait pas une réelle analyse du comportement des électorats concernés et qui ne s’effritent pas, à mon avis, à la vitesse d’un train grande vitesse comme en rêve tel analyste sinon tel politicien, un peu pressé peut-être dans ses conclusions.

En fait, les électorats ont des raisons que, comme l’amour, la Raison ne connaît pas… ni ne commande-t-elle nécessairement ! Car ces raisons tendent à céder à la partisannerie et à des sensibilités exacerbées, des décennies durant, par le charisme d’une poignée de leaders politiques de forte personnalité. Certains patronymes sont particulièrement très fortement associés historiquement, au fil des décennies, à ce comportement des divers électorats concernés. Dans cette optique, je crois qu’il y aura bien des surprises encore au lendemain des prochaines élections.

Qui peut prédire que Ramgoolam ne peut pas gagner 25-30 sièges, ou Bérenger revenir au pouvoir avec 15 sièges urbains et une alliance pré ou post-électorale de son choix ? Je le dis toujours : on verra bien ce qu’on verra…

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