Arbitrage

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Placer le citoyen au centre du développement ! Le ton est donné par le Premier ministre et ministre des Finances à 14 jours de la présentation du Budget.

Dans nos colonnes cette semaine, Pravind Jugnauth insiste sur la dimension humaine du développement. Avec cette posture, le chef du gouvernement veut s’inscrire dans la continuité du précédent exercice financier. Celle-ci consiste, selon lui, à «réduire les écarts» entre les plus hauts et les plus bas de l’échelle sociale au moyen de mesures comme l’impôt négatif sur les revenus ou encore le salaire minimum national.

Le maintien du cap budgétaire n’a rien d’étonnant dans la mesure où le chef du gouvernement affiche clairement son parti pris pour une «croissance économique plus équilibrée».

Ce discours a le mérite d’être populaire dans le sens qu’il résonne comme de la musique douce, surtout à l’oreille du citoyen qui lutte au quotidien pour améliorer son sort. Mais, en même temps, il impose une très lourde responsabilité sur les épaules de celui qui le prononce. Ici, il s’agit ni plus ni moins que du Premier ministre.

En s’engageant dans cette voie, le politicien Pravind Jugnauth attise les attentes de la population. Toutefois, il est souvent plus facile de souhaiter une répartition plus équitable de la richesse que de la réaliser. D’autres en ont fait l’expérience. Le chef du gouvernement a certes le mérite d’avoir introduit un salaire minimum national et un impôt négatif sur les revenus mais une véritable réduction des inégalités passe par une approche pluridimensionnelle.

De plus, un tel positionnement implique des arbitrages à chaque tournant. Ce n’est certainement pas au ministre des Finances que nous allons l’apprendre. Déjà, avec la situation dans l’industrie sucrière, des décisions courageuses sont attendues pour assurer sa survie. Face à de tels enjeux, la raison finit toujours par primer sur l’émotion. C’est aussi valable dans le cadre de la programmation budgétaire.

Dans une missive adressée aux chefs de département de la fonction publique, en mars dernier, le secrétaire financier se félicite des «positive impact and outcomes of the past two budgets, which focused on a New Era of Development and Rising to the Challenge of our Ambitions, on our economy and society».

Toutefois, même si Dev Manraj relève des signes de reprise économique et des avancées concrètes dans la lutte contre la pauvreté absolue et l’amélioration de la qualité de vie des Mauriciens, il rappelle que pour progresser davantage dans cette direction, il est impératif de maintenir une solide intendance financière.

Cette directive est on ne peut plus claire. Qui plus est, il braque désormais tous les regards sur les principaux paramètres économiques afin de déterminer si effectivement le Budget 2018-19 est élaboré en fonction de l’objectif établi en matière de finance publique, c’est-à-dire emprunter uniquement pour financer les dépenses d’investissement. Ce n’est certainement pas une mince affaire, surtout lorsqu’on est, d’une part, pris en tenaille entre son statut de politicien appelé à se présenter à nouveau devant l’électorat et, d’autre part, contraint de respecter l’engagement de ramener la dette publique à 60% du PIB d’ici à l’année fiscale 2020-21.

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