Démocratie patronymique

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Quand il ne sifflote pas, Paul Bérenger aime chanter ses propres louanges. Si jadis (entre 2000-2005) son refrain préféré était, ni plus ni moins, «Maurice est le pays le mieux géré au monde», il a depuis changé son disque pour entonner : «Le MMM est le parti le plus démocratique (...) c’est le seul parti où l’on prend des décisions importantes par bulletin secret.»

Vraiment ? Come on, camarade Paul...Voyons les faits.

Face à ce qui est, à nos yeux critiques, un discours mauve qui devient de plus en plus démagogique et risible, nous estimons qu’il est de notre devoir de faire entendre notre voix. Car, jusqu’au dernier renouvellement du comité central du MMM, ce parti était le seul où le patronyme n’avait pas l’importance qu’il a, disons, au sein des MSM, PTr, PMSD et autres CAM.

Les choses ont changé de manière fondamentale depuis dimanche. Sur les 30 élus du CC, pas moins de quatre cultivent des liens de parenté : le leader maximo Paul Bérenger élu en tête de liste (et ce, après près de quatre décennies à la tête du parti), sa fille Joanna Bérenger qui signe son entrée sur la scène et se permettant de surclasser le gendre de Papa et son propre beaufrère, Frédéric Curé (dont le rayonnement tant annoncé se fait toujours attendre) et, finalement, la revenante Dany Perrier, la belle-soeur – celle-là même qui a piloté la motion pour l’exclusion de Pradeep Jeeha.

Pourquoi Paul Bérenger se doit-il d’être entouré de ses proches alors qu’il a toujours tenu un discours contre les dynasties politiques ? Surtout qu’il a réussi le tour de force de faire évacuer, du moins dans les instances mauves, Steve Obeegadoo, soutenu jusqu’au bout par la régionale du n°17 ?

Une analyse, autre que patronymique, des résultats démontre qu’il y avait aussi un match dans le match, celui du secrétaire général Ajay Gunness face à un Madun Dulloo (qui gagne en puissance depuis le départ de Jeeha). Dulloo (classé en 43e position lors de la dernière élection) a battu, avec l’aide de Rajesh Bhagwan et de son équipe de tapeurs vocaux, Gunness – qui obtient le même score que la nouvelle recrue, Danielle Selvon. Notons, dans la foulée, que Sheila Bunwaree n’a pas pris part aux élections.

L’élection du CC prouve, outre la dérive familiale et la guerre des clans, qu’il n’y a pas vraiment de renouvellement au sein des mauves. Sur les 30 élus, seuls trois ne venaient pas au CC : Joanna Bérenger, Fawzi Allymun et Khaled Abdool. En démocratie, Bérenger peut dire ce qu’il veut, mais tout esprit indépendant a le choix – et le devoir – de ne pas le suivre politiquement, et, surtout, de lui dire les choses autrement que par ses flagorneurs de service. D’ailleurs, nous retenons toujours ce qu’Emmanuel Bérenger disait : «Précisément parce que je suis le fils de Paul Bérenger, je me vois mal faire mon entrée au sein du MMM.» Manifestement la soeur, qui n’a pas sa langue dans sa poche (demandez à Tania Diolle) a une conception différente du frère en termes d’héritage...

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