Le prix de la nostalgie

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La vie était bien meilleure auparavant. Qui, au moins une fois de sa vie, ne s’est jamais plaint en évoquant ses conditions passées ou n’a pas entendu cette phrase de la bouche d’autrui ?
  
Bien évidemment, nous avons tous, à un moment ou un autre, souhaité revivre ce que notre imaginaire nous rappelle comme étant le bon vieux temps. Ce vœu très souvent exprimé de manière collective n’est pas tombé dans l’oreille des sourds. En mal d’arguments pour se distinguer dans un monde où pratiquement tout se ressemble – la globalisation n’y est pas étrangère –, certains politiciens ont trouvé en cet état nostalgique un bon filon à exploiter.
  
C’est ainsi que Donald Trump a été porté à la Maison-Blanche, aux États-Unis, avec son Make America Great Again. Ce slogan de campagne qui a fait mouche auprès des électeurs américains et qu’il déploie depuis sa prise de fonction n’est pas sans conséquence. Même ceux qui sont supposés en tirer avantage, les opérateurs économiques, commencent à douter face au renchérissement du coût de production.
  
Les avertissements contre l’autoflagellation au moyen de mesures protectionnistes n’ayant servi à rien, les yeux sont désormais rivés sur la croissance globale. Maintenue à 3,9 % pour 2018, les dernières tendances montrent que l’élan mondial risque de pâtir de la guerre commerciale à laquelle se livrent plusieurs nations à travers des droits de douane.
  
Selon le Fonds monétaire international, cette escalade risque de faire dérailler «la reprise et peser sur les perspectives de croissance à moyen terme, en influant directement sur l’affectation des ressources et la productivité, ainsi qu’en faisant monter l’incertitude et en pesant sur l’investissement».
  
Le raffermissement de la croissance aux États-Unis sera de courte durée. De 2,9 % cette année, l’expansion du Pib américain ralentira à l’expansion à 2,7 % l’an prochain. À l’inverse, la zone euro connaît déjà une baisse de régime. Ce ralentissement verra sa croissance passer de 2,4 % en 2017 à 2 % cette année et à 1,9 % en 2019. En l’espace de trois mois seulement, le FMI a ramené ses prévisions pour cette partie du monde de 0,2 point de pourcentage pour 2018. Ce qui permet de jauger le degré de volatilité.
  
Deux ans après le vote en faveur du Brexit, le Royaume-Uni n’est pas, non plus, au mieux de sa forme. La situation est telle aujourd’hui qu’elle donne raison au chef des Libéraux-démocrates, Vince Cable.
  
Il avait dit en référence au vote – 75 % des moins de 25 ans avaient voté pour le maintien tandis que 70 % des 65 ans et plus pour le Brexit – que too many were driven by a nostalgia for a world where passports were blue, faces were white, and the map was coloured imperial pink.
  
Or, un article de The Economist intitulé ‘The economy has slowed to a standstill, largely because of Brexit’ montre une toute autre réalité. L’hebdomadaire britannique souligne qu’au premier trimestre, la croissance économique n’a été que de 0,1 %, soit le niveau le plus faible enregistré depuis 2012. Plusieurs facteurs inquiètent les analystes, dont la stagnation de l’investissement privé. Au vu de la tendance, des économistes n’hésitent pas à se demander si le Royaume-Uni ne se dirige pas vers une récession pure et simple.
  
Cette fièvre nostalgique, Maurice n’y a pas échappé. Avez-vous déjà oublié comment le tandem Anerood Jugnauth - Vishnu Lutchmeenaraidoo avait réussi à faire monter la température en décembre 2014 avec sa promesse de miracle économique ?

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