L’amour à sens unique !

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Et alors que courent les bruits d’un éventuel rapprochement MSM-MMM, voilà que le Premier ministre dément et ouvre le jeu des hostilités envers les Mauves : «Il n’y aura pas d’alliance MSM-MMM. Bérenger a trahi SAJ en 2014. Il lui avait demandé de quitter la présidence pour retourner dans l’arène politique, afin de sauver le pays des griffes de Ramgoolam. Finalement, il a conclu une alliance avec le PTr.» Serait-ce pour prendre la revanche du père que Pravind Jugnauth se montre aussi sévère ? Faisant écho aux propos de l’expulsé mauve Jeeha : «Un jour au MMM, il n’y aura que Bérenger.» Et vlan ! Allant plus loin, Pravind Jugnauth annonce même d’autres départs, et pas des moindres : Obeegadoo et Labelle.

La détermination du chef du gouvernement à préciser ses pensées, à la veille de son meeting du 1er-Mai, laisse croire que Jugnauth fils est insensible à la posture du leader mauve à son égard. Pourtant, qu’a-t-on vu ces derniers temps, si ce n’est un adoucissement de la part de Bérenger en direction de celui considéré, jadis, comme son petit frère ? (i) Des tirs qui épargnent Pravind Jugnauth et qui sont dirigés vers des têtes ciblées du MSM, quand ils ne se concentrent pas sur Collendavelloo qui, d’ailleurs, accuse ouvertement Bérenger de vouloir prendre sa place. (2) Le refus de faire cause commune avec les autres partis de l’opposition et des critiques acerbes proférées contre le PMSD, qui ne font que diviser davantage cette partie de la travée du Parlement, pour le grand bonheur de Pravind Jugnauth, capitalisant sur l’éparpillement des forces opposées. (3) Le changement de position sur la question autour d’Agalega, ne jugeant plus utile de réclamer que le document signé soit rendu public. (4) Le savon passé à Bhagwan qui a déclaré que, si le MMM contracte une alliance avec le MSM, il va disparaître de la scène politique. Bref, tous les clins d’œil de Bérenger ne semblent pas toucher un Pravind Jugnauth déjà en campagne électorale, et qui est loin de rendre au leader mauve les sollicitudes reçues.

Les derniers événements survenus dans la citadelle mauve ont-ils incité le leader du MSM à mettre les points sur les «i» ? Est-ce l’effritement du MMM, qui ne fait que démontrer son incapacité à se relever, avec ses querelles intestines, qui a provoqué un changement de stratégie chez le leader orange ? Pravind Jugnauth va-t-il ouvrir ses bras à tous ceux qui claquent la porte mauve, volontairement ou contraints et forcés ? Faut dire qu’à l’inverse d’autres partis, où des batailles tumultueuses se règlent sans qu’il n’y ait des démissions, voire des suspensions, au MMM, les conflits finissent régulièrement en confrontations, sanctions et expulsions, tant le leader se comporte en autocrate, avec une capacité à critiquer violemment ceux avec qui, hier encore, il déjeunait en toute complicité. À l’exemple de Jeeha, passé de fidèle compagnon de table au statut de traître !

Traîtres, hypocrites… des qualificatifs accordés à tous ceux qui ont une opinion contraire du leader, qui ne partagent pas sa même tactique ou qui exercent simplement leur droit en votant contre lui lors du comité central. Est-ce que le MMM, avec tous ces départs post-législatives 2014, de Ganoo à Joomye, en passant par les Kamano, Lesjongard, Sorefan et Barbier pour les députés, suivis aujourd’hui de la démission de Dorine Chukowry et de l’éjection de Jeeha, qui provoqueront, semble-t-il, d’autres secousses, réalise que, bientôt, il ne restera qu’une poignée de béni-oui-oui autour du leader ? À deux années des prochaines élections générales, après une série de défaites successives – dont la dernière performance médiocre des 14 % lors de la partielle à Quatre-Bornes – et une incroyable déconnexion fondée sur un leadership vertical (un contresens en 2018 !) entre le parti et ses partisans, le MMM semble incapable d’un sursaut. Qui serait pourtant salutaire !

Et si pour sa survie, le leader mauve regardait en direction du MSM, le chef du gouvernement vient de lui faire comprendre qu’il n’a pas besoin de lui. Du moins, pour l’heure, parce qu’en politique, tout est possible et ce sont les intérêts qui commanderont les positions futures. Sauf que, pour l’instant, Pravind Jugnauth a choisi de doucher les ardeurs de Bérenger. Pour mieux se montrer psychologiquement plus fort !

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