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Privatisation de la CWA, formule d’affermage, augmentation des tarifs de l’eau, le personnage d’Ivan Collendavelloo, les relations entre le ML et le MSM et les possibilités d’une éventuelle alliance entre le MSM et le MMM : quel est l’enjeu réellement ? Au fait, les dirigeants du MSM ont envoyé des signaux bien forts ces derniers jours, indiquant qu’ils ne sont pas prêts à lâcher Ivan Collendavelloo et son Muvman Liberater pour accueillir un nouvel allié en la personne de Paul Bérenger. Alors que des apparatchiks du MSM faisaient comprendre aux journalistes qu’il n’y aurait pas de changement de politique à la CWA, le ministre mentor, qui reste un interlocuteur de poids coté MSM, faisait une déclaration qui ne laissait aucun doute qu’il approuvait la démarche d’Ivan Collendavelloo de rendre la CWA financièrement viable. Selon sir Anerood, le tarif de l’eau est déraisonnablement bas à Maurice.

Autre déclaration qui a dû réconforter Ivan Collendavelloo et sa bande d’Anil Gayan et de Vijaya Sumputh : le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, repoussait catégoriquement toute possibilité d’alliance avec le MMM. Pourtant, dans les jours précédant cette prise de position, le leader du MMM avait pris soin de ménager Pravind Jugnauth, allant même jusqu’à faire ses éloges concernant l’aspect Chagos lors du déplacement du Premier ministre, à Londres, pour sa participation au sommet du Commonwealth. En refusant de faire cause commune avec d’autres partis de l’opposition, le MMM démontrait qu’il était déjà engagé dans une démarche pro-MSM. Car à moins de braver l’électorat seul, ce qui semble un exercice bien périlleux après les 14 % de votes lors de la partielle au no18, le MMM n’a d’autre alternative que de conclure une «bonne» alliance avec le MSM.

On a eu des raisons de croire que le MSM était lui aussi condamné à négocier un mariage de la raison avec le MMM. Mais il semblerait que le Sun Trust est de plus en plus confiant de pouvoir jouer le rôle d’un grand parti locomotive capable de remporter une majorité des sièges dans les circonscriptions rurales et de réussir aussi dans certaines villes ; et cela, en s’appuyant sur un allié. Le PMSD a joué ce rôle d’allié mineur pour aider soit le MSM soit le Parti travailliste à capturer une majorité des sièges. Croit-on au MSM que le ML dispose du potentiel de pouvoir d’ajouter les cinq sous qui manqueraient pour arrondir la roupie du Sun Trust ? Sur la base des derniers résultats, il n’est pas difficile de déduire que le ML et le PMSD ont contribué à la victoire de Lepep qui fit table rase aux nos4, 15, 16 et 17 et enleva deux sièges dans chacune des circonscriptions 1, 18, 19 et 20.

Avant l’élection partielle du no18, le MMM avait l’air d’être le partenaire idéal pour un parti majoritaire dans les régions rurales. Mais suivant les nouvelles donnes, pourquoi ne pas tenter la chance avec la bande à Collendavelloo ? Une analyse coût-bénéfice pourrait inciter le MSM à opter pour Collendavelloo. En effet, ce dernier dispose de certains atouts qui plairaient surtout à sir Anerood qui a acquis davantage d’expérience dans le jeu des alliances que tout autre leader politique. Sur le plan purement personnel, Ivan Collendavelloo jouit de l’estime du leader historique du MSM pour avoir été à la base de l’alliance MSM-MMM qui fut conclue en quatrième vitesse en 2000 alors que Navin Ramgoolam était confiant de remporter une large victoire sur une opposition désunie.

Ce que Navin Ramgoolam et ses conseillers français n’avaient pas prévu, c’était un scénario où des gens allaient voter Jugnauth, croyant qu’il allait botter Paul Bérenger hors du gouvernement après un certain temps. Et que d’autres allaient, eux, soutenir Paul Bérenger, promis avec une certaine certitude au fauteuil de Premier ministre avec le soutien d’un allié comme Jugnauth. Ivan Collendavelloo, Harish Boodhoo et Pradeep Jeeha furent les architectes de cette alliance foudroyante. Sir Anerood tenta après ces élections de 2000 de coopter Ivan Collendavelloo au Conseil des ministres. Mais rusé comme il est, Paul Bérenger ne se laissa pas faire dans cette manoeuvre de divide and rule. Car dans l’histoire du MMM, il n’y a eu que deux hommes qui n’éprouvaient aucun complexe à tenir tête au leader tout puissant de leur parti et Ivan Collendavelloo fut l’un d’eux.

L’autre atout d’Ivan Collendavelloo, c’est qu’il n’est pas du genre à partir à la rencontre du Premier ministre chaque semaine, armé d’une shopping list préparée à la suite des dernières rencontres des instances de son parti. Or, avec un allié comme le MMM, le Premier ministre pourrait être systématiquement interrogé sur un grand nombre de questions, allant des nominations aux prises de position de la diplomatie mauricienne sur le Nicaragua, la Palestine, le conflit entre l’Arabie saoudite et des rebelles au Yémen et le sort des Rohingyas. Traumatisé par l’expérience qu’il subit aux mains des différentes instances du MMM, après le 60-0 de 1982, sir Anerood aime traiter avec un allié à appétit modeste. Ce n’est pas par pur hasard que dans le même souffle qu’il rejetait toute alliance avec le MMM, Pravind Jugnauth fit allusion à l’épisode connu comme «gâteau d’anniversaire» quand le leader du MMM, en alliance avec le MSM après avoir incité sir Anerood Jugnauth à démissionner comme président, négociait secrètement un deal avec Navin Ramgoolam. Voilà une tranche de gâteau restée au travers de la gorge du MSM et qui aurait un impact sur les tarifs de la CWA.

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