Cancer du sein: l’ablation imposée aux femmes ?

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Les appareils de radiothérapie de l’hôpital Victoria, à Candos, ne fonctionnent plus.

J’ai lu avec attention votre article sur la machine de radiothérapie qui ne marche pas – depuis quelques mois, selon certains, ou depuis environ quatre ans, comme rapporté par plusieurs autres personnes atteintes de cancer et plusieurs médecins rencontrés ces dernières semaines. Quelles que soient les explications du ministre de la Santé, ce dernier étant médecin, il doit savoir ce que cette panne signifie dans la pratique pour les Mauriciennes atteintes du cancer du sein

En effet, malheureusement, une proche que je considère comme ma sœur, s’est découvert une masse au sein au mois de février. Cela a été le début d’un engrenage pénible. Médecins à la pelle et première opération pour une biopsie, qui a confirmé qu’elle avait un cancer du sein. Heureusement, le cancer est au premier stage et la tumeur petite, même si elle est considérée comme agressive, avec des risques de propagation rapide.

Cela a été suivi par une pluie d’informations et de conseils – des médecins des ONGs, d’autres patients, de Google – pour savoir quel est le meilleur traitement.

Grande fut la surprise de la patiente, des parents et des amis lorsque les médecins à Maurice lui ont dit que le meilleur choix est une ablation totale du sein, même avec une tumeur qui fait à peine un centimètre… Alors que les médecins consultés au téléphone de l’étranger disaient que la tumeur étant petite, il devrait être possible de l’extraire sans enlever tout le sein – soit de faire une lumpectomie plutôt qu’une mastectomie.

Sauf qu’une lumpectomie ne peut se faire que si elle est suivie par un traitement de radiothérapie postopératoire de plusieurs semaines ! Or, à Maurice, il est impossible de faire cette radiothérapie, l’unique machine du pays ne marchant pas convenablement depuis des années !

Il serait intéressant de faire le compte pour savoir combien de Mauriciennes ont perdu leurs seins, ces dernières années, à cause d’ablations qui auraient pu être évitées si elles avaient eu accès à des soins posts opératoires de radiothérapie.

Peut-être qu’elles auraient, malgré tout, choisi l’ablation totale ou peut-être pas ! C’est aux patientes de faire ce choix. Et non pas à l’État de le leur imposer !

Bien sûr, celles qui ont de l’argent peuvent prendre l’avion et se faire soigner à l’étranger. Tant mieux pour ces femmes et pour leurs seins.

Quid des autres ? Le ministère épargne-t-il les femmes et met-il tous les cas de cancer du sein sur cette fameuse liste de patients devant se rendre en Inde ? Improbable…

Est-ce un problème de budget ? N’y a-t-il pas un généreux pays partenaire de Maurice qui voudrait bien nous aider, cette fois pour quelque chose d’utile ? Plutôt que de brader notre âme ou l’intégrité de notre territoire contre des choses dont les Mauriciens ne veulent pas forcément, allons à l’essentiel, surtout dans un contexte où le cancer est devenu la troisième cause de décès à Maurice.

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