La lutte à trois remise en question ?

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Recul ou progrès ? La démocratie patronymique qui tentait de se normaliser au sein du comité central du MMM s’est heurtée aux récifs acérés de la bataille des places pour le bureau politique. À tel point que le leader maximo a eu à ravaler sa liste de dirigeants au BP.

Comme on l’écrivait dans notre précédente analyse sur le MMM «patronymique», ce parti qui avait su, jusqu’ici, éviter le piège dynastique (du moins en apparence au sommet de la pyramide), avait connu une certaine dérive de ses valeurs avec la présence, outre du leader, de la fille Bérenger, du gendre Bérenger et de la belle-sœur Bérenger au sein du CC. Une première dans les annales mauves.

Après les dernières élections pour accéder au BP, qualifiées de «surprenantes» par un Paul Bérenger d’humeur (encore plus) massacrante, deux proches ne sont plus de la course : Dany Perrier, qui a été désavouée par la base, et Joanna Bérenger, qui a remis à plus tard son intérêt pour le BP – ayant encore à comprendre les mécaniques évolutives (et de plus en plus contestataires) du CC. Cela ne peut que lui faire du bien…

Le plus gros coup dur essuyé par Bérenger demeure la disqualification de Madan Dulloo – à qui il promettait la lune, surtout depuis le départ mouvementé de Pradeep Jeeha. Sauf qu’en ménageant/montant Dulloo contre Jeeha, Bérenger a, dans sa foulée aveugle, sous-estimé la frustration grandissante de son secrétaire général, le fidèle Ajay Gunness, qui voyait – sans nous le dire – en Dulloo un adversaire facile après l’exit de Jeeha. La preuve de la riposte de Gunness : alors que Danielle Selvon, fraîchement annoncée au no6, passe le cap du BP, Madan Dulloo, le responsable de cette régionale du Nord, mord la poussière. Clairement, il y a eu un retour de manivelle activée par Ajay Gunness, avec un coup de main de l’équipe de Rajesh Bhagwan, pour remettre en cause le plan initial de Bérenger.

En lisant ces mots, le leader du MMM va contester (énergiquement sûrement) le terme «crise» qui, selon nous, est applicable à ce qui se passe au sein du MMM, surtout depuis le départ de la bande à Obeegadoo (dont Pradeep Jeeha, Françoise Labelle et Vinay Sobrun), qui annonçait cette crise interne.

Loin de nous l’idée ou l’envie de grossir les actualités internes du MMM, mais qu’on l’aime ou pas, ce qui se passe au sein de ce parti est important dans un contexte préélectoral. Dans le jeu des alliances, les unes plus artificielles que les autres, qui rythme nos élections, surtout depuis 1976, les cartes sont désormais brouillées avec le sort «surprenant» de Madan Dulloo.

Celui qui était pressenti pour être la «caution hindoue», ou le «dauphin ethnique», du leader mauve pourrait certes être coopté au sein du BP. Mais comment présenter cela à ceux qui ont choisi de barrer sa route vers le sommet mauve ? Bérenger est trop conscient que les braises sont ardentes sur l’asphalte des protestations mauves pour se sacrifier. Ce week-end, il a dû rebattre toutes les cartes. Afin de démontrer encore une fois que le MMM est «plus fort que jamais».

Et que le MMM pourrait se lancer dans une éventuelle lutte à trois contre les Jugnauth et Ramgoolam. Si Bérenger n’arrive pas à reprendre le contrôle sur ses propres troupes, il n’aura, alors, pas d’autre choix que de faire alliance, encore une fois, avec le petit frère ou avec celui qu’il a été chercher, un jour, à Londres…

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