De crise en crise

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Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, Donald Trump est en train de mettre le monde, du moins celui que nous avons connu jusqu’ici, sens dessus dessous.
  
Bridé par sa conception de l’Amérique d’abord, le président américain redessine depuis peu la carte du commerce mondial. Un exercice qu’il semble particulièrement apprécier car en dépit des condamnations et des cris d’orfraie, POTUS continue de porter le pinceau ou plutôt la plume dans la plaie.
  
Ses alliés n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir aux Trumponomics. Immédiatement après l’annonce par le secrétaire d’État au commerce, Wilbur Ross, de l’introduction de nouveaux tarifs sur l’importation de métaux de l’Union européenne, du Mexique et du Canada, invoquant la sécurité nationale, Justin Trudeau est monté au créneau. Le Canadien parle d’affront tout en disant espérer que tôt ou tard le bon sens va prévaloir. Toutefois, il ne se fait pas d’illusion.
  
La Commission européenne, par la voix de la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, abonde dans le même sens, soulignant que «c’est un mauvais jour pour le commerce mondial». Et de rappeler que l’UE a «tout fait pour éviter d’en arriver là».
  
Au vu de la réponse européenne qui se prépare, soit une réaction rapide, ferme, proportionnée et pleinement compatible avec les règles de l’OMC, l’on se retrouve face à une véritable guerre commerciale. D’autant plus que nombre d’analystes s’attendent désormais à ce que Trump accélère dans la voie de la folie en introduisant des tarifs sur les voitures importées.
  
Avec les différents protagonistes bien décidés à répondre du tac au tac aux mouvements de l’administration américaine sur l’échiquier du commerce, les paris sont désormais ouverts quant à un démantèlement du système de commerce multilatéral axé sur les règlements de l’Organisation mondiale du commerce. En attendant, des nuages s’amoncellent même si le Fonds monétaire international estime que cette année, les échanges mondiaux enregistreront leur plus forte croissance depuis 2011.
  
L’ouverture de la boîte de Pandore par Trump ne suscite pas uniquement l’indignation des dirigeants politiques étrangers. Des voix s’élèvent dans les rangs des Républicains également. Le sénateur Ben Sasse dresse un parallèle entre les tarifs de Trump et le protectionnisme du temps de la Grande Dépression. «C’est stupide !» lance-t-il, mettant en exergue le fait que les États-Unis ont emprunté la voie du protectionnisme dans le passé. Une démarche qui, selon lui, a été en grande partie à l’origine de la Grande Dépression. Il met donc en garde contre Making America Great Again afin qu’il ne se transforme pas en Make America 1929 Again.
  
Face à des statistiques qui le confortent dans son action, notamment la baisse du chômage à son plus bas en 18 ans, à 3,8 % en mai, l’on peine à croire que la mise en garde de Sasse pourrait provoquer un fléchissement de la position du président américain. En revanche, il y a fort à parier que les tensions commerciales vont s’accentuer et s’élargir, augmentant ainsi les risques d’un déraillement de la reprise économique mondiale. Le répit tant recherché n’est donc pas pour demain !

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