Défi collectif

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La transition n’est pas évidente. D’un modèle basé sur les préférences commerciales à une économie ouverte soumise aux conditions réelles du marché global, il n’y a pas de raccourci. Pourtant, Maurice n’a pas trop le choix. Contraint de s’ajuster, les moteurs de croissance traditionnels tentent tant bien que mal de tenir le cap.
  
Toutefois, pour ancrer la croissance, le pays a besoin de beaucoup plus qu’un coup de rein du public. Le soutien de la puissance publique est nécessaire pour replacer l’économie sur les rails de la reprise mais l’État ne pourra et ne doit en aucune façon se substituer au rôle du privé.
  
Actuellement en plein essor, l’industrie de la construction s’abreuve des investissements massifs du gouvernement. Cette charge n’est cependant nullement soutenable dans le moyen terme dans la mesure où elle impose d’énormes pressions sur les finances publiques.
  
Il revient donc au secteur privé de prendre le relais et de dicter le pas du développement. Pour exercer efficacement cette responsabilité, il est nécessaire que tous les acteurs puissent s’imprégner des nouveaux équilibres économiques mondiaux. Cela, afin de mettre en œuvre une stratégie d’adaptation qui se révèle cruciale, non pas pour réaliser l’objectif de croissance annuelle de 3 % dans le secteur manufacturier mais pour assurer la survie de nombre d’entreprises tournées vers l’exportation.
  
Ce repositionnement stratégique face au paysage évolutif du commerce mondial repose sur une meilleure convergence. En l’absence de quoi, il sera difficile d’actionner les leviers décisifs à la dynamisation de la production et à la stimulation de la productivité.
  
Le défi collectif dans les années à venir – on aurait certainement dû s’y prendre plus tôt, mais la politique a toujours pris le pas sur l’économie durant la dernière décennie – est la création d’un environnement incitant les grandes, moyennes ainsi que les petites entreprises à embrasser la voie du développement durable. Ce modèle fait appel à une plus grande ouverture du pays, à des politiques ambitieuses de même qu’à une structure régulatrice plus transparente.
  
Réussir la transition dans une architecture économique mondiale redessinée implique également le déploiement d’efforts nécessaires à renverser certaines tendances. L’une d’elles porte sur la productivité dans le secteur de l’exportation. Les chiffres officiels montrent que depuis 2007, il y a eu une hausse continue de trois indicateurs : la productivité du travail, la productivité du capital et la productivité multifactorielle. Or, depuis 2012, la courbe s’est inversée.
  
Cette situation interpelle car elle traduit un problème de fond. Il démontre, par exemple dans le cas de la productivité du capital, que les entrepreneurs n’ont pas engagé des investissements dans les équipements et les machines. Conscient du retour dans l’immobilier, même l’investisseur étranger a pris pour habitude, ces dernières années, d’esquiver la manufacture. C’est donc tout un challenge qui attend le nouveau patron de l’Economic Development Board.
  
Au fil des années, Maurice a su démontrer une capacité à rebondir. L’embellie sur le plan global nous offre aujourd’hui une réelle opportunité de nous débarrasser durablement du syndrome de préférence. Pour y parvenir, le pays n’a pas besoin de promesses mais d’actes !

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