Focus 2020

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Pravind Jugnauth lorgne les législatives 2020. Il y a consensus (au sein des libres-penseurs) que son dernier Budget s’apparente davantage à une stratégie politicienne, voire électoraliste, qu’à une sérieuse réflexion sur l’état de notre économie et les challenges de demain (système de pensions, démographie et ciblage de la sécurité sociale, une fonction publique pléthorique où l’on case des proches sans se soucier de la productivité, et j’en passe…)

Ouvrons les yeux : il n’y a aucune tentative de solutionner la problématique de la dette publique. Aucune politique pour réduire le déficit du compte courant. À vrai dire, il n’y a pas de référence, encore moins de stratégie face aux challenges macroéconomiques qui nous guettent. C’est 2020 qui compte, le reste, on verra…

Certes on ne peut pas en vouloir aux politiciens de vouloir conserver le pouvoir, mais notre triste vérité c’est que notre pays et son lot de politiciens demeurent en campagne permanente, avec une vision étriquée, étalée sur cinq ans seulement.

Alors on fait tout pour masquer les vrais chiffres de la dette publique. On ne pipe pas mot sur le déclin des exportations. Avec une telle approche, on ne comprend pas comment Maurice pourrait se muer en un pays à haut revenu. Où sont les mesures pour booster nos revenus alors que des prébendes sont distribuées allègrement et que les coûts et dépenses ne cessent d’augmenter ?

Et on ose nous dire que le déficit budgétaire est contenu alors que les emprunts sont en hausse - comme si le financement de la dette tombera du ciel.

***

Seul. Le leader du MSM a un défi de taille à relever : c’est la première fois de sa vie qu’il fera face à l’électorat en tant que Premier ministre sortant, à la tête d’un équipage malmené par des scandales (Eurolan, Yerrigadoogate, propos sectaires de Soodhun, et récemment l’affaire Platinum Card).

Et pour la première fois depuis 1976, il se pourrait bien qu’on ait finalement droit à une lutte triangulaire entre un MSM qui connaît déjà, malgré ses cadeaux électoraux, l’usure du pouvoir, un Parti travailliste, ragaillardi par les scandales gouvernementaux (qui font oublier les siens ?), qui a soif de revenir aux affaires et un MMM en perte de vitesse, qui veut reconquérir son électorat effrité au fil des alliances et des départs. Les Mauves, qui ont chassé le trop ambitieux Pradeep Jeeha pour un Madun Dulloo bien plus mou, veulent profiter du duel entre le MSM et le PTr. Sans le soutien du PMSD dans les villes, le MSM pourra-t-il compter sur le ML uniquement ? Ou devra-t-il courtiser un Paul Bérenger qui, en raison de son âge et son leadership de plus en plus contesté, pourrait prendre sa retraite au Réduit – avec quelques pouvoirs en plus ? Le Parti travailliste va-t-il absorber Alan Ganoo et Tania Diolle du MP, ou va-t-il chercher à nouveau les coqs du PMSD, dégonflés par la partielle au n° 18 et les explications bidon de Salim Abbas Mamode ?

Si on suppose que le bloc des abstentionnistes, indécis ou flottants, s’élève à 40 %, cela signifie que les trois partis nationaux vont se disputer un corps électoral d’environ 60 %. Aux dernières législatives, Lepep (avec les trois sous du PMSD et les deux sous du ML) avait engrangé 37 % des votes (pas des électeurs). Mais ça, c’était hier, quand il fallait sanctionner Ramgoolam (et Bérenger). Aujourd’hui, dans la rue, le refrain est tout autre : le «viré mam» est devenu «dé-virer mam», malgré les remises sur l’essence. Il y a clairement de l’eau dans le gaz de Lepep !

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