Shocking ! Shame him !

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Ce ne sont pas les mots de n'importe qui ! Ce n'est pas un écart de langage lâché à chaud. Il s'agit d'un commentaire fait  en conférence de presse du président du Comité olympique mauricien (COM), Philippe Hao Thyn Voon, qui qualifie l'affaire d'allégations d'attouchements sexuels contre une athlète de «sa ti pink pinkou la». Tout en mimant le geste ! Condamnable et inexcusable !

Au-delà de l'affaire Rosun/Teeroovengadum, et en attendant le verdict de la cour australienne, il faut dénoncer l'attitude déplorable de Philippe Hao Thyn Voon, qui est loin de faire honneur à son poste et qui envoie un mauvais signal aux victimes de harcèlement/d'attouchements sexuels, tout en minimisant un acte d'allégation d'agression. Cela démontre l'insoutenable légèreté avec laquelle  le président du COM traite une affaire aussi sérieuse que des accusations d'attouchements sexuels. Du reste, toute la prise de position de ce président, ses indignes aveux en conférence de presse, vendredi, témoignent d'une volonté de favoriser l'omerta : «Je ne voulais pas l'éclatement de cette affaire. (..) Il y allait de l'honneur de Maurice (..) J'ai demandé à Vivian (Gungaram) au nom de notre amitié de ne rien révéler. (..) nou tou pou sorti la perdan».  Voilà des propos qui nous donnent une idée de la qualité de certains dirigeants, élus ou nommés, qui occupent des fonctions stratégiques dans le sport ou ailleurs.

Cette façon de faire traduit également l'absence de valeurs de ces responsables qui considèrent donc des attouchements sexuels comme un acte banal, normal car il ne s'agirait que d'un «ti pink pinkou». Cette mentalité-là mérite d'être montrée du doigt, dénoncée, car tout acte d'attouchement/harcèlement sexuel reste un délit grave. Les agressions sexuelles, qu'elles soient dans le monde sportif, dans la force policière (où des cas furent rapportés par notre confrère l'express récemment) ou dans d'autres milieux, est une affaire de pouvoir, d'abus, de jeux d'influence, de rapports de force, souvent venant des chefs, qui, profitent de leur position et s'adonnent au chantage sexuel.

Une arme utilisée la plupart du temps envers des femmes qui, restent souvent emmurées dans le silence (en refusant même parfois d'en parler à leur entourage), non seulement parce que tout ce qui touche au sexe est délicat, tabou, mais aussi par peur de représailles, de pertes d'emploi, quand il ne s'agit pas tout simplement de discrimination envers les victimes ! C'est pour toutes ces raisons qu'il faut blâmer sévèrement le langage de Hao Thyn Voon qui a été jusqu'à faire de l'humour en racontant avoir demandé, dans l'un des entretiens avec la jeune femme qui lui confiait avoir été victime : «Ki lazou linn touse?» Comme si c'était un joke ! Comme si sa position lui donnait la liberté et le droit d'humilier davantage !

Est-ce ainsi que ce président (qui se range dans la catégorie de vulgaires personnages) va encourager d'éventuelles victimes à venir de l'avant ? Non, parce qu'avec une attitude aussi désinvolte et indulgente, Hao Tyhn Voon laisse croire aux agresseurs sexuels, qu'un «ti pink pinkou» est tolérable, qu'un cas d'allégation sexuelle doit rester sous silence, qu'au nom d'une certaine amitié entre hommes, il est possible d'être solidaire, qu'importe le ressenti difficile d'une (éventuelle) victime. 

À l'heure où des mouvements tels que #Meetoo, #Balancetonporc, qui ont vu le jour dans le sillage du scandale Weinstein, invitent les femmes à révéler des cas d'agressions sexuelles ; à l'heure où, à Maurice, sur l'initiative salutaire de trois femmes journalistes, qui ont créé la page facebook #Shamethem, pour encourager les citoyennes, victimes d'abus sexuels, à briser le silence, le président du COM, fait montre d'un état d'esprit d'un autre temps. D'une mentalité révélatrice de notre société où, en 2018, il existe encore un certain nombre – pas tous, car, heureusement, tous les hommes ne sont pas des méchants prédateurs – qui contribuent à entretenir le rapport de domination masculine. Ceux-là continuent à nier les droits des femmes, le respect qu'elles méritent, et les regardent uniquement comme des objets sexuels pour mieux les agresser, les toucher contre leur gré ! Inadmissible !

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